La sélection de lamachinealire


« Trop n’est pas assez » Ulli Lust

26,00 €
éditions Ça et là

ULLI LUST.jpgÀ l’été 84, deux jeunes punkettes autrichiennes décident de partir en Italie sans passeport, sans argent, avec juste les vêtements qu’elles ont sur le dos et un sac de couchage pour deux. « Trop n’est pas assez » est le récit autobiographique de ce voyage initiatique qui commence de manière bucolique par la traversée des Alpes et se transforme progressivement en enfer. Entre belles rencontres et comportements machistes, entre débrouillardise et vraies galères, Ulli Lust nous offre un récit sans complaisance et parfois cru mais tellement passionnant que nous lui souhaitons de remporter un prix au prochain festival d’Angoulême.

« La couleur des sentiments » Kathryn Stockett

Roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Girard

23,80 €
éditions Jacqueline Chambon

couleur1302536608.jpg Ce roman nous plonge dans le sud des États-Unis, en 1962, quand les lois raciales modelaient la société. C’est au travers des rapports entre les femmes blanches de la bonne société de Jackson, Mississipi et de leurs bonnes noires que ce pan d’histoire nous est livré.
La jeune Skeeter vient de finir ses études et se pose des questions sur ce cadre qui parait immuable. Elle envisage de devenir écrivain et son projet de roman s’ébauche autour de la vie et du ressenti des bonnes, présences invisibles de toutes les familles bourgeoises de la ville. Malgré le danger, il est inconcevable qu’une noire puisse faire le moindre commentaire sur sa patronne, deux d’entre elles, Aibileen la posée et Minny l’impertinente, vont lui faire partager leur quotidien et leurs humiliations. Passées la méfiance et la prudence une forte amitié liera les trois femmes. Leur récit est inoubliable, pétri d’émotion et d’humour. Ce roman passionnant est aussi un témoignage sur une époque funeste des USA qui marque encore aujourd’hui les relations sociales.

La Machine à Lire vous présente ses meilleurs voeux pour cette nouvelle année.

Antoine Brethomé, responsable des Prêtres-Ouvriers de France, ainsi que plusieurs prêtres ouvriers de la région

Lundi 20 Décembre

à 20 h 30

Église de la Trinité au Grand Parc
35 Place de l’Europe
33000 BORDEAUX

Tram C Arrêt Grand Parc

Une conférence-débat aura lieu à l’occasion de la sortie du livre les « Invisibles » de Joël Peyrou et Gérard Mordillat qui nous révèle le quotidien, le travail et la spiritualité des Prêtres-Ouvriers.
Extrait de la 4eme de couverture:
Invisibles. Ces ouvriers du jour et de la nuit.
Ceux des ateliers, des usines, des centres de tri, des garages, des chantiers.
L’air du temps voudrait qu’ils se taisent et disparaissent en silence.
Ils sont pourtant là.
A leur poste. Menuisier, facteur, maçon, métallo…
On les a oubliés.

« Indignez-vous! » Stéphane Hessel

Éditions Indigène
32 pages
3,00 Euros

C’est un tout petit livre à faire lire à tout le monde ! Voilà le cri du cœur d’un grand monsieur de 93 ans qui s’indigne face au traitement des plus fragiles, l’écart de plus en plus important entre les riches et les pauvres, la mainmise de la finance et la situation en Palestine. Pour lui, l’indifférence est la pire des attitudes. Indignez-vous !

« Le mélange des genres » Martin Parr/ Quentin Bajac

Textuel Éditions
19,90 Euros

Photographe majeur de sa génération, Martin Parr parle néanmoins peu de son art.
C’est désormais chose faite grâce à cet ouvrage qui est une conversation de l’artiste avec Quentin Bajac, chef du cabinet de la photographie du Centre Georges Pompidou.
Cet entretien nous permet de revenir sur ses influences, ses années d’apprentissage et nous donne les clés de ce qui fait de lui un artiste à part: un regard social et humaniste, à la fois ironique et empathique avec une prédilection pour la société de consommation ou encore le tourisme de masse.
Un ouvrage passionnant sur un artiste qui nous pousse à nous interroger en permanence sur notre société.

« Indignez-vous! » Stéphane Hessel

Indigène éditions
3,00 Euros

C’est le cri du coeur d’un grand monsieur de 93 ans qui a adhéré au programme du Conseil National de la Résistance, qui est revenu des camps de concentration et a été co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Il s’indigne face au traitement des immigrés, des sans-papiers, face à une oligarchie qui contrôle les médias et il dénonce l’écart de plus en plus important entre les riches et les pauvres, la main-mise de la finance et la course à l’argent. Puis une place est consacrée à la situation de la Palestine.
Stéphane Hessel fait un parallèle entre la période 1940-1948 et actuellement. Son discours est très clair et laisse à réfléchir car il se positionne pour la non-violence comme solution pour un nouveau monde tout en comprenant la violence. Pour lui l’indifférence est la pire des attitudes : Indignez-vous !
Et un grand coup de chapeau aux éditions Indigène pour cette collection militante « ceux qui marchent contre le vent ». Vous trouverez également à la librairie les six titres précédents que nous soutenons toujours comme « Je suis prof et je désobéis », « Roms, tsiganes, voyageurs : l’éternité et après »…

« Les derniers grizzlys », Rick Bass

Édition Gallmeister
9,20 Euros
derniers grizzluys dg.jpgLes relations hommes/ours sont aussi intenses et conflictuelles aux Etats-Unis qu’en France. Le grizzly ne survit plus que dans quelques espaces protégés après avoir été chassé pendant des décennies. D’où l’importance de vérifier la rumeur qui pousse Rick Bass et ses compagnons à explorer les montagnes San Juan au Colorado. On y a tué le « dernier grizzly » dans les années 60, mais quelques traces et silhouettes aperçues laissent espérer que des spécimens ont survécus en toute discrétion.
Il y a 2 quêtes dans ce récit. D’abord celle du grizzly, animal symbolique dont l’aura émeut, touche et obsède ceux qui l’approchent. De l’autre côté celle de ces trois hommes, dont le mythique Doug Peacock, compagnon et ami d’Edward Abbey. Cet homme étrange et charismatique, un peu fou mène le groupe sur les traces de l’ours. Ils cherchent des endroits où subsiste un peu de la « sauvagerie » initiale du monde. Là où il est possible de prendre des « respirations » loin des abus de la civilisation.
On voit bien que la quête, ou le voyage, sont au moins aussi important que le but à atteindre et c’est le récit de cet impact sur les trois hommes qui est livré ici.

Gens des confins, Irene van der LINDE et Nicole SEGERS

Éd. Noir sur Blanc
25,00 Euros

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Il faut prendre le temps de lire cet ouvrage réalisé par deux femmes néerlandaises, une historienne et journaliste, Irene van der Linde et une photographe documentaire, Nicole Segers. Le texte et les images, des photos en noir et blanc, effectuées à l’aide d’un Leica M6/7, relatent un périple que les deux femmes ont entrepris avec la volonté d’aller à la rencontre des personnes vivant sur la frontière orientale de l’Europe. Avec simplicité et érudition, elles racontent leur voyage, de la Finlande à la Bulgarie, décrivent les paysages traversés, les repas, les maisons et font part des attentes, des craintes comme des rêves, des personnes croisées, des communautés, des gardiens de la frontière européenne. Un livre qui invite au voyage et à la compréhension, un livre d’Histoire et d’histoires.

Un pays à l’aube, Dennis LEHANE

Rivages Noir
10,50 Euros

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Si vous n’avez pas lu une « Histoire populaire des Etats-Unis » d’Howard Zinn et si vous avez raté son adaptation en BD, rattrapez-vous avec « Un pays à l’aube ». Le roman se passe à Boston, comme toujours avec Lehane qui sait parfaitement évoquer cette ville et son atmosphère.
Après la Grande Guerre, les soldats rentrent chez eux, les Noirs ont occupé leur poste pour participer à l’effort de guerre, la situation économique est catastrophique et la peur des Bolchéviques monte tandis que les syndicats s’organisent et réclament des conditions de travail décentes. Dans cette atmosphère de révolte sociale, d’attentats orchestrés par les anarchistes et de revendications des Noirs Américains pour obtenir des droits élémentaires (l’influence du W.E.B Du Bois est perceptible), nous sommes invités à suivre le destin de trois personnages. Babe Ruth, le joueur de base-ball de génie, au sommet de sa gloire, Luther Laurence, jeune Noir qui a fui le Sud après avoir tué un homme et Danny Coughlin, l’Irlandais, fils d’un capitaine de police et progressivement conquis par leurs idées.
Roman social, saga familiale, roman noir aussi, ce « Pays avant l’aube » est simplement magistral.

L’Hypnotiseur, Lars KEPLER

Actes Sud
23,00 Euros

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Attention: nouveau suédois à suivre. Cette première traduction qui sera suivie d’autres titres est une réussite. Elle met en scène Erik Maria Bark, psychiatre autrefois expert en hypnose médicale et l’inspecteur Joona Linna.
Bark a juré de ne plus pratiquer l’hypnose mais son aide va se révéler indispensable pour résoudre une affaire particulièrement horrible. Il pourrait ainsi empêcher un autre meurtre. Malheureusement, c’est lui et son jeune fils qui seront traqués par le tueur.
Les personnages sont consistants, l’intrigue est riche et complexe, présent et passé mêlés, elle nous égare sur plusieurs pistes crédibles.
Quant aux dernières pages, que dire, un crescendo terrible, implacable, qui vous laisse le souffle court. Vous ne lâcherez votre respiration qu’une fois le mot fin atteint.

The Rest is Noise, Alex ROSS

Actes Sud
32,00 Euros

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Récit passionnant au titre alléchant que ce « The Rest is Noise ». Alex Ross nous raconte l’histoire de la musique du XXème siècle, sous influence de son siècle justement. Ne vous laissez pas rebuter par la terminologie parfois technique de cet essai. Le critique musical, non content de nous faire assister à la naissance de la musique populaire, de nous expliquer de quoi s’est nourri la musique dite « classique », truffe son texte de portraits de compositeurs simplement humains (oscillant entre médiocrité et grandeur d’âme…), rendant ainsi ce pavé délectable.
A écouter aussi: le blog www.therestisnoise.com