La sélection de lamachinealire


« Ailleurs » de Moka

Ecole des Loisirs coll.Medium.318 pages. 11€
Ailleurs Il s’agit ici d’une trilogie, qui reprend trois titres de Moka sortis entre 1991 et 1994 « Ailleurs », « Le puits d’amour » et « A nous la belle vie » qui ont la même héroïne : Frankie, 15 ans, 1m80, 8 ans de judo et toute en muscles. Elle rêve de piloter un avion, n’a pas peur de faire « le coup de poing » et déteste l’hypocrisie, le racisme et les idées reçues. Sa vie familiale agitée la mène aux USA avec son père et sa soeur. Sa belle énergie et son caractère de cochon lui font vivre quelques expériences fortes et des rencontres enrichissantes voire troublantes. Se mettre dans le pétrin est aussi une de ses spécialités mais en fait c’est toujours pour aider quelqu’un. Ai-je dit qu’elle était extrêmement attachante ? Un certain Major David King, officier de navigation, sera un de ceux qui succomberont à son culot et à son charme… Une lecture tonique!

« L’Etrange vie de Nobody Owens » de Neil Gaiman

Traduit de l’américain. Editions Albin Michel coll. Wiz, 320 pages. 13€50
L'ŽEtrange vie de Nobody Owens Voici le deuxième titre jeunesse de Neil Gaiman, auteur américain de science-fiction, après le très remarqué « Coraline » (même éditeur). L’auteur cultive un goût certain pour la noirceur et le morbide, l’histoire se déroule en effet dans un cimetière ! Jack, sinistre tueur au grand couteau, vient de massacrer toute une famille, il est à la recherche du petit dernier. Celui-ci, un an et demi, réveillé par le bruit et inconscient du danger, se promène tranquillement jusqu’au cimetière abandonné proche de sa maison. Là, les morts le découvrent et suppliés par le fantôme de sa mère, acceptent de le garder et même de l’élever. Celui qui s’appelle maintenant « Nobody Owens » va donc grandir en sécurité avec les morts de toutes les époques, loin des dangers du monde des vivants, mais un jour Jack reviendra … Pas de frayeur, on est bien loin de la série « Chair de poule » et Neil Gaiman a une vraie plume, tendre et magique et nous fait passer un moment délectable.

« La Place du leiko » de Maria José Martinez

Traduit de l’espagnol. Editions Ecole des Loisirs coll.Medium, 234 pages. 10€

ancibure.jpg Les suites de la guerre civile espagnole vues au travers des yeux d’une petite fille de 10 ans, Africa. Son père est militaire, catholique et franquiste, elle a une grande famille, gaie et animée. Sur la place devant chez elle se trouve un vieux cireur de chaussures, militant basque, du côté des vaincus. Avec lui elle va pouvoir discuter, argumenter sur les grands problèmes de la vie. Elle va pousser dans ses retranchements ce vieil homme bougon et méfiant qu’elle appelle leiko, mot basque qu’elle invente pour grand-père. Elle a plein d’idées un peu folles, trouver l’invention pour gagner la paix, par exemple et chaque fois laisse le vieil homme désarmé devant tant de joie de vivre de logique et d’opiniâtreté. Elle finira par percer sa carapace d’amertume et de douleur laissée par la guerre. Emotion, douceur et gravité sont les valeurs mises en avant dans ce roman, sans mièvrerie et avec beaucoup de gaité.