Mardi 18 juin18h
Né en 1943 à Paris, Hervé Le Bras est à la fois démographe, historien et mathématicien. Ancien élève de l’École Polytechnique, il est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) depuis 1980, directeur du laboratoire de démographie historique (EHESS/CNRS) (1987-2007), Fellow de Churchill college à Cambridge depuis 2002, directeur de recherches à l’Institut National d’Études Démographiques (INED) depuis 1975, puis émérite depuis 2008, et directeur de séminaire à l’ENA (2009-10). Il est l’auteur de très nombreux ouvrages dont : Marianne et les lapins (Orban, 1992), Le Sol et le Sang (1994, puis l’Aube, 2007), Les Limites de la planète (Flammarion, 1992), Vie et mort de la population mondiale (Le Pommier, 2009) et, avec Emmanuel Todd, Le Mystère français (Le Seuil, 2013). « [...] l’originalité de l’analyse d’Hervé Le Bras est … dans la manière de montrer comment des idées reçues en matière de démographie ont, depuis au moins le XIXe siècle, fait système au point de constituer une théorie générale de la démographie, pour ne pas dire une idéologie. Chiffres et graphes à l’appui, il montre comment celle-ci s’est insinuée jusque dans la conception des outils du démographe. Résultat : la société française a profondément changé, et pas forcément dans le sens d’un déclin, seulement on ne le voit pas, faute de disposer de statistiques appropriées (par exemple, si on sait mesurer les flux d’entrées sur le territoire, on ne dispose pas, aussi curieux que cela puisse être, de données fiables sur les flux de sorties durables, des Français comme des étrangers). Nouvelle provocation d’un démographe habitué au coup d’éclat ? Au contraire, c’est un livre salutaire pour renouveler les termes de plusieurs de nos débats de société [...] » (Sylvain Allemand, Alternatives Économiques) La rencontre, organisée dans le cadre des Géo-Mardis d’ADES, sera animée par Denis Retaillé. |
Jeudi 13 juin18h30
Jean Esponde vit non loin de Bordeaux. Co-fondateur de la revue L’Intranquille, il est l’auteur de Mourir aux fleuves barbares ; Arthur Rimbaud, une non biographie (Confluences, 2004), Couleurs Harar, Hébergements, (un itinéraire vers la Mer Rouge), Agadir et Le barrage des Trois Gorges (Atelier de l’agneau, 1999, 2002, 2004, 2007), Une longue marche, Victor Segalen (Confluences, 2007), Roland Barthes, un été (Urt 1978) (Confluences, 2009), La mort de Roland (Confluences, 2010) et Lucy, -3 000 000 (Confluences, 2012). « Peut-être Héraclite d’Éphèse (520-460 ?), dont nous ne savons presque rien, a-t-il de son vivant écrit un livre Sur la nature. Les auteurs anciens en ont conservé une centaine de brèves citations, énigmatiques, qui sont autant d’oracles prononcés sur le monde, le feu qui le constitue et le changement perpétuel auquel tout est éternellement soumis. Ces « fragments »[...] montrent un effort inédit : en s’appuyant sur les acquis de la science de la nature qu’avaient élaborée ses compatriotes de Milet (Thalès ou Anaximandre, par exemple), Héraclite exige des hommes qu’ils abandonnent les rêves de leur existence ensommeillée pour vivre enfin à la mesure de la réalité qui les entoure. Il ne faut plus vivre comme nos parents, comme si le monde était autre chose que l’harmonie des contraires et des mouvements que révèle une connaissance enfin conforme à la nature. Un siècle plus tard, l’Athénien Platon donnera le nom de « philosophes » à ceux qui aspirent ainsi à ordonner la réforme des modes de vie à la connaissance savante de la réalité. Héraclite fut sans doute le premier d’entre eux. » (Jean-François Pradeau) Rencontre organisée dans le cadre de la manifestation L’Aquitaine se livre. |
Mercredi 12 juin18h30
Composé de textes collectifs issus d’interviews « impressions de Garonne », l’ouvrage est illustré de cinquante photographies en bichromie. Loïc Le Loët est né en 1961 à Saint Laurent de Médoc en Gironde. Formé aux techniques photographiques à l’ETPA de Toulouse en 1987, il devient développeur et tireur N/B chez Pictorial Service pendant 3 ans. Il se spécialise dans le portrait et le reportage à caractère social. Depuis 1991 il est distribué par l’agence Vu. Il travaille en lien direct avec les institutions, l’agence de communication Parker Wayne Philips et les journaux Sud-Ouest, Libération, The Independent, The Guardian, The Observer… Il expose ses différents travaux régulièrement autant en France qu’à l’étranger et participe aussi à des expositions collectives de l’Agence Vu. « Suite à un déménagement je redécouvre la Garonne au niveau de Rions. Je l’ai photographiée sur une année, et sur une distance de un kilomètre. Tous les jours j’ai cheminé le long de sa berge droite. Ce que j’ai pu apercevoir au delà des branchages et de la végétation… c’est la rive d’en face délimitée par son rideau d’arbres. Je me suis imaginé photographier en miroir, car en prenant des photographies de ce côté-ci… c’est bien la rive d’en face que je voyais le mieux. Séparées par l’onde, tour à tour si calme, si tempétueuse ou bien gorgée de détritus, de bois mort et si lisse parfois. Chaque fois sous un jour nouveau, elle m’accompagne dans mes humeurs. Et chaque fois sous un jour nouveau, sa présence m’apporte la part de sérénité nécessaire pour bien la photographier. Embarqué, j’ai découvert cette rive qui m’était restée cachée et j’ai photographié un point où la terre se détache, précipitant les arbres dans une chronique connue d’avance. » La rencontre sera animée par Florence Vanoli qui lira quelques extraits du livre. |
Vendredi 7 juin18h30Pour son ouvrage Autochtone imaginaire, étranger imaginé : retour sur la xénophobie ambiante publié aux éditions du Souffle. Alain Brossat enseigne la philosophie à l’université Paris VIII-Saint-Denis. Il est notamment l’auteur de L’Épreuve du désastre, le XXe siècle et les camps (Albin-Michel, 1996), Les Tondues, un Carnaval moche (Hachette Pluriel, 1994), Le Corps de l’ennemi : hyperviolence et démocratie (La Fabrique, 1998), L’Animal démocratique (Farrago, 2000), La Démocratie immunitaire (La Dispute, 2003), La Résistance infinie (Lignes, 2005), Le Grand dégoût culturel (Seuil, 2008) et Les serviteurs sont fatigués (les maîtres aussi) (L’Harmattan, 2013). « Il faut donc le dire avec force : il n’y a pas davantage de « question de l’étranger » dans nos sociétés aujourd’hui (en Europe occidentale) qu’il n’y avait de « question juive » dans l’Allemagne de la fin des années 1920 et du début des années 1930. Et il y a bien, oui, une sérieuse « question de l’autochtone » qui, sous l’effet des chocs cumulés et corrélés qu’il subit, voit se déliter son sentiment du « propre » – comme il y avait assurément, au tournant des années 1920, un sérieux « problème allemand » (social, politique, historique) du fait de la succession des chocs apocalyptiques endurés par ce pays depuis 1914 (la guerre, la défaite, la chute de l’Empire, l’échec de la révolution de 1918-19, le chaos des premières années de Weimar, la crise de 1929…). La menace que constituerait la prolifération de l’étranger-parmi-nous, telle que l’éprouvent les plus fragiles des « autochtones » (un sentiment qui se condense dans la formule « on n’est plus chez nous »), est en vérité le pseudonyme du sentiment de déperdition du « propre » nourri en tout premier lieu par les phénomènes de globalisation, de liquéfaction des rapports sociaux, et bien sûr, par la déqualification, la désaffiliation, la perte de statut, de reconnaissance, de dignité, de droits, etc. – tous ces « chocs » en série éprouvés par ceux qu’on pourrait appeler les « petits autochtones » d’aujourd’hui (sur le modèle des petits Blancs du monde colonial). » (Alain Brossat) La rencontre, organisée dans les cadre des Rencontres d’Espaces Marx, sera animée par André Rosevègue. |
Jeudi 6 juin18h30
Ses livres précieux, ses livres à découvrir : La Pension des nonnes (1986), Marie-Barbola (1988), Querencia (1991), Cœur de père (1993), Le Prix du sang (2002), tous publiés aux éditions Arléa qui les rééditent aujourd’hui en un volume unique, sous le titre : Oui j’ai connu des Jours de Grâce. Les éditions Confluences viennent de publier un petit livre hommage : Pour Pierre Veilletet. « Malgré les injonctions répétées de son ami Joseph Kessel : « Arrête les papiers, les reportages, écris vraiment ! », il avait attendu d’avoir 43 ans pour publier, avec La Pension des nonnes, son premier roman. Auparavant, Pierre Veilletet se faisait rare, et désirer. À peine consentait-il à donner quelques pages magnifiques sur l’Atlantique dans un ouvrage collectif consacré au Médoc, une brève nouvelle, Summer Moon, publiée dans le n° 6 des Grandes Largeurs, ou l’inoubliable récit d’une visite à Malagar dans un spécial Mauriac de Sud-Ouest-Dimanche, dont il était alors le rédacteur en chef. Ancien grand reporter (prix Albert-Londres 1976), Pierre Veilletet, qui régnait sur Bordeaux en dandy tweedé depuis son balcon du quai des Chartrons, se méfiait de Paris et préférait, à ses heures creuses, partir pour Séville, Londres, New York, Florence, Amsterdam ou Rome. Cet écrivain migrateur d’origine landaise et flamande aimait les fleuves, les estuaires, les ports, les stades de rugby et les arènes. Il ne manquait jamais une corrida ou la visite d’un vieux chai. Il prêtait d’ailleurs plus d’intelligence aux vins qu’à ses contemporains. Et il faisait sienne la formule de Vialatte: « Je mets la littérature beaucoup plus haut que moi, comme les grandes femmes »… Rencontre avec Catherine Guillebaud, Jean-Claude Guillebaud, Yves Harté et Jean-Marie Planes. |
Mardi 4 juin18h30Autour de son livre La Prison, une nécessité pour la République publié aux éditions Buchet-Chastel. Pierre-Victor Tournier est directeur de recherches au CNRS, démographe du champ pénal ; affecté au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (université Paris I Panthéon Sorbonne) ; maître es sciences mathématiques et docteur en démographie. Il a été chargé d’enseignement en mathématiques appliquées à l’Institut de démographie de l’université Paris I (IDUP) de 1977 à 2011 et expert au Conseil de l’Europe de 1983 à 2003. Directeur de l’hebdomadaire électronique Arpenter le Champ Pénal, il est président fondateur du think tank DES Maintenant en Europe. Fondateur des revues Champ Pénal / Penal Field et Pénombre, ancien président de l’Association française de criminologie (AFC). Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont La Babel criminologique. Formation et recherche sur le phénomène criminel : sortir de l’exception française ? (L’Harmattan, 2009), Dictionnaire de démographie pénale. Des outils pour arpenter le champ pénal (L’Harmattan, 2010), Dialectique carcérale. Quand la prison s’ouvre et résiste au changement (L’Harmattan, 2012). « Si notre système pénal ne se réduit pas à la prison, puisqu’une large majorité des peines prononcées par les tribunaux répressifs ne débouche sur aucun enfermement, elle en est quand même la référence centrale, omniprésente dans les codes, l’imaginaire collectif et les médias. Il n’est pas surprenant que la sanction la plus lourde (en privant de liberté, on agit sur les corps) et visible (les prisons se voient) imprime sa marque à toute discussion sur les politiques pénales… Préoccupé aussi de ce qu’il y a en fin de prison, l’auteur milite pour des dispositifs intelligents d’aménagement de peine et formule de nombreuses propositions pour changer la sortie de prison afin de limiter les récidives. Enfin, ces pages invitent à une réflexion sur le sens de la peine qui fonde ce qu’on peut nommer le réformisme pénitentiaire de P.V. Tournier À l’heure où, à l’occasion du rapport rendu par la conférence sur la prévention de la récidive, risquent de se réveiller les simplismes virulents du débat sur la sécurité et la justice, voici un travail qui assume en même temps la nécessité républicaine de la prison et l’impératif de sa transformation. Un livre qui tombe à pic. » (Didier Peyrat) Rencontre animée par Christian Jacquot (membre du jury de la Conférence de consensus sur la prévention de la récidive – 2013). . |
Du lundi 3 juin au samedi 27 juillet
Le Château d’Issan poursuit son cycle d’expositions et met en lumière, au mois de juin 2013, l’œuvre de Leng Hong : une vingtaine d’œuvres inédites de l’artiste chinois, dont le langage n’a de cesse de tisser des liens entre Orient et Occident. Château d’Issan, 33460 Cantenac, du lundi au vendredi de 10h à 17h, entrée libre et gratuite.
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Vendredi 31 mai18h30
Marlène Belilos a travaillé à la Télévision Suisse Romande de 1964 à 1971 et produit et assuré en tant que journaliste plusieurs émissions : Champ Libre, Carré Bleu, En Marge, La Quinzaine des Arts, Correspondances. Établie à Paris depuis 1991, après un passage dans l’enseignement secondaire à Genève, elle a travaillé pour plusieurs médias : France-Culture, TV5 Monde et aussi pour la Télévision Suisse Romande et la Radio Suisse Romande. Elle écrit aujourd’hui régulièrement pour Rue 89.com. et se consacre principalement à la psychanalyse. Elle a publié divers articles dans L’Anti Livre noir de la psychanalyse, La Règle du jeu et la revue La Cause freudienne. Elle est membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse. « À la question que lui pose Einstein : « …existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre ? », Freud répond tout au long de son texte Pourquoi la Guerre ? : «…tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre.» Mais c’est un travail forcé et Freud ajoute que «L’humanité subit le phénomène de la culture». Il reprend ainsi, à nouveaux frais, ses considérations sur la guerre et sur la mort en faisant valoir que «Celui qui est ainsi obligé de réagir constamment dans le sens de prescriptions qui ne sont pas l’expression de ses penchants pulsionnels, vit, psychologiquement parlant, au-dessus de ses moyens…» La civilisation s’oppose à la guerre mais la pulsion entrave la civilisation. Seule la civilisation peut empêcher la guerre et pourtant elle la provoque par le renoncement pulsionnel exorbitant qu’elle impose. Ni à l’intérieur ni hors de la civilisation, ni externe ni interne, la guerre lui est extime. » (Francis Ratier, Médiapart) La rencontre est organisée à l’invitation de l’ACF Aquitania et de l’équipe de Tresses et sera animée par Geneviève Cloutour-Monribot et Pénélope Fay. |
Jeudi 30 mai18h30
René Frégni a déserté l’armée après de brèves études et vécu pendant cinq ans en Turquie sous une fausse identité. De retour en France, il a travaillé durant sept ans comme infirmier dans un hôpital psychiatrique avant de faire du café-théâtre et d’exercer divers métiers pour survivre et écrire. Depuis plusieurs années, il anime des ateliers d’écriture dans la prison d’Aix-en-Provence et celle des Baumettes. Il a reçu en 1989 le prix Populiste pour son roman Les chemins noirs, le prix spécial du jury du Levant et le prix Cino del Duca en 1992 pour Les nuits d’Alice, le prix Paul Léautaud pour Elle danse dans le noir en 1998, et le prix Antigone pour On ne s’endort jamais seul , tous publiés aux éditions Gallimard. Sous la ville rouge, un thriller qui met en scène une ville de Marseille violente et rougie de nombreux règlements de compte, et un héros passionné d’écriture et de boxe, qui sera entrainé dans un effrayant engrenage… « Marseille, en cette fin d’été, sentait l’urine, le gaz d’échappement et l’inquiétude. Les pigeons s’abattaient de plus en plus nombreux sur les toits de la ville. Seul, sur un puissant scooter de couleur blanche, un homme fonçait dans les quartiers Sud, il prenait en chasse les trafiquants de drogue et les exécutait froidement au 11,43. Une sorte de « nettoyeur » qui glaçait le dos des voyous, intriguait les lecteurs de journaux à l’heure du café et ne déplaisait pas à tous ceux qui regardaient Marseille s’enfoncer dans la crasse, la misère et la violence. Vingt et un règlements de comptes depuis le début de l’année, des corps criblés de balles ou retrouvés calcinés dans des carcasses de voitures volées, sous les barres blanches de Campagne Lévêque, de La Castellane, du Plan d’Aou ou plus au sud… » (extrait) La rencontre sera animée par Christian Jacquot. |
Mercredi 29 mai18h30
Journaliste au Quotidien de Paris (1979) puis à l’Agence centrale de Presse (1979-1984), à La Tribune de l’économie (1984-1990), chef du service économique de Libération (1991-1994) avant d’entrer au Monde, en charge de la politique économique française (1995-1999), puis rédacteur en chef du service Entreprises (1999-2003), directeur adjoint de la rédaction (2003-2005), éditorialiste (2006) Laurent Mauduit quitte Le Monde, en décembre 2006, en désaccord avec la politique éditoriale. Il est cofondateur de Mediapart. « Tenant la chronique des premiers mois du quinquennat de François Hollande, Laurent Mauduit prend L’Étrange Défaite de Marc Bloch comme fil conducteur de son récit. Car dans cet essai qui analyse la débâcle de juin 1940, le grand historien s’applique à démontrer que celle-ci est non pas une victoire allemande mais plutôt une défaite française. Une défaite due à l’arrogance et à la nullité de l’état-major mais aussi à la crise morale des élites françaises qui étaient déjà du côté des futurs vainqueurs, avant même la bataille. « Le pis est que nos adversaires y furent pour peu de choses », s’indigne Marc Bloch. Jouant de cette comparaison, Laurent Mauduit fait valoir qu’un reproche similaire peut être adressé aujourd’hui à François Hollande et au gouvernement socialiste. Car si, dans le passé, les socialistes ont souvent rendu les armes ou se sont reniés, ils ont toujours, accédant au pouvoir, tenu certaines de leurs promesses et ont engagé de fortes réformes. Ce fut le cas en 1936 aussi bien qu’en 1981 ou encore, plus récemment, en 1997. Or, dans le cas présent, selon le constat qu’en dresse l’auteur, les socialistes, pour la première fois de leur histoire, ont rendu les armes avant même d’avoir combattu. » (Médiapart) Le débat sera animé par Patrick Rödel, avec la participation de Pierre Hurmic (Europe Écologie – Les Verts) et Gérard Boulanger (Front de Gauche). |
Mardi 28 mai18h30
François Schalchli a été enseignant de philosophie dans le secondaire. Il anime, en particulier en milieu pénitentiaire et dans le cadre de l’éducation populaire, de nombreux ateliers tels que des « cafés philo ». Il a été membre du GREP Midi-Pyrénées (Groupe de Recherche pour l’Éducation et la Prospective). Il est adhérent et militant d’ATTAC à Toulouse. « Il n’est plus possible de renvoyer à plus tard, et ce quelque soit l’importance et l’accentuation des inégalités sociales, la volonté de « faire la politique » autrement. Cela se réalisera en se centrant sur les initiatives citoyennes de toute sorte qui s’affirment dans l’espace public. Dans ces conditions, l’expérience politique pourrait retrouver ses lettres de noblesse et la recherche en elle d’une véritable dimension d’existence rencontrer l’objectif de transformation sociale. Où sont les obstacles à cette visée ? Il s’agit d’identifier et de dépasser tout ce qui, hors de nous mais aussi en nous-mêmes, nous éloigne de la politique et en particulier tout ce qui déconsidère la profonde continuité qui existe entre le social, le civique et le politique ; mais il s’agit aussi de s’appuyer, en précisant ses traits principaux, sur la puissance d’agir citoyenne s’affirmant à tous ces niveaux et de l’articuler au pouvoir politique proprement dit. En conséquence, le pari est pris de l’importance de la pluralité, non seulement comme garantie d’équilibre, mais aussi de ce qui peut, grâce à elle, nous délivrer des effets aliénants d’une course incessante et monolithique vers le pouvoir. On voit qu’il s’agit d’un livre qui essaie de se placer à la charnière de la philosophie et de l’action pratique, d’instaurer une étape réflexive dans les lieux, moments et instances où les citoyens, amenés à enrichir et repenser ce que peut être leur engagement, pourront enfin se réapproprier la politique. » La rencontre sera animée par Édouard Schalchli. |
Vendredi 24 mai20h
Roland Chemana est agrégé de philosophie, psychanalyste, membre de l’Association lacanienne internationale et actuellement président de la Fondation européenne pour la psychanalyse. Il est l’auteur, entre autres, de Dépression, la grande névrose contemporaine (Érès, 2005) et de La jouissance, enjeux et paradoxes (Érès, 2007) et co-auteur, avec Bernard Vandermersch, du Dictionnaire de la Psychanalyse (Larousse, 2003). Ce livre tente de montrer que l’éthique psychanalytique ne se réduit pas à une déontologie nécessaire au praticien, mais qu’elle peut aider chacun à répondre à quelques questions vitales. Une des questions essentielles de la psychanalyse aujourd’hui concerne l’éthique. Il ne s’agit pas, bien sûr, de prétendre proposer des valeurs idéologiques au sujet contemporain dont on connaît le désarroi. L’auteur montre de quelle façon la psychanalyse, qui a démontré les déterminations inconscientes du sujet humain, le met cependant, pour finir, devant ses responsabilités. De la différenciation homme-femme à la critique du point de vue utilitariste, Roland Chemama reprend les questions cliniques ordinairement abordées par les psychanalystes à partir du choix éthique qui demeure celui du sujet. « Rompant avec la distance et le retrait qui caractérisaient habituellement l’analyste – mais sans pour autant en faire un nouveau précepte – l’auteur ne s’avance plus masqué mais atteste plutôt de la voie qu’il essaye de frayer entre fidélité à la lettre et récusation du savoir transmis, entre adhésion à la tradition et nécessité de tout inventer : Ce dont il s’agira, dans cet ouvrage, c’est de montrer de quelle façon la psychanalyse, qui a démontré les déterminations inconscientes du sujet humain, le met cependant, pour finir, face aux responsabilités qui sont les siennes. À tout le moins [...], elle l’appelle à s’engager dans une véritable énonciation. On voit l’enjeu : il est éthique. » (Jean-Pierre Lebrun, préface) La rencontre est organisée à l’invitation de Présence de la Psychanalyse et sera animée par Isabelle Morin. |
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