« Comme une odeur de muscles, contes de village », Fred Pellerinéditions Le passager clandestin 150 pages |
« Chami Chikan, la loi des Pyramides », Philippe Dumontéditions Alice Jeunesse |
Virginie LydieJeudi 17 mars18 h 30La Machine à Lire |
« Ward » Frédéric Werst410 pages
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« Les lieux infidèles » Tana French352 pages
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« Terrienne » JC Mourlevat320 pages
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« Quatre sœurs », tome 1 : Enid, Malika Ferdjoukh et Cati Baur144 pages
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« Faut-il manger les animaux? » Jonathan Safran Foer traduit de l’anglais (États-unis) par Gilles Berton et Raymond ClarinardDisponible en VO sous le titre « Eating animals » 336 pages
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« Comment gagner sa vie honnêtement » Jean Rouaud336 pages
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« Dans la mer il y a des crocodiles l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari » Fabio Gedaéditions Liana Lévi 15,00 € |
« La sécurité des personnes et des biens » Manuel Joseph et Myr Muratetéditions P.O.L. 28,00 € |
« Leçon de photographie » Stephen Shoreéditions ACDP 19,95 € |
Les derniers coups de coeur de








Voici un livre fou qui provoque un plaisir de lecture qui confine à la jubilation. « Ward » se présente comme l’anthologie, la première de ce type, de la littérature de ce peuple écrite aux premier et deuxième siècle. À travers les livres fondateurs de la religion des Ward, les grands auteurs de poésie de ces deux siècles ou encore les ouvrages décrivant les avancées scientifiques, c’est toute leur histoire et leur mythologie que nous découvrons. Mais le plus grand mérite de ce livre est de nous proposer une lecture bilingue wardwesân-français alors même que le wardwesân est une langue sortie directement de l’imagination démesurée de Frédéric Werst. Ainsi, non content de créer un monde, un peuple et son histoire, il a surtout crée sa langue et l’a utilisée. Ce livre nous offre donc des possibilités de lectures infinies et les plus fous d’entre nous pourront grâce au lexique et à la grammaire ward proposés en fin d’ouvrage tenter une nouvelle traduction. Un livre pour les passionnés de SF, de linguistique, d’histoire, de mythologie, de poésie ou tout simplement pour les lecteurs curieux !
Franck Mackey est un flic dublinois, spécialisé dans les missions d’infiltration. Il a coupé les ponts avec ses origines, sa famille modeste pour ne pas dire misérable et le quartier de sa jeunesse. À 19 ans il avait prévu de fuir cette existence sordide pour rejoindre Londres avec son amie Rosie Daly. Celle-ci lui a fait faux bond la nuit du départ et depuis sa vie est comme hantée par cette absence. 22 ans plus tard sa soeur l’appelle, une valise vient d’être retrouvée dans un vieil immeuble avec les affaires de Rosie. C’est le moment pour Franck de remettre les pas dans son passé. L’évocation de la vie de l’époque, des tensions familiales, du désir de ne pas vivre la même vie que leurs parents nous rendent les personnages très proches. Franck Mackey fait penser au Harry Hole de Jo Nesbo, désespoir, alcool et rock’n'roll et la figure de Rosie, son amour jamais oublié est bouleversante de fraîcheur et de vie.
Après « le Chagrin du roi mort » et « Combat d’hiver » Mourlevat change de registre. Son roman se passe à notre époque entre Saint-Etienne et Montbrison ! Un vieil homme, écrivain, prend en stop une jeune fille de 17 ans. Nous allons basculer dans un monde parallèle où Anne l’héroïne recherche sa sœur disparue. C’est une société froide et inquiétante où les gens ne respirent pas; Anne y est vite reconnue comme « terrienne » car elle soupire, rit, pleure… On est très vite captivé par cette ambiance mystérieuse qui évoque Barbe-Bleue mais aussi Orphée et Eurydice au royaume des morts. Hommage réussi !
Orphelines depuis peu, les sœurs Verdelaine se débrouillent comme elles peuvent. La Vill’Hervé, manoir en bord de mer se déglingue de partout, une tempête s’annonce mais rien n’entrave la bonne humeur des cinq sœurs. Rien ? Sauf peut-être ces cris dans la nuit qui laissent penser à Enid que le manoir est hanté. Sauf peut-être aussi la jeune Colombe venue passer quelques jours à la Vill’Hervé.
Après trois années de recherches, l’écrivain américain Jonathan Safran Foer nous livre un essai choc sur le traitement réservé aux animaux que nous mangeons.
Après avoir écrit cinq ouvrages sur sa famille, dont « Les champs d’honneur », Jean Rouaud aborde sa jeunesse influencée par mai 68. Il porte un regard décalé sur cette époque qu’il traverse en compagnie de ses « cousins », des marginaux qui vivent en communauté à la campagne dans le sud de la France.
Enaiat est un gamin d’une dizaine d’année, issu d’une ethnie minoritaire en Afghanistan. Sans avenir dans son pays il est « abandonné » par sa mère à la frontière du Pakistan. De là et durant 5 ans il va cheminer jusqu’en Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. On est impressionné, ému ou amusé par les rencontres et les embûches qu’il a rencontré. Mais il raconte son périple avec simplicité et dignité. Il est sorti vivant des choses insoutenables qui se produisent sur les routes de l’exil et toujours fier d’être un humain, mais comment ne pas s’indigner des conditions de « bétail » qui sont faites à tous ceux qui fuient leur pays. Une lecture qui s’adresse à tous, jeunes compris.Indignez vous !
Cette œuvre à quatre mains et quatre yeux de Myr Muratet, photographe, et Manuel Joseph, écrivain, nous plonge dans un univers urbain angoissant et terriblement réaliste. Monsieur J., le narrateur, sort d’un « centre de réadaptations », prison ou hôpital psychiatrique ou peut-être les deux. Confronté à ses névroses, à son passé dont il ne peut parler, il tente de s’habituer à sa nouvelle vie en s’installant dans un nouvel appartement. Ce récit sobre, simple et juste est entrecoupé de textes prélevés par Manuel Joseph et traitant de l’utilisation de métaphores médicales pour parler des guerres et actions de contrôle des populations les plus violentes. Ces fragments donnent une autre dimension au texte, tout comme les photos de Myr Muratet, portraits d’habitants de la rue, de policiers dans des gares vides ou de mobilier urbain. Une œuvre complète, profonde et une collaboration réellement réussie.