La sélection de lamachinealire


« Les moustiques n’aiment pas les applaudissements », A. DERRIERE,

éditions du Castor Astral,
12,90 euros
moustiques.jpgUn grand merci aux éditions du Castor Astral de nous faire découvrir Auguste Derrière, natif de Bordeaux, injustement oublié de nos jours. Maximes, dictons, blagues, aphorismes, encarts publicitaires… autant de traits de génie! Oubliez la crise et les malheurs du monde le temps de quelques phrases hilarantes. Offrez-vous un passeport pour un voyage au pays de l’absurde! Et surtout, lisez la préface d’Albert Muddah, éminent spécialiste de votre serviteur, l’Auguste Derrière…

« Meurtres en bleu marine », C.J. BOX, ,

collection Points , éditions du Seuil
7,80 Euros
meurtresbleu.jpgDeux gamins en vadrouille sont témoins d’un meurtre, les assassins sont d’anciens flics à la retraite ayant quitté Los Angeles pour le lointain Wyoming. La seule personne pouvant les aider est un vieux rancher qui prend lentement la mesure du guêpier dans lequel ils sont tombés. Sans effet excessif, l’angoisse et le suspense progressent de manière très efficace, les personnages sont attachants et le plaisir de lecture au rendez-vous.

« Un pied au paradis », R.RASH, ,

éditions du Masque
10 euros

pied paradis.jpgRoman de terroir, mais du Sud des Etats-Unis, dans les Appalaches des années 50. La vallée va disparaître, noyée sous les eaux d’un barrage. Les habitants survivent dans la misère et sous le feu de la sécheresse. C’est sûr, Holland Winchester est mort, mais où est le corps? Cinq voix font vivre ce drame de la jalousie et de la vengeance. Un premier roman superbe aux accents de tragédie grecque.

« Insectes choisis, myriades d’oiseaux », UTAMARO

éditions Piquier,
39 euros

utamaro.jpgDans ce précieux coffret, vous trouverez, reproduites en fac-similé, les estampes originales de deux albums d’Utamaro, connu pour se représentations des courtisanes japonaises. A ce travail, d’un réalisme à faire pâlir les naturalistes, est associé un ensemble de poème burlesques, des ‘Kyoka’. Ainsi une cinquantaine de poètes rivalisent pour décrire leurs sentiments envers les courtisanes, en associant leur caractère à ceux des oiseaux et des insectes. Cette oeuvre de toute beauté est issue de la collection du couturier Jacques Doucet et accompagné d’un livret très complet sur ce travail. Mais avant tout, admirez la qualité de la gravure et appréciez ce mélange de peinture, de poésie et de calligraphie.

« Sainte Famille », J FORTON,

éditions Finitude,
17 euros
Sainte-famille.jpgBienvenue chez les Maliniers, famille bordelaise à la façade bien respectable. Jean Forton décortique
malignement l’intimité de ces personnages et nous fait pénétrer dans un monde bien moins noble qu’il ne voudrait l’être. Cela moque, cela pique, c’est bon et délectable. Merci aux éditions Finitude d’avoir publié ce roman, jusqu’ici inédit.

« Aux origines de la sexualité », sous la direction de P-H GOUYON

Editions Fayard
50 Euros

sexualité.jpg« Le sexe n’est pas tout dans la vie, et pourtant que serait la vie sans sexe? » N’est-il pas aussi synonyme de mort? A-t-on réellement besoin de la sexualité pour créer la vie? La question de nos origines est commune et constante. Comme élément de réponse, vous lirez une étude de la sexualité depuis le microscopique jusqu’à l’humain. Un déploiement de problématiques passées ou contemporaines dans les domaines des sciences, des sciences sociales et de la théologie. Cet ouvrage est fidèle aux précédents titres parus dans la même collection quant à son exhaustivité et sa richesse iconographique.

« La mondaine, Histoires et archives de la Police des Moeurs » V. Willemin

éditions Hoëbeke
30 Euros
mondaine.jpgUne véritable histoire de la police des moeurs de la fin du XVIIIème siècle à nos jours. De la surveillance des maisons closes à celle des personnalités en vue, du contrôle du monde de la nuit, à celui de l’argent, aux clubs échangistes…
Une histoire passionnante à travers les affaires les plus chaudes qui ont défrayé la chronique.

« Proudhon, l’enfant terrible du socialisme », A-M. CHAMBOST

éditions Armand Colin
23 Euros

proudhon.jpgDe 1809 à 1865, Proudhon connaît cinq régimes politiques différents qui le font réagir aux conditions de vie de la classe ouvrière, tout en s’opposant à Marx. Cet autodidacte d’origine modeste s’est essayé à la théologie, la philosophie, l’économie… et on a finalement retenu de lui cette formule: « La propriété, c’est le vol, Dieu, c’est le mal ». Un esprit libre, révolutionnaire et utopique, père des mouvements anarchistes, tel est Pierre Joseph Proudhon.

« Coupes claires » de Véronique Gentil

Ed Pierre Mainard
10 euros

CouvCoupesClaires.JPGVéronique Gentil relate l’histoire d’une femme quittée par celui qui a été à ses côtés, ses mots évoquent le cheminement qui suit la rupture, nécessaire, pour atteindre cette existence qui vient après les souvenirs, après la douleur née de l’absence : »cela qui me fait penser à toi/même quand/je ne voudrais pas. »
À lire certains vers, on pense aux poétesses de la Renaissance, Christine de Pisan ou Marguerite de Navarre : « j’ai perdu mon ami/la joie m’a laissée ». La nature, les gestes qui accompagnent une vie à la campagne, le défilé des saisons, sont omniprésents dans ce texte où l’on s’attache à cette femme animée d’une grande force: « je ne suis pas triste/je n’ai pas pris la dureté du caillou. » Enfin, le temps fait son oeuvre, ne guérit pas mais éloigne irrémédiablement du moment de la séparation, amène au-delà: « je prends part un peu/à la lumière/au silence chaud/enfin je suis d’un point où tu n’es pas. »

« Les intellectuels contre la gauche » Michaël Christofferson

Coll Contre-Feux
Ed Agone
25 euros
intelgaiche.jpgMichaël Christofferson décrit comment les intellectuels de gauche au cours des années 70 établissent un lien entre l’idéologie communiste et révolutionnaire et le totalitarisme; la publication de « L’Archipel du Goulag » d’Alexandre Soljenitsyne en étant le preuve irréfutable. Ce mouvement antitotalitaire qui engendre un processus de discrédit du PC légitime au passage une inclination à droite d’intellectuels communistes repentis et participe à faciliter la victoire du PS en 1981.
Notre historien montre comment le concept d’antitotalitarisme est instrumentalisé à des fins politiques, voire personnelles. Ce travail mené avec minutie s’avère passionnant et tristement révélateur: ces intellectuels de gauche, en passant tant d’énergie à s’insurger et lutter contre cette idéologie totalitariste en ont totalement oublié de réfléchir à ce qui pourrait rendre notre monde meilleur.

« Les Insectes en moi », Akino Kondoh

Ed Le Lézard noir
17 euros
insectes.jpgUne découverte de l’univers fantasmagorique et introspectif d’Akino Kondoh, jeune mangaka de talent, couplée d’une découverte de son oeuvre picturale et vidéo ayant déjà su trouver sa place dans le monde de l’art.
Huit histoires se faisant écho autour d’Eiko, personnage favori de l’auteur dans lequel elle se projette. Akino Kondoh raconte son oeuvre: elle est et se contemple perpétuellement. Et tous ces insectes en elle sont ses peurs de petite fille, ses doutes d’adulte, ses rêveries, les fruits doux-amers de son imagination fertile. Eiko a en commun avec Akino une coccinelle morte dans un four à micro-ondes et le goût dans sa bouche du sang jaune jailli des pattes, le goût de la peur.
Cette histoire l’obsède et les coccinelles ne cessent d’hanter son dessin, cet album et son oeuvre.
Bien loin d’effrayer, Akino Kondoh a l’art de bercer, de narrer des cauchemars trop proches du rêve et de la poésie. La frontière est floue et n’est pas sans rappeler l’exquise chute d’Alice, comme si nous étions là encore de l’autre côté du miroir.

« Le miracle de San Gennaro », Sándor Márai

Ed Albin Michel
20,90 euros
miracle.jpgEn 1948, alors que Sándor Márai fuit la Hongrie, il va passer plusieurs années dans les environs de Naples, avant d’émigrer pour les États-Unis.Ce long séjour va fortement l’influencer et donner le ton de ce roman.
Le thème principal est bien l’exil et le déracinement. Mais grâce à une galerie de portraits d’hommes et de femmes simples et démunis, l’auteur nous parle aussi de son amour pour Naples et ses habitants qui vivent au rythme de la religion et de la tradition.
En parallèle à ces portraits, on y découvre un couple d’étrangers. Nul ne sait d’où ils viennent. L’homme est retrouvé mort au pied d’une falaise. S’en suit une enquête qui va dégager un portrait complexe de ce réfugié dont l’exil douloureux lui aura été fatal.
Un roman d’une grande humanité, largement autobiographique.