Les choix des libraires
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Le Wok Machine à Lire guide vos lectures

Les choix des libraires


Keith Haring : *Journals*, Penguin

 

Penguin
420 pages
20,80 Euros
journals.jpgL’introduction de ce livre précise : « Il est évident, d’après les notes laissées par Keith Haring dans son journal, qu’il s’attendait à ce que d’autres le lisent ». Le lecteur parviendra à la même conclusion. Rien ne semble avoir été écrit dans un seul but cathartique, n’ayant de sens que pour l’auteur. Keith Haring a délibérément choisi d’utiliser ses journaux « intimes » comme média pour exprimer son art et, à travers celui-ci, son rapport au monde. Il écrit : « This is my message. The medium is unimportant. It is art as I know it. It is life as I know it. ». Le support n’a pas d’importance, seul le message compte. Photographies et reproductions d’œuvres enrichissent le propos et ouvrent sur d’autres pistes. L’écriture est simple, comme le dessin, et le sentiment d’insoumission puissant. Un témoignage passionnant, loin de ne s’adresser qu’aux amateurs d’art.


« The Book of Other People », sous la direction de Zadie Smith, Penguin

« The Book of Other People », sous la direction de Zadie Smith

Penguin
14,90 Euros
Book.jpg« The Book of Other People » est une étrange compilation orchestrée par Zadie Smith. De la littérature à la bande dessinée, ils sont plusieurs (et pas des moindres) à avoir collaboré au projet. Qui sont ces « ils » ? Daniel Clowes, Chris Ware, Posy Simmonds, Nick Hornby, J.S. Foer etc. Curiosité piquée. Et quel est donc ce « projet » ? Créer un recueil de nouvelles aux airs de clichés instantanés. Un auteur et clic ! un portrait. Toutes ces formes d’écriture si particulières apposent formidablement leurs marques sur l’identité de chaque personnage. Ainsi, Frank n’a rien en commun avec Gordon qui ne ressemble pas plus à Lélé que Magda à Rhoda mais tous sont à connaître. Un ouvrage qui propose différents niveaux de difficulté de lecture.


« Faut-il manger les animaux? » Jonathan Safran Foer traduit de l’anglais (2tats-unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard

« Faut-il manger les animaux? » Jonathan Safran Foer traduit de l’anglais (États-unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard

Disponible en VO sous le titre « Eating animals »
Éditions l’Olivier

336 pages
22,00 Euros

FOER.gifAprès trois années de recherches, l’écrivain américain Jonathan Safran Foer nous livre un essai choc sur le traitement réservé aux animaux que nous mangeons.
Mélangeant l’enquête de terrain dans les fermes industrielles et les abattoirs, et l’autobiographie à partir de son rapport personnel à la nourriture, l’auteur nous décrit les horreurs observées qui l’ont mené à devenir végétarien.
Une lecture dont vous ne sortirez pas indemnes.


« Imperial Bedrooms », Bret Easton ELLIS

« Imperial Bedrooms », Bret Easton ELLIS

Éd. Picador

18,90 Euros

imperialbedrooms.jpgDécidément Bret Easton Ellis aime les transversalités. Ses personnages ne se résument jamais aux facettes montrées dans un ouvrage. Ils disparaissent et réapparaissent d’un roman à l’autre, dévoilant de manière inattendue leurs identités multiples. « Less than zero », premier roman paru en 1985, parlait de jeunes américains privilégiés à la dérive dans une violence croissante d’actes et de sentiments. Rien ne garantissait leur survie. Pourtant, dans ce premier roman, la fiction se dote d’une fausse dimension biographique. « Less than zero » aurait en fait relaté l’existence de personnes bien réelles. Bret Easton Ellis se donne le rôle de l’auteur tout puissant disposant sans vergogne des individus, exposant sans retenue leur part d’ombre sous prétexte qu’elle constitue un matériau d’écriture. À travers « Imperial Bedrooms », les personnages nous reviennent des années plus tard, dans la force de l’âge, afin qu’ils nous racontent les conséquences de cette cruelle mise à nu.


Sukkwan Island, David Vann

« Sukkwan Island », David Vann



Éditions Gallmeister

21,70 Euros

sukkwan.jpg
Un père souhaite faire table rase du passé, rêve d’un nouveau départ. Tout quitter et partir vivre un an de réclusion sur une île d’Alaska. Son fils de 13 ans refuse dans un premier temps de s’y soustraire mais accepte finalement le sacrifice de sa vie au nom de la faiblesse du père. Pendant des mois, il n’y aura que leurs individualités cruellement contraintes à une intimité malsaine et destructrice qui mènera à l’irréversible.
Un roman qui s’inscrit dans la pure tradition littéraire américaine faisant revivre les mythes de la Grande Prairie et de la Reconstruction qui lui sont chers. Une histoire de pionniers du XXIème siècle ayant l’honnêteté de montrer l’inaptitude de l’Homme moderne à retourner à la Nature sauvage. La folie est propice à s’y développer par le repli sur soi imposé à l’individu et l’abolition des règles sociales. Le rapport aux êtres aux matières vivantes sont d’une trop violente clarté, dépouillés du confort qui fait habituellement écran dans nos sociétés civilisées. La perte des repères et de la notion de responsabilité individuelle est alors aisée et est brillamment exposée dans ce roman de David Vann.
Notez que ce roman est disponible en « vo » sous le titre: « Legend of Suicid » à La Machine à Lire.