Le choix des libraires


La Place du leiko de Maria José Martinez

« La Place du leiko » de Maria José Martinez

Traduit de l’espagnol. Editions Ecole des Loisirs coll.Medium, 234 pages. 10€

ancibure.jpg Les suites de la guerre civile espagnole vues au travers des yeux d’une petite fille de 10 ans, Africa. Son père est militaire, catholique et franquiste, elle a une grande famille, gaie et animée. Sur la place devant chez elle se trouve un vieux cireur de chaussures, militant basque, du côté des vaincus. Avec lui elle va pouvoir discuter, argumenter sur les grands problèmes de la vie. Elle va pousser dans ses retranchements ce vieil homme bougon et méfiant qu’elle appelle leiko, mot basque qu’elle invente pour grand-père. Elle a plein d’idées un peu folles, trouver l’invention pour gagner la paix, par exemple et chaque fois laisse le vieil homme désarmé devant tant de joie de vivre de logique et d’opiniâtreté. Elle finira par percer sa carapace d’amertume et de douleur laissée par la guerre. Emotion, douceur et gravité sont les valeurs mises en avant dans ce roman, sans mièvrerie et avec beaucoup de gaité.

L'Etrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

« L’Etrange vie de Nobody Owens » de Neil Gaiman

Traduit de l’américain. Editions Albin Michel coll. Wiz, 320 pages. 13€50
L'ŽEtrange vie de Nobody Owens Voici le deuxième titre jeunesse de Neil Gaiman, auteur américain de science-fiction, après le très remarqué « Coraline » (même éditeur). L’auteur cultive un goût certain pour la noirceur et le morbide, l’histoire se déroule en effet dans un cimetière ! Jack, sinistre tueur au grand couteau, vient de massacrer toute une famille, il est à la recherche du petit dernier. Celui-ci, un an et demi, réveillé par le bruit et inconscient du danger, se promène tranquillement jusqu’au cimetière abandonné proche de sa maison. Là, les morts le découvrent et suppliés par le fantôme de sa mère, acceptent de le garder et même de l’élever. Celui qui s’appelle maintenant « Nobody Owens » va donc grandir en sécurité avec les morts de toutes les époques, loin des dangers du monde des vivants, mais un jour Jack reviendra … Pas de frayeur, on est bien loin de la série « Chair de poule » et Neil Gaiman a une vraie plume, tendre et magique et nous fait passer un moment délectable.

Ailleurs de Moka

« Ailleurs » de Moka

Ecole des Loisirs coll.Medium.318 pages. 11€
Ailleurs Il s’agit ici d’une trilogie, qui reprend trois titres de Moka sortis entre 1991 et 1994 « Ailleurs », « Le puits d’amour » et « A nous la belle vie » qui ont la même héroïne : Frankie, 15 ans, 1m80, 8 ans de judo et toute en muscles. Elle rêve de piloter un avion, n’a pas peur de faire « le coup de poing » et déteste l’hypocrisie, le racisme et les idées reçues. Sa vie familiale agitée la mène aux USA avec son père et sa soeur. Sa belle énergie et son caractère de cochon lui font vivre quelques expériences fortes et des rencontres enrichissantes voire troublantes. Se mettre dans le pétrin est aussi une de ses spécialités mais en fait c’est toujours pour aider quelqu’un. Ai-je dit qu’elle était extrêmement attachante ? Un certain Major David King, officier de navigation, sera un de ceux qui succomberont à son culot et à son charme… Une lecture tonique!

C'est pour toi que le rôdeur vient d'Adrienne Maria Vrettos

« C’est pour toi que le rôdeur vient » d’Adrienne Maria Vrettos

Traduit de l’américain.
éditions Thierry Magnier.
272pages. 11€
C'est pour toi que le rôdeur vient

Dans une petite ville américaine un groupe d’enfants est soudé, uni par le drame qui s’est passé 10 ans auparavant. Un assassin a tué l’un d’entre eux, surnommé le rôdeur, disparu depuis. Dylan est un peu à part dans le groupe car elle a, depuis cet événement, des visions chaque fois qu’un enfant est assassiné. Elle collabore discrètement avec la police et cache à ses amis ce don particulier. Avec les premières neiges il semblerait que le rôdeur soit revenu, Dylan va enfin en savoir plus sur la famille de sa mère et l’origine de ce pouvoir si lourd à supporter et, peut-être sauver la dernière victime. Un thriller efficace.

La couleur de l'aube de Yannick Lahens

« La couleur de l’aube » de Yannick Lahens

éditions Sabine Wespieser, 20 euros

la couleur de l'aube

Yannick Lahens nous parle d’Haïti, de sa misère, sa violence mais aussi de la rage de vivre de ses habitants,de leurs habitudes, de leusr espoirs… On entre dans l’histoire d’une famille, grâce aux voix de deux soeurs, l’une si raisonnable et l’autre si sensuelle que l’on comprend que ces traits ont été façonnés par la vie en Haïti.

Ces deux femmes se racontent, dans l’attente inquiète de leur jeune frère qui n’est pas rentré de la nuit.

Une femme de quelques vies de Jean Daive

« Une femme de quelques vies » de Jean Daive

Une femme de quelques vies

éditions Flammarion,
collection Poésie/Flammarion
18 euros

Une douceur. Une angoissante douceur. La solitude en quelque sorte. C’est ce qui nous saisit dès l’entame du texte et ne nous quitte plus alors même que nous en avons finit la lecture. Une femme, l’eau, une rivière, la forêt, l’eau, une goutte de pluie, une maison isolée, une femme encore, dans cette forêt, cette maison, à côté ou au milieu de cette eau. Jean Daive raconte. Ce n’est pas un récit, mais Jean Daive raconte. Cette eau, cette forêt, mais surtout cette femme, « une femme qui rêve/qui observe ou souffre/en écrivant ». Clichés, instantanés, tableaux, au fil des mots les images se succèdent et naît le portrait d’une femme, jusqu’à « une dernière/vision d’elle [...] toute droite/devant la prairie ».

Karitas sans titre Kristin Marja Baldursdottir

karitas sans titre

Karitas sans titre
Kristin Marja Baldursdottir

éditions Gaïa

Karitas est née en Islande au début du 20ème siècle. Dans un milieu où chacun se consacre au dur labeur de la pêche, Karitas se révèle talentueuse pour le dessin et grâce à sa ténacité et au concours d’une bienfaitrice, elle embarque pour le Danemark afin d’intégrer l’école des Beaux-Arts. A son retour, sans cesse contrariée dans son désir de peindre, Karitas ne renoncera jamais. Il s’agit du parcours de cette femme, éprise de liberté mais aussi de celui d’une famille, enfin de celui d’un couple surprenant.

La politesse des maisons

La politesse des maisons

Bénédicte Chaljub, Éditions Actes Sud 22 €

politesse.jpg

Ce livre est publié chez Actes Sud, dans la collection
L’Impensé, qui propose « une autre façon de penser l’architecture
et le paysage ». Cet ouvrage revient sur le parcours de Renée
Gailhoustet, une architecte engagée qui a longtemps œuvré
pour le logement social. De plus, un entretien et un abécédaire
richement illustré le rendent attrayant.

Chardin et Rembrandt

Chardin et Rembrandt

Marcel Proust, Éditions Bruit du temps 11 €


proust.jpg

Ce texte de Marcel Proust consiste en un article inachevé, rédigé
au début de la carrière littéraire de l’auteur, alors que celui-ci n’a
que 24 ans.
Marcel Proust s’adresse à son lecteur pour évoquer une visite
faite au Louvre et à travers l’éloge de Chardin et Rembrandt,
célèbre un certain art de vivre.
Ce livre soigné présente le texte de Proust accompagné de
reproductions des tableaux cités par l’auteur et suivi d’une postface
éclairante d’Alain Madeleine-Perdrillat.

La cuisine des bergers et des randonneurs

La cuisine des bergers et des randonneurs

Thierry Thorens, Éditions Actes Sud, 10 €


berger

Un petit livre pour vous rappeler que c’est pas parce qu’on fait de
la rando qu’on est condamné au Bolino ! Thierry Thorens nous
propose des recettes simples, faciles à faire avec trois fois rien et
surtout avec ce que vous aurez glané sur votre chemin de montagne.
Cet été : grimpez, hissez-vous haut au-dessus du monde
et… savourez !

La Reine des rêves

La Reine des rêves

Banerjee Chitra Banerjee,Éditions Piquier, 9 €


reine.jpg

C B Divakaruni nous emmène avec Rakhi au cœur de la vie américaine
tout en puisant dans sa culture indienne. Rakhi vit avec sa
fille Jona à Berkeley et vit une relation compliquée avec Sonny, le
père de cette dernière. Elle peint et travaille avec son amie Belle
dans le salon de thé indien qu’elles ont ouvert, la « Chaï House
». Mais surtout, sa mère est interprète des rêves, don qu’elle refuse
de partager… jusqu’à sa mort et la découverte d’un journal
intime.

Sur le sable

Sur le sable

Michelle Lesbre,Éditions Sabine Wespieser, 17 €


sable.jpg

Assis sur une dune, regardant l’incendie d’une maison, ces deux
inconnus-là font une pause et se laissent aller à se raconter à
eux-mêmes et à l’autre leurs vies. Simple comme une rencontre,
fort et lumineux comme les romans que nous a déjà donné à lire
Michelle Lesbre.

Régime Sec

Régime Sec

Dan Fante, Éditions 13e note, 19 €


regime

Sexe, drogue et rock’n’roll.
Voici le premier recueil de nouvelles du fils de John Fante : l’auteur
puise son inspiration dans son vécu de chauffeur de taxi alcoolisé
pour nous livrer des textes déjantés.

Journal d’Hélène Berr

Journal d’Hélène Berr

Éditions Points Seuil, 7 €


berr.jpg

En août 1942, Hélène Berr, jeune juive française, commence la
rédaction de son journal. Autour de ses études à Paris, ses amis
et ses histoires d’amour, se dessinent peu à peu les angoisses
liées aux lois anti-juives. Arrivent alors l’étoile jaune et les rafles.
Jusqu’à sa déportation en mars 1944, elle décrira son quotidien
troublé avec de nombreuses références littéraires et un grand
talent d’écriture.

Un petit tour du Proche-Orient

Un petit tour du Proche-Orient

Raphaël Krafft,Éditions Bleu autour, 18 €.


orient

Dans ce journal illustré de paysages et de visages croisés par
Raphaël Krafft entre Le Caire et Beyrouth, ce journaliste à vélo
nous fait découvrir une géographie intime et chaleureuse du Proche-
Orient, à la rencontre d’Égyptiens, de Jordaniens, d’Israéliens,
de Syriens mais aussi de Palestiniens éparpillés dans des frontières
qu’ils ne rêvent que de franchir.
Des voix et des visages loin des clichés de certains journaux
télévisés…
Pour revivre et continuer le voyage, nous espérons croiser à la
librairie avant la fin de l’année ce journaliste à vélo !

Nullarbor

Nullarbor

David Fauquemberg,Éditions Folio Gallimard, 6 €


null.jpg

Partez avec David Fauquemberg, sac au dos pour la Nullarbor,
vaste plaine désertique de l’ouest australien, où seule la nature
hostile est reine.
Préparez-vous au pire, avec une campagne de pêche sur
l’océan Indien qui vire au cauchemar, comme au rêve grâce à sa
rencontre avec des Aborigènes qui vont l’initier à leurs coutumes
et un monde surnaturel.
Avec ce livre, nous sommes bien loin des clichés et il vous permettra,
à coup sûr de vous échapper vers d’autres mondes…

Le travail de l’Utopie Godin, le familistère de Guise

Le travail de l’Utopie Godin, le familistère de Guise

Lallement Michel, Éditions Belles Lettres, 29 €.


godin.jpg
Cette utopie de palais social paraît bien loin des préoccupations
patronales d’aujourd’hui. Loger confortablement ses salariés, créer
une vie sociale et pratique pour tous avec une « sécurité sociale »
avant l’heure, permettre l’accès à une bonne éducation pour tous,
de nombreux loisirs (…) tel était le projet de Jean-Baptiste-André
Godin avec son familistère de guise, à côté de son usine d’appareils
de chauffage. C’est cette aventure que nous retrouvons
dans ce livre.

La nature humaine, une illusion occidentale

La nature humaine, une illusion occidentale

Marshall Sahlins, Éditions de l’Eclat, 10 €

nature .jpg

Cet anthropologue nous livre des « réflexions sur l’histoire
des concepts de hiérarchie et d’égalité, sur la sublimation de
l’anarchie en Occident et essais de comparaisons avec d’autres
conceptions de la nature humaine.»
(Laurent Jeanpierre)

La vieille dame qui ne voulait pas mourir

La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de
l’avoir refait

Margot Marguerite,
éditions La manufacture de livres, 22,90 €

dame .jpg
« Tous les ingrédients d’un bon roman noir sont ici présents où
s’entremêlent corruption de politiques véreux et collusion avec
des malfrats de tout poil, flics pourris, sauvagerie meurtrière, vengeance
au nom du sang, luttes de clans, instinct de survie. Mais la
recette est réussie grâce aux épices et saveurs particulières pour
lier tout cela : humour, mélange des genres avec un arrière fond
de politique nous ramenant aux heures chaudes des luttes résistantes
et révolutionnaires contre tout oppresseur et en particulier
le colonialisme, dénonciation du racisme et de l’antisémitisme,
vieille amitié solide à toute épreuve entre un vieux couple juif et la
famille noire, des Papys et Mammys qui manient le flingue mieux
que quiconque avec des trucs que seuls les vrais révolutionnaires
connaissent. […] Ce livre se déguste sans modération. »
(Gérard Szabason – Polar Hard Boiled)

L’homme qui exauce les vœux

L’homme qui exauce les vœux

Tarquin Hall, Éditions 10/18, 8,60€

homme.jpg
Vish Puri, le meilleur privé autoproclamé de toute l’Inde, enquête habituellement sur la moralité des futurs gendres de familles riches.
Dans ces milieux de la nouvelle économie indienne où un mariage peut compter 2000 invités et où l’animation est assurée par Céline Dion (!), mieux vaut être certain de ne pas tomber sur un escroc…C’est dans ce cadre qu’opérera notre homme.
Avec ce nouveau personnage nous avons une véritable coupe transversale de la société indienne entre luxe et pauvreté.

Le choeur des femmes, M WINCKLER, éd. POL.

« Le choeur des femmes » , M WINCKLER, éd. POL.

I-Miniature-8623-le-choeur-des-femmes.aspx
Le Dr Jean Atwood, chirurgien, doit finir son internat dans le service du Dr Franz Kama, spécialisé en « médecine de femmes ». Très brillant, il pense gaspiller son temps à écouter des histoires de bonnes femmes pendant 6 mois.
Le roman alterne les voix des 2 médecins et celles des patientes sous forme de dialogue, pensées intérieures, chansons aphorismes. On est dans le même univers que « La maladie de Sachs », avec la même force de conviction. Comme à chaque fois, Winckler nous embarque par son engagement et son habileté narrative.

Le sommeil du caïman, Antonio SOLER

« Le sommeil du caïman » , Antonio SOLER

Ed Albin Michel
fiche.php

Toronto, de nos jours. Le narrateur, réceptionniste dans un hôtel, croit reconnaître un homme surgi de son lointain passé. Plongeant dans ses souvenirs, il revit alors comme une hallucination les années sombres du franquisme qui l’ont conduit à la prison, la torture et l’exil et revoit défiler son enfance. Histoire de trahison et de solitude, ce texte sous tension, intelligent et beau, continue à résonner longtemps après avoir découvert ses dernière pages…

« Je refais le chemin. Ce soir je refais mentalement ce voyage (…) Je voyais passer des êtres vivants par la vitre de l’autobus. Des enfants marchant par des sentiers étroits et ombragés, des hommes conduisant des camionnettes comme si le monde était parfait(…) ».

Par l’auteur du « Chemin des Anglais » Prix Nadal en Espagne

La vaine attente, Nadeem Aslam

« La vaine attente », Nadeem ASLAM

Ed. du Seuil
veine.jpg

Afghanistan, de nos jours. Un vieil homme pleure sa femme tuée par les talibans et sa fille enlevée par les Russes des années auparavant. Enfermé dans sa demeure aux murs ornés de fresques cachées et aux plafonds tapissés de livres cloués, il recherche son petit fils qu’il n’a jamais connu.
Cette histoire bouleversante, cruelle et politique nous plonge dans un pays ravagé par de trop longues guerres meurtrières. Mais le retour de l’humanité et de la fraternité nous sont assurés si de tels livres voient le jour

Par l’auteur de « la Cité des amants perdus »

Envoyée spéciale en Mandchourie, Ella Maillart.

« Envoyée spéciale en Mandchourie », Ella MAILLART.

Editions Zoé

mandchourie.JPG

Ecrivaine, photographe et journaliste, Ella Maillart obtient en 1934 un contrat « d’envoyée spéciale en Mandchourie » pour le quotidien le « Petit Parisien ».
De son voyage dans ce vaste territoire du Nord-Est de l’Asie, elle nous livre ce carnet de route qui nous depeint toute la complexité et la beauté de ce pays, mais surtout le courage et la détermination de cette aventurière.

La Ville absente, Ricardo Piglia, traduit de l’espagnol (Argentine) par François-Michel Durazzo, ed. Zulma

« La Ville absente », Ricardo PIGLIA, traduit de l’espagnol (Argentine) par François-Michel DURAZZO,

Editions Zulma

Junior, journaliste à El Mundo, enquête sur une machine à fabriquer des récits. La volonté acharnée de la dictature au pouvoir de réduire au silence la machine et des appels téléphoniques lui révélant de nouveaux indices vont le pousser à se consacrer entièrement à la résolution du mystère. Au cours de ses recherches il croisera un gangster coréen, des jeunes femmes détruites par l’oppression politique ou familiale et des ingénieurs exilés, s’enfonçant toujours un peu plus dans l’étrangeté des récits de la machine.
Placé sous la figure tutélaire de Macedonio Fernández, auteur argentin du début du siècle (publié en France chez José Corti), ce livre nous permet aussi de croiser l’oeuvre d’ Edgar Alan Poe ou le livre mythique de la littérature argentine, Martin Fierro. À l’heure où l’on ne cesse de vanter les mérites d’une littérature en prise avec le réel, ce livre de Ricardo Piglia nous propose une autre voie, celle d’une littérature qui, sans ignorer le monde et l’ Histoire, parle de la littérature elle-même, de sa force, de son pouvoir.

Inventions nouvelles et dernières nouveautés, Gaston de Pawlowski.

« Inventions nouvelles et dernières nouveautés », Gaston de PAWLOWSKI.

Ed Finitude 13,50 Euros

Pawlowski-Inventions.jpg
« Nos bijoutiers sont enchantés. On vient d’inventer une nouvelle bague à roulement à billes, qui se placera sur chaque pouce. Ce nouveau dispositif, bien réglé, permettrait de se tourner les pouces durant des heures dans la moindre fatigue et sans danger d’échauffement. Cette mode nouvelle sera bien accueillie, on peut être persuadé, par tous les rentiers désœuvrés. »

Voici l’une des nombreuses inventions contenues dans cet ouvrage et rédigées par Gaston de Pawlowski, un auteur un peu oublié aujourd’hui, grand voyageur, grand sportif, érudit et curieux de tout….Ouvrez ce livre et délectez-vous avec ces textes courts, où l’humour et l’absurde se côtoient admirablement bien.

Pierre Peuchmaurd témoin élégant, Laurent Albarracin

« Pierre Peuchmaurd témoin élégant », Laurent ALBARRACIN

Ed l’Oie de Cravan, 8 euros

Le+Moineau+par+les+cornes,+de+Pierre+Peuchmaurd,+éditions+Pierre+Mainard+2007.jpg

« Dans le tropisme de Peuchmaurd, il y a comme une tension entre la Bretagne et la Chine, entre l’engagement chevaleresque (le désir, le merveilleux) et le retrait (la mélancolie). La poésie ne vise ni l’indifférence, ni la sagesse, ni le bonheur. Elle ne vise que le monde tel qu’il est, étrange et naturel, effrayant et merveilleux. »

Ces mots sont de Laurent Albarracin, auteur d’un texte éclairant sur la poésie de Pierre Peuchmaurd. Prenez en main ce petit ouvrage qui nous arrive du Québec et plongez dans l’univers de ce grand poète français disparu récemment. Et ne vous arrêtez pas en si bon chemin : prenez le temps de lire les poèmes, les aphorismes, les articles et autres écrits que cet homme nous a laissés.

Ce que je sais de Vera Candida

« Ce que je sais de Vera Candida », Véronique OVALDÉ

Ed. Olivier
vera.jpg

Trois portrait de femmes-mères. Rose Bustamente, prostituée puis pêcheuse, Vera à élevé seule sa fille Violette puis sa petite fille Vera Candida. A son tour Vera quittera à 15 ans son île Vatapuna, pour donner la vie a Monica Rose.
Jeronimo et Itxaga, les personnages masculins qui traversent ce livre, ne sont pas des anges.
Toute l’histoire se déroule sur fond tropical d’une île et d’une petite ville Sud-Américaine.
Une écriture enlevée, qui nous fait baigner dans cette ambiance moite.

Des Hommes

« Des hommes », Laurent MAUVIGNIER

Ed. de Minuit
hommes.jpg
1960, c’est le départ vers l’Algérie de Bernard alias « Feu de bois », Rabut et Février, tous jeunes appelés.
A leur retour ils se replient sur leur silence et essaient de construire leur vie. Mais 40 ans aprés, Solange la soeur de Bernard fête son anniversaire et tout dérappe; le passé refait surface, les rancoeurs familiales et les souvenirs de guerre.
Une écriture accomplie et une justesse de ton pour évoquer un sujet délicat.

Cadence, S. Velut éditions Bourgois

Cadence, Stéphane VELUT

éditions Bourgois velut.jpg
En 1933, à Munich, à la demande du Führer, un peintre a accepté de réaliser le portrait d’un jeune modèle doté de tous les attributs aryens. Cadence est le journal de cet artiste. Ce dernier ne se contentera pas d’exécuter simplement le portrait de cette jeune fille. Il souhaite en faire une poupée qui ferme les yeux quand on la couche, une marionnette dont il pourra tirer les ficelles comme bon lui semble.
Le lecteur devient le témoin de ce lent processus de déshumanisation et de soumission dont la réalisation est menée avec la régularité d’un métronome pendant que le monde gronde à l’extérieur de l’atelier.

Cadence est un texte fascinant et glaçant, Stéphane Velut un auteur à suivre absolument.

« Trafic sordide », Simon LEWIS

« Trafic sordide », Simon LEWIS

Ed Actes Sud

trafic sordide.jpgPour une fois, l’exotisme de ce polar n’est pas la découverte d’une civilisation lointaine ou antique. C’est la culture occidentale qui sera jugée et jaugée par l’inspecteur Jian. Ce dernier est un flic chinois corrompu et sûr de son pouvoir sur son territoire, mais il va devoir partir pour l’Angleterre car sa fille y étudie et lui a passé un coup de fil alarmant.
Il ne connaît ni la langue, ni les coutumes du pays. Dépourvu de son autorité habituelle il va se trouver mélé à un trafic d’êtres humains, immigrés illégaux utilisés comme main d’oeuvre.
Ce « dirty Harry » à la chinoise, à l’humour involontaire et en situation irrégulière va user de tous les moyens pour sauver sa fille.

Grand Homme

« Grand Homme », Chloé HOOPER

éd. Bourgois

lafargue.jpg
Novembre 2007. Palm Island, au NE de l’Australie.
Tout commençe par une mort. Celle de Cameron Doomadgee, jeune aborigène, qui succombe aux coups portés par Chris Hurley, brigadier chef.
Cela aurait pû en rester là. Chloé Hooper va en décider autrement.
Pendant 2 ans, elle va partir à la rencontre de la famille de Cameron, suivre l’interminable procés, témoigner de ce qui ne se dit pas.
Il s’agit bien là d’un récit édifiant de la destruction du peuple aborigène et de sa culture (par la colonisation occidentale), mais encore plus du récit d’une injustice restée, en partie, impunie grâçe au témoignage de Chloé Hooper. Un livre dont on ne ressort pas indemne.

« Lock the lock » T TRANTINO

« Lock the lock » Tommy TRANTINO

13e notes éditions

lock.jpegSous influence de la Beat Generation (Kerouac, Burroughs, Ginsberg), Trantino nous présente ses carnets de prison. Récits de son passé tumultueux, poèmes, dessins, fantasmes et délires, ce condamné à mort (gracié et libéré en 2001) se livre sans tabou… ni remords. « Lock the lock », plus qu’un objet littéraire singulier est une célébration de l’envie depuis le couloir de la mort.

« Dans les ombres sylvestres », Jérôme Lafargue

« Dans les ombres sylvestres », Jérôme LAFARGUE

Ed. Quidam

lafargue.jpgLa satisfaction d’avoir déniché la perle rare, le plaisir de rencontrer un texte, l’engouement pour un auteur, l’envie de faire du prosélytisme à tout crin c’est surtout ça qui nous fait lever le rideau de nos librairies tous les matins.

Le responsable de cet enthousiasme est Jérôme Lafargue, qui a écrit « Dans les ombres sylvestres » chez Quidam. Il y est question de forêt qui respire, de la puissance de l’océan, de la complexité de la nature humaine, de révolution, de pouvoir du verbe. Envoûtant, déroutant, facétieux, bigrement malin et jubilatoire, voilà les qualificatifs qui me viennent à l’esprit.

Enfin, les lecteurs de ce roman comprendront que ce conseil est un peu plus que l’acte de générosité d’une libraire qui souhaite partager son plaisir.

« Ebru » Attila Durak,

« Ebru » Attila DURAK,

Ed Actes Sud
durak.jpgAu cours de six années, entre 2000 et 2007, l’artiste turc Attila Durak a sillonné son pays avec un dessein ambitieux : capter la richesse de la diversité culturelle en Turquie. De son projet, Ebru (du nom d’une technique picturale complexe signifiant « papier marbré »), résulte un cortège de portraits et tous ces visages, appartenant à des personnes issues de milieux culturels et sociaux différents, nous racontent des histoires. La franchise dans les regards impressionne et semble inviter le lecteur à pénétrer plus avant dans la connaissance de la Turquie d’aujourd’hui et des peuples qui la composent. Les photos d’Attila Durak sont accompagnées de textes d’artistes et d’intellectuels turcs qui ont offert leurs souvenirs, leurs impressions et John Berger a rédigé une préface comme un poème. Il s’agit enfin d’une plongée parmi les tissus, les couleurs et les nombreuses musiques du pays grâce au CD qui vient clore l’ouvrage.

« Le club des incorrigibles optimistes » Jean-Michel Guenassia

« Le club des incorrigibles optimistes » Jean-Michel GUENASSIA

Editions Albin Michel

incorrigibles.jpgN’hésitez pas à entrer dans ce roman de 750 pages. Très rapidement vous serez sous le charme de cette chronique des années 60, de son atmosphère et de ses personnages.
Lors des obsèques de Sartre, Michel se rappelle l’arrière-salle du Balto où se réunissaient un groupe d’hommes ayant fuit le bloc de l’Est. Ils se retrouvent pour jouer aux échecs, ainsi que Sartre et Kessel qui les aident discrètement. Tous ont laissé de l’autre côté une famille, un métier, une passion. Au club deux règles : on parle français et on n’évoque pas le passé. Pourtant, leurs destins sont formidables et nous font partager un morceau de l’histoire du XXème siècle. On ne les quitte qu’à regret, avec la tentation de replonger de suite dans la scène d’ouverture !

« Comme un fracas, une chronique » Jacques-Henri Michot

« Comme un fracas, une chronique » de Jacques-Henri Michot

éd Al Dante
Comme-un-fracas-183x300.jpgUne chronique donc, tenue chaque jour ou presque entre avril et octobre 2008 puis sporadiquement jusqu’au 29 avril 2009. Un fracas également, celui du monde, celui d’une année, celui de l’Histoire. Puisqu’il est ici beaucoup question d’Histoire, celle de la Commune de Paris et de sa répression sanglante, celle de la révolution Spartakiste et de sa répression sanglante, celle de nombreuses autres révolutions et de leurs systématiques et impitoyables répressions sanglantes. Les dates sont bien souvent, pour Michot, l’occasion de se remémorer et de nous rappeler certains événements, soulignant au passage le fossé entre la mémoire officielle et la mémoire du peuple. Ainsi, le 17 octobre alors qu’une encyclopédie choisit dans son éphéméride le 17 octobre 1968 et la victoire de Colette Besson aux Jeux Olympiques, Michot préfère se souvenir du 17 octobre 1961 « une des pages les plus noires et les plus longtemps cachées de l’histoire de notre pays ».
Michot revient également souvent sur le triste déroulement de cette année. Il nous parle alors de l’enfermement de Marina Petrella et de l’acharnement sur les militants des années 70, en Italie comme en France, il réagit à « l’opération » de l’armée israélienne dans la bande Gaza, dénommée « Plomb durci » et à propos de laquelle il note ceci, le 28 décembre: « j’ai entendu aux informations télévisées cette phrase / chacun enterre ses morts/ quatre mots pour construire une bien étrange symétrie une équivalence des plus douteuse puisqu’il y a eu 320 morts d’un côté et un de l’autre [...] une fois de plus une fois de plus dans ma tête c’est irréel c’est irréel ».
Ce qui nous frappe dans cet ouvrage c’est bien sûr le reflet de cette noirceur du monde et de son Histoire mais c’est également la grande érudition de Michot. Qu’il dérive dans le détail d’une sonate qu’il a écouté le matin même, qu’il nous parle de Coltrane ou de Mozart, ou qu’il cite, comme il le fait souvent des phrases de Michaux, Kafka ou Walser, il attise sans cesse notre curiosité et nous pousse à ne jamais s’arrêter de lire et d’écouter de nouvelles oeuvres.
Ce texte nous permet de ne jamais oublier les horreurs du monde, qui nous rappelle l’émotion que peut susciter l’art, la littérature ou la musique et à la fin duquel nous devons faire face à cette triste réalité qui veut que jamais nous n’aurons le temps de lire et d’écouter toutes les oeuvres qui en valent la peine.

« Boulevard des branques », Patrick Pécherot

« Boulevard des branques », Patrick Pécherot

Folio Gallimard.

bldbranques.jpgEn 1940, à Paris et sur les routes de l’exode le détective Nestor mène l’enquête. Les trains convoient d’étranges figures, en particulier des fous en mal d’asile.
On retrouve des rescapés de la guerre d’Espagne, des collabos, des nazis, de vrais fous et des truands. Dans la langue du Paris populaire, nous suivons Nestor et Yvette sa secrétaire jusqu’au boulevard des branques, la Salpétrière. Chaque page est un vrai dictionnaire d’argot. Faux suicide ou vrai meurtre, trésor caché dans la mémoire d’amnésiques internés à l’asile, on rit beaucoup et on retrouve au passage quelques figures historiques.

« Rencontres avec l’archidruide », John Mac Phee

« Rencontres avec l’archidruide », John Mac Phee

Ed Gallsmeister
22,90 euros
rencontresarchidruide.jpgL’auteur, pionnier du Nouveau Journalisme, prix Pulitzer en 1999, rend compte à travers trois récits, de la personnalité de l’archidruide David Brower. Inconnu chez nous, il fut un défenseur des grands espaces américains. Chaque texte « une montagne », « une île », « une rivière » est une description superbe du lieu en question, mais aussi un dialogue entre l’Archidruide et un opposant à son point de vue. La confrontation entre ses personnalités remarquables, chacun s’exprimant avec intégrité est subtile et brillante. Publié en 1971, ce texte de Nature Writing est une nouvelle découverte de l’excellente maison Gallsmeister.

Ma grand-mere

« Ma grand-mère »

Séverine Thévenet
Photographies de Serge Gutwirth
Ed. La cabane sur le chien
11 euros
thevenet.jpg

Dans cet album étonnant et touchant, l’auteure se met en scène flanquée d’une marionnette grandeur nature de « Mamie Violette ». Elle explore les rapports d’une petite fille et de sa grand-mère qui perd légèrement la mémoire.
« Elle dit qu’un jour, elle s’en ira, qu’elle s’envolera… Moi je mets du sable et des cailloux dans son cabas, pour pas qu’elle s’envole, pour qu’elle reste avec moi… »
Une vision très poétique de la vieillesse et de la mort.

« Miss Catastrophe », B

« Miss Catastrophe », Béatrice Hammer

Ed Alice Jeunesse
8 euros
miss catastrophe.jpgDans ce court roman pour les 9-11 ans, nous suivons les déboires de Noémie partie d’un mauvais pied dans la vie. Depuis ses premiers pas, ses parents, amis et enseignants l’enferment dans le rôle de la maladroite. Difficile de s’affirmer et de dépasser ce « handicap ».
L’héroïne, très touchante, est bouleversée par un spectacle de cirque et va trouver là le moyen de s’affranchir, portée par l’envie de devenir jongleuse ou acrobate.
Ce roman permet l’espoir, le temps que les difficultés de l’enfance disparaissent, toutes insurmontables qu’elles paraissent!

« L’offense » Ricardo Menendez Salmon

« L’offense » de Ricardo Menendez Salmon

Ed Actes Sud
15 euros
offense.jpg1er septembre 1939, Kurt Crüwell est appelé sous les drapeaux allemands. Jeune soldat naïf, il assiste au martyre d’un village français et perd aussitôt toute sensibilité. Devenu inutile pour l’armée, il est alors placé dans un sanatorium où il tente de survivre en étant devenu « une créature purement mentale ». Court roman vif et incisif, l’offense, contenue dans une larme, trouve sa fin tragique lors d’un cauchemar halluciné digne d’un film de David Lynch. Beau et entêtant.

« Je ne t’ai pas vu hier

« Je ne t’ai pas vu hier dans Babylone »

Antonio Lobo Autunes
Ed Bourgois
28 euros
autunes.jpg
« Il doit être minuit parce que les bruits, ceux du jardin, ceux de la maison et ceux de ma femme qui a fait partir les chiens en les fouettant légèrement avec une branche – fichez moi le camp
Elle a attaché la chienne en chaleur dans le garage et je parie qu’elle s’est couchée parce que pas de lumière dans le couloir ni dans la chambre dans laquelle je ne pénètre plus depuis des siècles (…) »
Des voix dans une nuit portugaise se font écho jusqu’au petit matin. Des bribes de vies qui s’échappent de corps lourds du passé comme des fantômes flottants autour de lits vides. De minuit à six heures du matin, des chants de douleur, de frustrations et de désirs qui se glissent hors du livre et s’impriment en nous. Une écriture magnifique et un bonheur de lecture comme rarement il est offert l’occasion d’en lire. Un mausolée, un monument, hanté.

« Blankets » Craig Thompson

« Blankets » Craig Thompson

Ed Casterman
35 euros
blankets_01.jpgCraig Thompson nous embarque dans le Wisconsin, région où  » y en a qui disent que les QUATRE SAISONS (…) sont le début de l’hiver, la fin de l’hiver, la mi-hiver, la fin de l’hiver et le PROCHAIN hiver ». Et de fait, tout est froid dans l’enfance de Craig: la ferme isolée où il habite avec son frère et ses parents, son père, homme très autoritaire, la ville, l’école où règnent l’étroitesse d’esprit, l’intolérance et la violence. Craig mène donc sa vie de persécuté et culpabilise à tout va à cause du rigorisme catholique dans lequel il évolue. Sa seule échappatoire: le dessin.
Et puis, dans une colonie religieuse, il croise la belle Raina. Issue d’une famille où on lui confie trop de responsabilités pour son âge, elle illumine Craig. Nous voici le témoins privilégiés de ce premier amour. En dire plus serait vous gâcher le plaisir…

« Le miracle de San Gennaro », Sándor Márai

« Le miracle de San Gennaro », Sándor Márai

Ed Albin Michel
20,90 euros
miracle.jpgEn 1948, alors que Sándor Márai fuit la Hongrie, il va passer plusieurs années dans les environs de Naples, avant d’émigrer pour les États-Unis.Ce long séjour va fortement l’influencer et donner le ton de ce roman.
Le thème principal est bien l’exil et le déracinement. Mais grâce à une galerie de portraits d’hommes et de femmes simples et démunis, l’auteur nous parle aussi de son amour pour Naples et ses habitants qui vivent au rythme de la religion et de la tradition.
En parallèle à ces portraits, on y découvre un couple d’étrangers. Nul ne sait d’où ils viennent. L’homme est retrouvé mort au pied d’une falaise. S’en suit une enquête qui va dégager un portrait complexe de ce réfugié dont l’exil douloureux lui aura été fatal.
Un roman d’une grande humanité, largement autobiographique.

« Insectes en moi », Akino Kondoh

« Les Insectes en moi », Akino Kondoh

Ed Le Lézard noir
17 euros
insectes.jpgUne découverte de l’univers fantasmagorique et introspectif d’Akino Kondoh, jeune mangaka de talent, couplée d’une découverte de son oeuvre picturale et vidéo ayant déjà su trouver sa place dans le monde de l’art.
Huit histoires se faisant écho autour d’Eiko, personnage favori de l’auteur dans lequel elle se projette. Akino Kondoh raconte son oeuvre: elle est et se contemple perpétuellement. Et tous ces insectes en elle sont ses peurs de petite fille, ses doutes d’adulte, ses rêveries, les fruits doux-amers de son imagination fertile. Eiko a en commun avec Akino une coccinelle morte dans un four à micro-ondes et le goût dans sa bouche du sang jaune jailli des pattes, le goût de la peur.
Cette histoire l’obsède et les coccinelles ne cessent d’hanter son dessin, cet album et son oeuvre.
Bien loin d’effrayer, Akino Kondoh a l’art de bercer, de narrer des cauchemars trop proches du rêve et de la poésie. La frontière est floue et n’est pas sans rappeler l’exquise chute d’Alice, comme si nous étions là encore de l’autre côté du miroir.

« Les intellectuels contre la gauche » Michaël Christofferson

« Les intellectuels contre la gauche » Michaël Christofferson

Coll Contre-Feux
Ed Agone
25 euros
intelgaiche.jpgMichaël Christofferson décrit comment les intellectuels de gauche au cours des années 70 établissent un lien entre l’idéologie communiste et révolutionnaire et le totalitarisme; la publication de « L’Archipel du Goulag » d’Alexandre Soljenitsyne en étant le preuve irréfutable. Ce mouvement antitotalitaire qui engendre un processus de discrédit du PC légitime au passage une inclination à droite d’intellectuels communistes repentis et participe à faciliter la victoire du PS en 1981.
Notre historien montre comment le concept d’antitotalitarisme est instrumentalisé à des fins politiques, voire personnelles. Ce travail mené avec minutie s’avère passionnant et tristement révélateur: ces intellectuels de gauche, en passant tant d’énergie à s’insurger et lutter contre cette idéologie totalitariste en ont totalement oublié de réfléchir à ce qui pourrait rendre notre monde meilleur.

 » Coupes claires » de Véronique Gentil

« Coupes claires » de Véronique Gentil

Ed Pierre Mainard
10 euros

CouvCoupesClaires.JPGVéronique Gentil relate l’histoire d’une femme quittée par celui qui a été à ses côtés, ses mots évoquent le cheminement qui suit la rupture, nécessaire, pour atteindre cette existence qui vient après les souvenirs, après la douleur née de l’absence : »cela qui me fait penser à toi/même quand/je ne voudrais pas. »
À lire certains vers, on pense aux poétesses de la Renaissance, Christine de Pisan ou Marguerite de Navarre : « j’ai perdu mon ami/la joie m’a laissée ». La nature, les gestes qui accompagnent une vie à la campagne, le défilé des saisons, sont omniprésents dans ce texte où l’on s’attache à cette femme animée d’une grande force: « je ne suis pas triste/je n’ai pas pris la dureté du caillou. » Enfin, le temps fait son oeuvre, ne guérit pas mais éloigne irrémédiablement du moment de la séparation, amène au-delà: « je prends part un peu/à la lumière/au silence chaud/enfin je suis d’un point où tu n’es pas. »

Sciences humaines

« Proudhon, l’enfant terrible du socialisme », A-M. CHAMBOST

éditions Armand Colin
23 Euros

proudhon.jpgDe 1809 à 1865, Proudhon connaît cinq régimes politiques différents qui le font réagir aux conditions de vie de la classe ouvrière, tout en s’opposant à Marx. Cet autodidacte d’origine modeste s’est essayé à la théologie, la philosophie, l’économie… et on a finalement retenu de lui cette formule: « La propriété, c’est le vol, Dieu, c’est le mal ». Un esprit libre, révolutionnaire et utopique, père des mouvements anarchistes, tel est Pierre Joseph Proudhon.

Sciences Humaines

« La mondaine, Histoires et archives de la Police des Moeurs » V. Willemin

éditions Hoëbeke
30 Euros
mondaine.jpgUne véritable histoire de la police des moeurs de la fin du XVIIIème siècle à nos jours. De la surveillance des maisons closes à celle des personnalités en vue, du contrôle du monde de la nuit, à celui de l’argent, aux clubs échangistes…
Une histoire passionnante à travers les affaires les plus chaudes qui ont défrayé la chronique.

Sciences humaines

« Aux origines de la sexualité », sous la direction de P-H GOUYON

Editions Fayard
50 Euros

sexualité.jpg« Le sexe n’est pas tout dans la vie, et pourtant que serait la vie sans sexe? » N’est-il pas aussi synonyme de mort? A-t-on réellement besoin de la sexualité pour créer la vie? La question de nos origines est commune et constante. Comme élément de réponse, vous lirez une étude de la sexualité depuis le microscopique jusqu’à l’humain. Un déploiement de problématiques passées ou contemporaines dans les domaines des sciences, des sciences sociales et de la théologie. Cet ouvrage est fidèle aux précédents titres parus dans la même collection quant à son exhaustivité et sa richesse iconographique.

Littérature

« Oeuvres complètes: romans, nouvelles, essais, correspondance » F.O’Connor, collections Quarto,

Gallimard
29,90 euros

oRomancière du Sud des Etats-Unis, Flannery O’Connor s’attache à décrire la vie des petites gens de l’Amérique rurale des années 40 et 50. La ségrégation raciale, la violence des campagnes, la pauvreté et le poids de la religion sont au coeur de son écriture. Elle-même fervente catholique dans un sud majoritairement protestant (la plupart de ses essais ont pour thèmes la littérature et la religion), elle ne cesse de dénoncer les faux prêcheurs et les manipulations des esprits simples et naïfs. Elle partage avec Carson McCullers le goût des âmes blessées et les souffrances d’une longue maladie qui l’emporte à l’âge de 39 ans.
« Une observatrice de sa trempe ne pouvait laisser passer sans sourciller l’espèce de faune grand-guignolesque que le vieux sud drainait et draine encore aujourd’hui: tous ces pasteurs improvisés, ces illuminés itinérants (…) qui donnent de la foi et de la religion une image caricaturale ravageuse pour les gens simples, ignorants, incrédules. » Guy Goeffette dans sa préface ne peut mieux nous ouvrir les portes de l’univers de Flennry O’ Connor et nous inviter à découvrir cette consoeur de William Faulkner.

Littérature

« Sainte Famille », J FORTON,

éditions Finitude,
17 euros
Sainte-famille.jpgBienvenue chez les Maliniers, famille bordelaise à la façade bien respectable. Jean Forton décortique
malignement l’intimité de ces personnages et nous fait pénétrer dans un monde bien moins noble qu’il ne voudrait l’être. Cela moque, cela pique, c’est bon et délectable. Merci aux éditions Finitude d’avoir publié ce roman, jusqu’ici inédit.

Littérature

« Insectes choisis, myriades d’oiseaux », UTAMARO

éditions Piquier,
39 euros

utamaro.jpgDans ce précieux coffret, vous trouverez, reproduites en fac-similé, les estampes originales de deux albums d’Utamaro, connu pour se représentations des courtisanes japonaises. A ce travail, d’un réalisme à faire pâlir les naturalistes, est associé un ensemble de poème burlesques, des ‘Kyoka’. Ainsi une cinquantaine de poètes rivalisent pour décrire leurs sentiments envers les courtisanes, en associant leur caractère à ceux des oiseaux et des insectes. Cette oeuvre de toute beauté est issue de la collection du couturier Jacques Doucet et accompagné d’un livret très complet sur ce travail. Mais avant tout, admirez la qualité de la gravure et appréciez ce mélange de peinture, de poésie et de calligraphie.

Polar

« Un pied au paradis », R.RASH, ,

éditions du Masque
10 euros

pied paradis.jpgRoman de terroir, mais du Sud des Etats-Unis, dans les Appalaches des années 50. La vallée va disparaître, noyée sous les eaux d’un barrage. Les habitants survivent dans la misère et sous le feu de la sécheresse. C’est sûr, Holland Winchester est mort, mais où est le corps? Cinq voix font vivre ce drame de la jalousie et de la vengeance. Un premier roman superbe aux accents de tragédie grecque.

Polar

« Meurtres en bleu marine », C.J. BOX, ,

collection Points , éditions du Seuil
7,80 Euros
meurtresbleu.jpgDeux gamins en vadrouille sont témoins d’un meurtre, les assassins sont d’anciens flics à la retraite ayant quitté Los Angeles pour le lointain Wyoming. La seule personne pouvant les aider est un vieux rancher qui prend lentement la mesure du guêpier dans lequel ils sont tombés. Sans effet excessif, l’angoisse et le suspense progressent de manière très efficace, les personnages sont attachants et le plaisir de lecture au rendez-vous.

Humour

« Les moustiques n’aiment pas les applaudissements », A. DERRIERE,

éditions du Castor Astral,
12,90 euros
moustiques.jpgUn grand merci aux éditions du Castor Astral de nous faire découvrir Auguste Derrière, natif de Bordeaux, injustement oublié de nos jours. Maximes, dictons, blagues, aphorismes, encarts publicitaires… autant de traits de génie! Oubliez la crise et les malheurs du monde le temps de quelques phrases hilarantes. Offrez-vous un passeport pour un voyage au pays de l’absurde! Et surtout, lisez la préface d’Albert Muddah, éminent spécialiste de votre serviteur, l’Auguste Derrière…

Pratique

« Almanach interculturel », F. VALERY et l’Association Promo-Femmes Saint Michel,

éditions de l’Attente
14,50 Euros
Cet almanach est le fruit de la collecte de témoignages de femmes de l’association Promo-Femmes Saint Michel. Vous aurez le loisir d’y découvrir jour après jour les astuces, recettes, histoires, devinettes de femmes de 35 pays différents. De quoi ouvrir une fenêtre sur l’autre tous les matins de cette année à venir.

Pratique

« Cuisine de l’automne, Cuisine de l’hiver »

éditions J’ai lu
8 Euros

cuisinezlhiverjpg.jpgDepuis toujours vous aimez les précieux petits ouvrages des éditions de l’Epure « Dix façons de cuisiner »? Vous trouverez onze titres recueillis dans chacun de ces volumes. La figue, la carotte, le pruneau (…) pour l’automne, l’endive, la noix, la datte, le potiron (…) pour l’hiver. Pour offrir ou compléter votre collection!

Pratique

« A table avec la mafia, 90 recettes italo-américaines », P. DI FALCO, C. DIXAUT,

éditions Agnès Vienot
29,90 Euros

tablemafia.jpgCinéma ou cuisine? Cet ouvrage allie les deux, une iconographie choisie, tirée des plus grands films du genre et les recettes qui s’en inspirent. A feuilleter pour le plaisir de se replonger dans cet univers cinématographique autant qu’à utiliser pour l’excellence de ses recettes.

Beaux arts

« Nils Uddo Photographies »,

éditions Gourcuff
12 euros

nillsudo.jpgNils-Uddo fait partie de ces artistes qui ont choisi le paysage comme scène d’expression artistique. Cette pratique, que l’on nomme Land Art consiste à intervenir à l’extérieur et non plus dans l’espace clos d’un tableau ou d’un musée. les constructions végétales de Nils Uddo, composées de matériaux naturels tels des fleurs, du bois ou des cailloux, semblent fragiles, éphémères mais, en en gardant la trace, l’image photographique leur offre comme une seconde vie, témoigne de leur charge poétique.

Beaux arts

« Visconti »,M. SCHNEIDER, L. SCHIRMER

éditions actes Sud
78 Euros

visconti.jpgCette magnifique biographie du réalisateur de « Rocco et ses frères », « Le guépard », « Les Damnés », « Mort à Venise », richement illustrée de somptueuses photographies de plateaux, retrace 35 ans de travail de Luchino VISCONTI. Des interviews et des textes sur ses créations au théâtre, à l’opéra et au cinéma nous éclairent sur son esthétisme, puis une filmographie exhaustive et une biographie de ses années de préparation et de gestation de toute son oeuvre rendent ce livre indispensable pour les amoureux du cinéma italien.

Beaux arts

« Pierre Loti dessinateur, une oeuvre au long cours », A. QUELLA-VILLEGER, B. VERCIER

éditions Bleu Autour
34,50 Euros
Pierre Loti, en tant qu’officier de marine, eut l’occasion d’embarquer vers des destinations lointaines. Les voyages et la fascination pour l’ailleurs de l’écrivain, nous les connaissons grâce à ses textes, ou bien en effectuant la visite de sa maison à Rochefort. Les éditions Bleu Autour invitent le lecteur au voyage en rassemblant dans un beau livre plus de cinq cents dessins réalisés par Pierre Loti au cours de ses pérégrinations, accompagnés des textes de l’écrivain, le tout formant « un singulier carnet de voyages autour du monde ».

Bande dessinée

« La vierge froide et autres racontars », J. RIEL, G. DE BONNEVAL, H. TANQURELLE

éditions Sarbacanne
23 Euros
vierge froide.jpgDans les années 50, Jorn Riel a partagé le quotidien des trappeurs du Groenland qui vivaient de la chasse et de la vente des peaux de bêtes. De ce séjour, il a ramené un recueil de nouvelles dont sept sont aujourd’hui adaptées en bande dessinée. Vous (re)découvrirez, grâce à cette belle adaptation, Valfred, Mads Madsen, William le Noir et Bjorken dans leurs aventures souvent burlesques voire où absurdes où « jamais on ne rejette une idée a priori », où la femme que l’on voit moins souvent qu’in ours blanc est totalement fantasmée, où un coq nommé Alexandre peut se révéler un vrai philosophe…
A savourer!

Bande dessinée

« Dieu en personne », M-A MATHIEU

éditions Delcourt
17,50 Euros
dieu.jpgImaginez que lors d’un recensement (tiens-tiens!) un petit bonhomme barbu aux longs chevaux blancs, déclare tout simplement être Dieu. L’irruption de cette énigme métaphysique déclenche aussitôt une folie médiatique et marketing jamais vue jusque là. Car, plus que de deviser sur la région, il s’agit, dans cette bande dessinée toute en sobriété, de montrer quel regard Dieu pourrait porter sur notre monde et quel accueil nous lui réserverions. A méditer en ces fêtes de Noël…

Jeunesse

« Comptines de miel et de pistache », D. JACQUOT

éditions Didier
23,50 euros
comptines.jpgC’est avec un titre plein de gourmandise et de dépaysement que les éditions Didier nous livrent un bel hommage à la Turquie, la Grèce, à travers 29 comptines arméniennes, grecques, kurdes et trurques, preuve de la grande diversité de ces deux pays.
Comptines aux rythmes dansant et apaisant, on prend un réel plaisir à découvrir ces différentes langues, véritables invitations au voyage. On doit souligner aussi la réussite de l’album illustré, très coloré, proche des tapisseries orientales.
A partir de 2 ans.

Jeunesse

« Le problème avec les lapins », E. GRAVETT

éditions Kaléïdoscope
18 Euros
lapins.jpegEmily Gravett s’attèle avec bonheur et tendresse à la théorie mathématique de Fibonnacci. Qu’est-ce que ça donne, du point de vue du lapin et seulement du lapin, un couple de lapins qui engendre deux bébés lapins, qui eux-mêmes donnent naissance à une paire de lapinots…etc.. et ce, sans pouvoir sortir de leur enclot. Vous lirez la réponse, au fil des mois dans « Le problème avec les lapins ».
A partir de 4 ans.

Jeunesse

« Contes de banlieue lointaine », T.SHAUN.

éditions Gallimard,
18 Euros
contesbanlieue.jpgToujours décalés, merveilleusement illustrés ces « Contes de banlieue lointaine » montrent le quotidien à travers une lorgnette qui le rend poétique, possiblement libre, absurde. Shaun Tan joue délicatement avec la mise en pages et crée un espace de lecture entre l’image et le texte provoquant la rêverie, stimulant l’imagination au-delà du point final de chaque conte. Un bijou de livre.
A partir de 8 ans.

Jeunesse

« L’encyclopédie des rebelles, insoumis et autres révolutionnaires », A. BLANCHARD, F. MIZIO, S. BLOCH,

éditions Gallimard,
19,95 euros
ency.jpgCette encyclo dresse les portraits, avec une certaine drôlerie, de toute une galerie d’insoumis qui ont combattu pour une vision de la société qui leur semblait plus juste. Ce livre donne l’occasion de rappeler à nos jeunes lecteurs qu’Akhenaton n’est pas un rappeur marseillais, qu’il y a eu aussi des femmes révolutionnaires, que l’on peut faire acte d’insoumission en passant par l’art… En espérant que ce cadeau provoquera des vocations?

Un jardin dans les appalaches, B Kingsolver

« Un jardin dans les appalaches », B Kingsolver

Edition Rivages poche

kinslover.jpg
Quelle expérience passionnante! Barbar Kingsolver, romancière, a vécu avec son mari et ses deux filles dans une ferme des Appalaches en cultivant un jardin et en élevant une basse-court pour se nourrir. Ils ont respecté les rythmes des saisons pour s’alimenter et ne consommaient que des produits locaux. Ce livre retrace l’expérience mois après mois, les réussites comme les déceptions et de nombreuses recettes se glissent au fil des pages. La slow-food au pays du fast-food donne un espoir de changement…

Honecker 21, Jean-Yves CENDREY

« Honecker 21″, Jean-Yves CENDREY

Actes Sud

cendrey.jpg
Matthias Honecker est un homme comblé! Un poste de cadre dans une entreprise de téléphonie mobile florissante, un bijou d’appartement dans la très-tendance Berlin meublé des objets les plus design, une femme intellectuelle et Oh bonheur! un premier enfant en route. Que les jaloux ravalent leurs remarques perfides car la crise qui point dans l’esprit angoissé d’Honecker va leur rendre justice! Révolution existentielle et grand chambardement, notre homme se lance à corps perdu dans une course folle afin d’échapper à un insipide destin. La capitale allemande se fait alors le théâtre d’aventures toujours plus loufoques et absurdes pour notre plus grand plaisir.

Zloty, Tomi Ungerer

« Zloty », Tomi Ungerer

Ecole Des Loisirs
zloty.jpg
Voici un remake plutôt audacieux du célèbre conte du Petit Chaperon rouge, revisité par le facétieux Tomi Ungerer.
Ici, le chaperon s’appelle Zloty et tout de rouge vêtu, va rendre visite à sa grand-mère en scooter. Sur le chemin, elle tombe sur un méchant loup, mais aussi sur Kopek, un nain grand et Samovar, un géant petit, tous les deux de la même taille.
Des amitiés vont se lier mais l’histoire ne s’arrête pas là… Dans cette version décalée du conte de Grimm, on retrouve l’illustration au cachet vieillot, marque de fabrique d’Ungerer, qui donne tant de charme à son travail.

Cristallisation secrète, Yoko Ogawa

« Cristallisation secrète », Yoko Ogawa

Actes Sud

ogawa.jpg L’histoire se passe sur une île. Tout paraît y être parfait, si ce n’est que des objets disparaissent régulièrement de la mémoire des hommes. Au début, ce sont les choses les moins importantes: un ruban ou un parfum… Mais les choses s’accélèrent. C’est au tour des oiseaux, des roses, des photographies, des calendriers…
Le jour de la disparition des livres, la narratrice, romancière doit renoncer à l’écriture. Mais voilà, certaines personnes ne perdent pas la mémoire et doivent se cacher d’une police secrète, chargée de faire respecter toutes les disparitions.
Il s’agit d’un magnifique roman sur l’écriture, sur la perte de liberté et l’effacement de la mémoire qui mènent à la mort des hommes. Mais c’est aussi une formidable critique des régimes totalitaires et de leurs méthodes, sublimée par un style épuré et poétique.

Suites byzantines, Rosie Pinhas-Delpuech

« Suites byzantines », Rosie Pinhas-Delpuech

Bleu Autour

pinhas.jpg
Rosie Pinhas-Delpuech nous rappelle combien notre langue fait notre rapport au monde. Le judéo-espagnol, l’allemand langues « maternelles » et le turc imposé par Atatürk, le « père des Turcs », autant de sources de questionnements mais aussi de possibles pour dire et penser le monde du dedans et du dehors.
La narratrice nous fait goûter les sons, fait résonner les sens et dépeint au fil de ses nouvelles une vie en Turquie tantôt abrupte, tantôt sensuelle, nous ouvre les portes de son monde avec grâce.

Portraits de brousse, Oumar Ly

« Portraits de brousse », Oumar Ly

Editions Filigranes

oumar.jpg
Tout commence lorsqu’Oumar Ly, jeune photographe sénégalais, ouvre un studio à Podor et réalise des prises de vues pour l’administration dans les villages environnants. Sur l’invitation des villageois, Oumar Ly continue de sillonner la région en se consacrant à la photographie de portraits en noir et blanc. En résulte une collection impressionnante de clichés qui témoignent de l’évolution de la société de la vallée du fleuve Sénégal (des années soixante et soixante-dix en ce qui concerne cet ouvrage). La singularité du travail d’Oumar Ly tient autant au décor utilisé (pour élaborer un fond, un cadre, le photographe s’aide des moyens du bord c’est-à-dire un boubou tendu, la portière d’une voiture…) qu’aux poses des personnes photographiées, des plus dignes aux plus farfelues, et aux vêtements qu’elles portent, des plus traditionnels aux plus modernes.
C’est parfois cocasse ou insolite, souvent très beau.
Consultez aussi le site de Oumar Ly

Sangsues, D Albahari

« Sangsues », D Albahari

Gallimard
sangsues.jpg
Sous ses airs de thriller et d’enquête journalistique, Albahari questionne la place de la peur et son instrumentalisation politique dans la société serbe sous Milosevic. Roman à tiroirs (filatures, complots, sociétés secrètes), « Sangsues » est un livre fort et passionnant dont on ressort plus intelligent.

Des corps en silence, V Goby

Des corps en silence, V Goby

Gallimard

goby.jpg
Valentine Goby poursuit son expérience, initiée avec « Qui touche à mon corps je le tue » de récits croisés. Elle met en scène dans « Des corps en silence » deux femmes qui vivent la fin d’un amour. Claire s’ennuie depuis longtemps avec Alex et a décidé de ne pas rentrer chez elle. Henriette Caillaux sent que son mari Joseph, député dans la tourmente ne l’aime plus. Claire erre dans un Paris brûlant au coeur de l’été tandis qu’Henriette déperrit. Ces femmes connaissent la souffrance d’un corps qui ne vibre plus, qui n’est plus stimulé par la présence de l’autre. Chez chacune le passé ressurgit pour tenter de comprendre où tout a dérapé. L’une fuit, l’autre ira jusqu’au meurtre. Une écriture entêtante pour un roman douloureux.

La douane volante, F Place

« La douane volante », F Place

Gallimard
douane.jpg

Vous sortirez éblouis de ce roman, le premier de François Place, déjà connu pour ses albums jeunesse. L’action débute dans un village breton en 1914. Gwen le tousseux devient l’apprenti de Braz le rebouteux craint et admiré pour ses connaissances. Un jour vient l’Ankou, messager de la mort, qui l’emporte sur sa charrette. À son réveil Gwen est dans un pays inconnu de landes et de marécages, évoquant les Pays-bas du 16ème siècle. Là, il deviendra domestique, rebouteux puis médecin, confronté à des choix qui forgeront sa personnalité. Et toujours avec l’espoir de quitter ce pays mystérieux sous la coupe de la douane volante, pour retrouver la Bretagne et son époque.
L’auteur, inspiré par le peintre Van Goyen, nous ballade dans des paysages de l’école flamande au gré d’une histoire fantastique au charme indéniable.

Pour adolescents, mais pas seulement…

Ru, Kim Thúy

« Ru », Kim Thúy

Éditions Liana Lévi

14 Euros

ru.jpg
Ru : petit ruisseau ou écoulement en français, mais aussi berceuse en vietnamien. Voilà les trois sens que prennent ce seul petit mot et que l’on retrouve dans cet émouvant récit.
L’auteur, Kim Thúy fuit avec sa famille les forces communistes qui envahissent Saïgon. Dès ce moment, elle va connaître la peur, les camps de réfugiés, la misère, jusqu’à son arrivée au Québec avec d’autres boat people vietnamiens.
C’est à travers les souvenirs de la fillette qu’elle a été, et de la femme qu’elle est à présent, que l’auteur se dévoile, toujours avec pudeur.
Un livre sur l’exil, emprunt de poésie et d’humanité.

Romance nerveuse, Camille Laurens

« Romance nerveuse », Camille Laurens

Gallimard
16,90 Euros

romance nerveuse.jpg
Laurence R vient d’être congédiée par son éditeur après une polémique qui l’oppose à une auteure hébergée dans la même maison qu’elle. Profondément blessée, incapable d’écrire une ligne, elle prend le large vers une destination touristique, pension complète comprise et y rencontre Luc. C’est l’amorce d’une histoire d’amour improbable entre un paparazzi et un écrivain. Lui est pour le moins instable, pathologiquement versatile, oscillant sans transition entre une goujaterie crasse, une sensibilité exacerbée et une fragilité qui la touchent.
« Romance nerveuse » nous emporte dans les circonvolutions mentales et humaines de cette histoire un brin sado-maso, réelle et écrite, tout à fait captivante.

« La Saison des flèches », Samuel Stento et Guillaume Trouillard

« La Saison des flèches », Samuel Stento et Guillaume Trouillard

Éditions de la Cerise

saison.jpg
Le 12 avril 1879, l’entreprise américaine Mulligan’s Tradition s’engage activement dans la préservation des peuples indiens afin que le Far West fasse encore rêver les générations futures. Fort d’un engagement éthique et culturel des plus louables, l’entrepreneur voit loin, très loin, d’un oeil conquérant : partir à la découverte de nouveaux marchés pour une noble cause… l’idée innovante est enfin trouvée; conserver les Indiens en boîte! Ce modèle de réussite industrielle se se suffirait à lui-même et pourtant l’histoire ne s’arrête pas là.
Des années ont passé, un couple français décide d’adopter une famille indienne. Jour après jour, Chacun tente d’apprivoiser l’Autre, d’échanger, de se découvrir mutuellement jusqu’à tisser une relation profonde et durable. L’appartement s’étire à l’infini pour devenir un territoire immense. Il faut désormais trois jours de cheval pour aller de la chambre au salon. L’aventure est grandiose mais il va falloir faire face à un imprévu de taille: le couple héberge des individus en situation irrégulière!
« La saison des flèches » interroge l’histoire, la politique, l’écologie, la place de l’imaginaire… un concentré de notre époque mis en conserve avec une intelligence remarquable.

Sylvia, Léonard Michaels

« Sylvia », Léonard Michaels

Christian Bourgois Editeur
17 Euros

sylvia.jpg
À partir de ses journaux intimes Léonard, jeune apprenti écrivain nous raconte la difficulté d’aimer Sylvia,jeune femme passionnée mais émotionnellement perturbée. Il l’épouse très jeune et vit malgré lui le chaos d’une vie au quotidien avec une maniaco-dépressive. Nous sommes pourtant à New York dans les années 60, la vie culturelle est riche et le futur prometteur mais les rêves de Léonard s’effritent jour après jour face à la violence de la maladie. Alors que faire: subir ou se sauver? Retravaillés 30 ans plus tard, ces journaux se transforment en court roman, où la distance de l’écrivain se mêle parfaitement aux sentiments bruts du jeune de l’époque.
À noter la sortie simultanée du recueil de nouvelles « Conteurs, menteurs » aux éditions Bourgois de cet auteur méconnu, à tort et décédé en 2003.

« Bois mort. Une enquête de John Turner », James Sallis

« Bois mort. Une enquête de John Turner », James Sallis

Gallimard
Coll Folio Policier
6,10 Euros

boismort.jpg
Ce court roman nous fait découvrir un nouveau héros, John Turner, ancien flic au passé violent. Il est venu au Tennessee fuir son passé et la ville. Le shérif du comté dépassé par une affaire de meurtre viendra pourtant lui demander de l’aide. Petit à petit, il livrera les circonstances qui l’ont amené à faire de la prison, puis à se réhabiliter comme thérapeute. L’atmosphère et le style sont les atouts de ce polar. La scène d’ouverture où le shérif vient lier connaissance avec John est une réussite. Quelques mots, une bouteille de Wild Turquey partagée et leur complicité s’ébauche tranquillement.
Dernier détail, c’est le début d’une trilogie.

Sukkwan Island, David Vann

« Sukkwan Island », David Vann



Éditions Gallmeister

21,70 Euros

sukkwan.jpg
Un père souhaite faire table rase du passé, rêve d’un nouveau départ. Tout quitter et partir vivre un an de réclusion sur une île d’Alaska. Son fils de 13 ans refuse dans un premier temps de s’y soustraire mais accepte finalement le sacrifice de sa vie au nom de la faiblesse du père. Pendant des mois, il n’y aura que leurs individualités cruellement contraintes à une intimité malsaine et destructrice qui mènera à l’irréversible.
Un roman qui s’inscrit dans la pure tradition littéraire américaine faisant revivre les mythes de la Grande Prairie et de la Reconstruction qui lui sont chers. Une histoire de pionniers du XXIème siècle ayant l’honnêteté de montrer l’inaptitude de l’Homme moderne à retourner à la Nature sauvage. La folie est propice à s’y développer par le repli sur soi imposé à l’individu et l’abolition des règles sociales. Le rapport aux êtres aux matières vivantes sont d’une trop violente clarté, dépouillés du confort qui fait habituellement écran dans nos sociétés civilisées. La perte des repères et de la notion de responsabilité individuelle est alors aisée et est brillamment exposée dans ce roman de David Vann.
Notez que ce roman est disponible en « vo » sous le titre: « Legend of Suicid » à La Machine à Lire.

Les Odes, John Keats

« Les Odes », John Keats

Editions Arfuyen

15 Euros

keats.jpg
L’actualité cinématographique offre parfois cet intérêt : celui d’inciter à relire (ou découvrir) certaines plumes. Ainsi, après avoir vu le film de Jane Campion, Bright Star, ne nous privons pas du plaisir de relire John Keats! L’ouvrage paru chez Arfuyen propose une belle présentation par Alain Suid de l’oeuvre du poète romantique anglais et possède l’avantage non négligeable d’être bilingue.

Eschyle en Mayenne, Jean-Loup Trassard

« Eschyle en Mayenne », Jean-Loup Trassard

Aux, éditions Le Temps qu’il fait
22,00 Euros

Eschyle_250.jpg
Les photographies, représentant des vestiges grecs situés en Sicile, ponctuent le texte, une évocation d’Eschyle depuis la campagne mayennaise. On y croise à la fois des personnages du théâtre grec antique telle Cassandre au « langage inconnu et barbare, comme l’hirondelle » et ceux d’un autre monde, aujourd’hui disparu, celui du temps où « nous vivions au milieu des chevaux, mais ici les percherons sont morts maintenant, oubliés presque autant que les chevaux des plus anciennes batailles ». Un beau livre, assurément.

Les larmes du Phénix, Pascal Vatinel,

« Les larmes du Phénix », Pascal Vatinel,

Éditions du Rouergue
21 Euros

vatinel.jpg
De cet auteur, nous avions déjà aimé « L’affaire du cuisinier chinois » en 2007. Cette fois-ci Pascal Vatinel nous plonge dans la Corée contemporaine et le jeu trouble des Américains qui aident en sous-main les gens qui fuient le terrible régime de Pyongyang.
Thomas Kessler, journaliste français veut faire un papier sur les filières d’évasion de la Corée du Nord vers celle du Sud. Lors d’un colloque à Washington, il va écouter le récit d’anciens réfugiés aidés par les évangélistes américains très actifs dans cette partie du monde. Au-délà d’itinéraires humains poignants, notre journaliste décripte les ressorts qui lient la CIA, services secrets nord-coréens et police chinoise.

Sept ans, Peter Stamm,

« Sept ans », Peter Stamm,



Éditions Bourgois
18,00 Euros
stamm.jpgAlexander et Sonia se rencontrent pendant leurs études d’architecture. À la suite d’un voyage à Marseille, ils vont former un couple à qui tout semble réussir: ils sont beaux, intelligents et ambitieux. Ils vont collaborer ensemble dans un cabinet d »architecture.
Mais un soir, Alex rencontre Iwona, une émigrée polonaise, opposée exacte de Sonia. Toute relation semble improbable, pourtant Alex est étrangement attiré par elle.
Bien plus qu’un triangle amoureux classique, Peter Stamm nous livre ici un récit d’une grande justesse sur la complexité et la contradiction des sentiments amoureux.
Un livre brillant qui vous donnera envie de découvrir cet écrivain.

Cinq mille kilomètres par seconde, Manuele Fior

« Cinq mille kilomètres par seconde », Manuele Fior

Éditions Atrabile
19,00 Euros
km.jpg
Lucia et Piero sont voisins. Un été, ils tombent amoureux. Quelques temps plus tard, Lucia s’installe au Danemark pour ses études. Beaucoup plus tard, Piero arrive sur un chantier archéologique en Égypte.
Avec ses portraits parallèles, c’est un récit mélancolique que nous propose Manuele Fior, une fresque intimiste au ton doux-amer, merveilleusement servie par des aquarelles lumineuses. Une vraie réussite.

Le grand Joseph, Kochka

« Le grand Joseph », Kochka

Éditions Thierry Magnier
à partir de 12 ans
8,50 Euros

geddo.jpg
Le grand Joseph, c’est Geddo, le grand-père, « papi », « grand-père » pourrait-on dire en français. La narratrice revient avec tendresse sur son quotidien à Beyrouth, avant la guerre. Elle dépeint avec justesse la rue, la vie de famille. Cette fille partie trop brusquement du Liban pour fuir le Liban rend justice à ses origines, redonne toute sa place à ceux qui sont restés.

La couleur du bonheur, Wei-Wei

« La couleur du bonheur », Wei-Wei

Éditions du Seuil , coll. Points

7,50 Euros

couleur.jpg
Enfin!! Voilà la réédition d’un petit bijou de la littérature chinoise. En suivant la destinée d’une grand-mère, sa fille et sa petite fille, nous traversons le quotidien d’une famille ordinaire chinoise et XXème siècle. Entre traditions ancestrales, modernité et politique autoritaire, nous partageons la vie simple et les petites joies du quotidien.
Une vraie leçon de bonheur malgré les aléas de la vie.

Dans la cathédrale, Christian Oster

« Dans la cathédrale », Christian Oster

Les Editions De Minuit
13,50 Euros

oster.jpgJean ne va pas bien. Il se sent détaché de sa vie, à côté. D’ailleurs, il ne reconnait pas Elisabeth, sa nouvelle voisine qu’il aurait pourtant bien connu 20 ans auparavant.
Et puis, il y a Paul, l’ami hébergé qui ne semble plus vouloir le quitter, jusqu’au jour où il disparaît sans laisser de nouvelles. Enfin, Marianne dont l’amour ne suffit plus à emplir le vide de leur relation. Alors tout semble quitter Jean: la mémoire, les amis, le désir. Ou bien est-ce lui qui s’efface?
Légères en apparence, les phrases de Christian Oster contiennent toujours la gravité de toute situation, mais jamais sans humour.

Élégie en rouge, Seiichi Hayashi

« Élégie en rouge », Seiichi Hayashi

Éd. Cornélius
22 Euros

elegie.jpg
L’histoire d’un jeune couple bohème, un poème écrit de rouge et de noir, un homme dessinateur, une femme refusant de voir son destin dans un mariage imposé, leur amour passionnel, la douleur aussi, l’émancipation de ceux qui se veulent libres mais ne savent comment on le devient et la gaucherie qui blesse, les silences qui heurtent mais ne tuent pas l’amour dans l’oeuf. Publiée en feuilletons dans les journaux des années 1970, oeuvre désormais culte au Japon, « Élégie en rouge » exprime avec justesse le désarroi d’une jeunesse au point mort entre un passé violent et un avenir incertain.

Vango, Thimotée de Fombelle

« Vango », Thimotée de Fombelle

Edition Gallimard jeunesse,
17 Euros

vango.jpg
Après le succès de « Tobie Lolness », voici un nouveau titre de T. de Fombelle. Il s’agit d’un roman d’aventures, situé dans les années 1930.
La scène d’ouverture se déroule sur le parvis de Notre Dame, survolé par un Zeppelin. Très vite un tireur interrompt la cérémonie en cours.
À partir de ce moment, le rythme ne se relâche plus et tel un héros d’Hitchcock, Vango court, fuit, se cache et cherche à comprendre le secret de ses origines et à découvrir qui en veut à sa vie. De son enfance sur une île sicilienne à ses voyages en zeppelin, à Paris, en Écosse, de sa rencontre avec une mystérieuse jeune orpheline, le récit nous tient haletant. Parmi les personnages secondaires nous croisons Staline et sa fille, des rescapés de la guerre de 14, un flic français à moustaches, un espion insaisissable et surtout, personnage à part entière, le zeppelin qui fascine les foules.
Un très grand plaisir de lecture pour 12 ans et plus.
Ce volume sera suivi d’une deuxième partie.

Cristal Défense, Catherine Fradier

« Cristal Défense », Catherine Fradier

Éd. Le Diable Vauvert,
20 Euros

cristal_defense.jpg
Voici peut-être un nouveau style de polar, le thriller d’espionnage économique! C. Fradier, ex fonctionnaire de police a imaginé une « agence de sécurité économique ». Dans cette guerre qui se livrent les grandes entreprises, tous les coups sont permis et les répercussions peuvent influer sur la politique nationale. L’agence va donc déjouer ces tentatives de déstabilisation, désinformation et sabotage. les méthodes sont celles des grands agences d’espionnage, à l’américaine.
Dans cette « saison 1″, l’affaire est liée à une entreprise leader sur le marché des OGM et donc de l’alimentation mondiale. Les membres de l’équipe, habituellement sans états d’âme vont découvrir des complots qui les dépassent, impliquant leur hiérarchie.
Personnages, rythme et construction sont menés de main de maître et nous laissent pantelant dans l’attente d’une « saison 2″.

Dictionnaire des personnages populaires de la littérature du XIXème et XXème siècle

« Dictionnaire des personnages populaires de la littérature du XIXème et XXème siècle » par Stéphanie Delesté et Hagar Desanti

Editions Du Seuil
29,50 Euros

personnages.jpg
Ce gros dictionnaire est la source de plusieurs plaisirs littéraires: celui de replonger dans des textes classiques, de retrouver des personnages que nous nous sommes tous appropriés et d’en découvrir l’éclairage donné par un auteur contemporain.
Laissez-vous guider par Paco Ignacio Taibo II qui présente Robin des Bois, Geneviève Brisac pour Anna Karénine. Les couples formés par des écrivains souvent monumentaux et des auteurs n’ayant pas encore vécu l’épreuve de la postérité sont parfois improbables, mais pas toujours… En prime, des dossiers thématiques (sur les aventuriers, les grandes amoureuses, les naufragés), de jolies lettrines.
Nous nous baladons entre littérature passée et présente, nous retrouvons avec un plaisir presque régressif Tarzan, Fifi Brindacier et l’envie devient pressante de nous précipiter vers notre bibliothèque pour en exhumer quelques livres de Victor Hugo ou de Mark Twain.
À s’offrir, absolument.

Tranches napolitaines, Alfred, Mathieu Sapin, Anne Simon, Bastien Viviès

« Tranches napolitaines », Alfred, Mathieu Sapin, Anne Simon, Bastien Viviès

Éd. Dargaud
19 Euros

news-tranches-napolitaines.jpg
Tranches napolitaines. Un gâteau, quatre histoires qui s’entremêlent, quatre artistes qui se sont promenés dans Naples et qui nous en livrent leur vision.
Qu’elle soit ville qu’on fuit ou dans laquelle on déambule, ville mythique ou très contemporaine, qu’elle soit le théâtre d’un drame ou celui d’une farce, Naples est bien vivante et tout à fait dépaysante.
Ces tranches sont un vrai régal.

Le nazi et la barbier, Edgard Hilsenrath

« Le nazi et le barbier », Edgard Hilsenrath

Éd. Attila

23,50 Euros
barbier.jpgMax Schultz, SS dans un camp d’extermination, fuit l’Allemagne vaincue pour la Palestine sous l’identité de son ami d’enfance, Itzig Finkelstein, barbier juif assassiné avec toute sa famille. Mais comment un nazi peut-il devenir un sioniste fanatique? C’est ce que Max nous raconte dans les 500 pages de farce grotesque et d’humour noir. Un texte affreux, sale et méchant, où personne n’est épargné.

« Mon copain le Kappa », Shigeru MIZUKI

« Mon copain le Kappa », Shigeru MIZUKI

Éditions Cornélius
22 Euros

moncopainlekappa.jpgVoici le tout nouveau conte fantastique de Shigeru MIZUKI, maître incontesté des yokaï, ces êtres surnaturels qui peuplent les contes populaires japonais. Sanpeï, héros de ce volume, va se lier d’amitié avec un kappa, créature anthropomorphe à la réputation maléfique et auquel il ressemble étrangement. C’est à partir de ce moment que les ennuis vont commencer pour Sanpeï…
Comme à son habitude, Mizuki associe habillement fantastique, quotidien et humour grinçant pour nous livrer une critique du moderne.
Un mélange qui a déjà fait merveille dans l’un de ses précédents ouvrages « NonnonBâ ».

« Le Londres-Louxor », Jakuta ALIKAVAZOVIC

« Le Londres-Louxor », Jakuta ALIKAVAZOVIC

Éditions de l’Olivier
16,50 Euros

Avec une « note sur l’architecture du bâtiment » en guise de prologue, ce livre ne manque pas de surprendre dès les premières pages. Ce bâtiment, le Londres-Louxor, est un ancien cinéma des années vingt, un lieu où se croisent, s’observent, se rassemblent des personnes issues de la diaspora bosniaque, à Paris. Pour commencer, nous suivons Esme qui vient là dans l’espoir d’y retrouver sa soeur. Très vite, le ton original de l’auteur, l’atmosphère mystérieuse nous emportent et nous goûtons avec plaisir au lignes, évoquant l’art, la littérature, l’architecture. Il est aussi question d’amour, d’argent, d’exil. À la lecture de ce roman déroutant, nous oscillons bien souvent entre rêve et réalité.

« Déluge », Henry Bauchau

« Déluge », Henry Bauchau

Actes Sud
18 Euros

bauchau_deluge.jpgComme dans « L’enfant bleu », nous retrouvons l’art et la folie au centre de l’oeuvre d’Henry Bauchau.
Florian, « peintre fou » et pyromane fait la connaissance de Florence, une femme malade qui change radicalement de vie.
De leur rencontre va naître un projet ambitieux et passionnant: peindre le déluge. Dans cette aventure, ils sont entourés par quelques amis, un enfant et le docteur Hellé.
L’écriture d’Henri Bauchau est encore poétique et magnifique.

« La femme du métro », Ménis KOUMANDARÉAS

« La femme du métro », Ménis KOUMANDARÉAS

Quidam éditeur
10 Euros

FemmeMetroG.jpgAthènes, dans les années 70. Koulà, femme mariée de 40 ans et Mimis, jeune homme de 20 ans, se croisent tous les jours sur la même ligne de métro. Cela commence par des regards, un « Bonsoir », puis par des conversations sur la famille, le travail, la vie. Ils sont irrésistiblement attirés l’un par l’autre et vont devenir amants.
Cette brève histoire qui pourrait être des plus banales nous est livrée avec un ton juste et mélancolique à la fois. On y retrouve les deux grands thèmes chers à l’auteur: le charme de la jeunesse et la hantise du vieillissement.
La qualité et la puissance de ce texte, écrit par Ménis Koumandaréas en 1975 en font un classique de la littérature grecque.

« Le camp des morts », Craig Johnson

« Le camp des morts », Craig Johnson

Éditions Gallmeister.

23,50 Euros

campmorts.jpgNous sommes ici dans le second volet des aventures du shérif Walt Longmire, de son ami l’indien Henri Standing Bear, rencontrés déjà dans « Little Bird ». Une femme âgée vient de mourir, les soupçons vont amener l’enquête vers le milieu des immigrants basques installés dans ce coin du Wyoming.
Les personnages de Craig Johnson sont d’une extraordinaire humanité, désabusés et ironiques, l’éventail des références va de Shakespeare aux « Village People ». Les vieux fantômes indiens protègent notre héros et le charme agit, ce « simple » polar est un grand moment de lecture !

« Origine », Diana ABU-JABER

« Origine », Diana ABU-JABER

Sonatine Editions

22,00 Euros

origine.jpgHypnotique. Voici ce qu’on pourrait dire de ce roman noir de Diana Abu-Jaber, premier titre publié en France mais que nous espérons suivi de beaucoup d’autres de cette qualité.
Léna travaille dans une unité scientifique de la police de Syracuse, État de New York. Elle est spécialiste en empruntes digitales et douée d’un sens olfactif impressionnant. Lorsqu’Erin Cogan lui annonce qu’elle ne croit pas au diagnostic de mort subite de son bébé, mais qu’il a été assassiné, Léna, malgré elle, part à la poursuite d’un serial killer qui s’attaque aux nourrissons. Et elle plonge surtout dans sa propre histoire. Orpheline recueillie dans d’étranges circonstances, cette jeune femme fragile et tourmentée doit faire face à son passé pour résoudre l’énigme.
Un roman noir, glacial et bien écrit sur la quête d’identité qui ne manquera pas de vous provoquer, comme dirait Danielle, une « belle insomnie ».

« La mer noire » Kéthévane DAVRICHEWY

« La mer noire » Kéthévane DAVRICHEWY

Éd. Sabine Wespieser

19 Euros

merenoire.jpgLors de l’Escale du livre, l’auteur de La Mer Noire, Kéthévane Davrichewy, est venue jusqu’à Bordeaux. Écouter cette femme parler d’elle, de son écriture, évoquer des bribes de son histoire familiale, m’a donné envie de lire son dernier roman. J’ai adoré plonger dans l’histoire de Tamouna, une femme âgée, née en Georgie, exilée en France, qui s’apprête à fêter son anniversaire à Paris, entourée des siens. Elle attend aussi la visite de Tamaz, l’homme qu’elle a rencontré l’année de ses quinze ans, celui qui la trouble encore aujourd’hui. Le passé affleure en permanence, les joies comme les peines sont relatées avec finesse, et Tamouna est tour à tour jeune fille et vieille femme.

« Même les cow-girls ont du vague à l’âme », Tom ROBBINS

« Même les cow-girls ont du vague à l’âme », Tom ROBBINS

Éd. Gallmeister

Coll. Totem
10 Euros

memecowgirls.jpgSissi Hankshaw est dotée d’une excentricité : la taille de ses pouces excède largement la moyenne. Elle décide d’en user et devient la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis.
Loin d’être un texte sur la résilience, ce roman est le récit d’un voyage initiatique loufoque, un brin féministe, complètement impertinent, sensuel, truffé d’images improbables et hilarantes. Sissi parcours l’Amérique sinon avec candeur, au moins sans a priori, ses pouces gages de liberté et les yeux grands ouverts.
Le texte gagne en profondeur avec les bavardages du narrateur avec le lecteur sur la littérature, son histoire et ses personnages…
« Cependant, regardez par ici. Ici, là. Voilà une fille. C’est une gentille fille. Et elle est jolie. Elle ressemble un peu à la princesse Grace jeune, une princesse Grace qui serait restée un an sous la pluie.
Comment dîtes-vous ? Ses pouces ? N’est-ce pas, qu’ils sont magnifiques ? Le mot qui convient à ses pouces est certainement rococo-rocococototo touti ! Sacré bon sang !
Mesdames. Messieurs. Chuuut. Voici la vérité. Laissez-vous toucher par ses mains étranges. »

« Le projet Lazarus », Aleksandar HEMON

« Le projet Lazarus », Aleksandar HEMON


Éd. Robert Laffont
22 Euros

projetlazarus.jpgChicago 1908. Lazarus, jeune juif Ukrainien, trouve la mort dans d’étranges circonstances, tué par le chef de la police. Un siècle plus tard Vladimir, écrivain d’origine Bosniaque, s’attache à ce fait divers et part en Europe sur les traces du disparu. À travers son histoire c’est aussi celle plus intime de Vladimir, de la Bosnie déchirée et de l’exil qui s’écrit et se dévoile tout au long de ce magnifique roman.
Aleksandar Hemon mêle avec justesse l’humour et la gravité et nous fait partager un univers réellement personnel.

« Zulu », Caryl FEREY

Zulu, Caryl FEREY

Éditions Gallimard (collection Folio-Policier) (7,70 €)

Zulu

Dès la première scène, particulièrement violente, nous sommes plongés dans le bain, le bain de sang en l’occurrence…

En Afrique du Sud, l’arrivée de Nelson Mandela au pouvoir n’a pas tout réglé, mais Ali Neuman, dont une partie de la famille fut lynchée alors qu’il était encore enfant, est malgré tout devenu chef de la police à Cape Town. Le pouvoir et l’argent sont encore nettement du côté des Blancs, mais la jeunesse dorée des Afrikaners se mêle parfois aux Blacks pour le sexe, la drogue, le goût du risque…

Le meurtre d’une jeune fille blanche de la haute bourgeoisie constitue le point de départ de cette histoire ultra-violente, dans laquelle les vieux démons du temps de l’Apartheid sont toujours actifs. Neuman et son équipe, malgré les fêlures personnelles des uns et des autres, foncent dans cette mêlée d’une insondable noirceur. Beaucoup s’y perdront. Si vous avez malgré tout envie d’aller assister à la Coupe du Monde de Football là-bas, bon courage !

« Raison et liberté », Noam CHOMSKY

Raison et liberté, Noam CHOMSKY

Éditions Agone (25,00 €)

Raison et liberté

Les Éditions Agone nous offrent à lire un recueil de textes, pour la plupart inédits en France, du linguiste de renommée internationale Noam Chomsky. L’ensemble montre bien le lien existant entre son travail de linguiste et ses prises de position politique, en s’appuyant notamment sur sa conception de la « nature humaine ». « Je pense, affirme-t-il, que l’étude du langage peut fournir certaines lumières pour comprendre les possibilités d’une action libre et créatrice dans le cadre d’un système de règles qui reflète, au moins partiellement, les propriétés intrinsèques de l’organisation de l’esprit humain. » Noam Chomsky a été reçu lors d’un colloque organisé ces derniers jours par la Chaire de Philosophie du Langage et de la Connaissance du Collège de France (Professeur Jacques Bouveresse), intitulé Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky. Ce dernier sera téléchargeable sur le site Web de la chaire. A lire également : un article sur cet événement paru dans Le Monde des Livres daté du 3 juin 2010, ainsi qu’une réaction à cet article publiée le 6 juin 2010 sur le blog Article XI.

« Grande Encyclopédie du presque rien », Pascal ORY

Grande Encyclopédie du presque rien, Pascal ORY

Éditions des Busclats (15,00 €)

Grande Encyclopédie du presque rien

Connaissez-vous le verbe gésir ? Pourriez-vous donner les dates de règne de Jean Ier ? Vous êtes-vous déjà promené dans la rue des Minimes ? Non ? Et pour cause : Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de la Sorbonne – Paris I, se fait une joie de sortir de l’oubli des personnages, des lieux, des mots ou des couleurs, parce qu’il n’en reste rien « sauf leur nom que j’écris ici avec précaution, et que vous lisez maintenant, comme une inscription sur un cénotaphe, comme un passage de relais avant l’oubli, qui a toujours le dernier mot ». Laissez-vous alors séduire par ces riens jubilatoires racontés avec force érudition et surtout humour.

« Argent brûlé » (nouvelle traduction), Ricardo PIGLIA

Argent brûlé (nouvelle traduction), Ricardo PIGLIA

Éditions Zulma (20,00 €)

Argent brûlé

On les appelle les jumeaux, mais ils ne sont pas frères, ils sont amants. Et, inséparables, ils vont participer à un braquage qui tournera mal. Nous sommes à Buenos Aires en 1965, et leur cavale, jusqu’à leur arrestation d’une rare violence, est tirée d’un fait divers singulier que Ricardo Piglia, à l’instar de Truman Capote avec son De sang froid, nous fait vivre de l’intérieur. La violence de petits malfrats mêlés malgré eux à des magouilles politiques dans une Argentine instable, enfermés pour se cacher entre l’Argentine et le Paraguay, l’amour et la haine jusqu’à étouffer, jusqu’à exploser, et surtout les personnalités étonnantes des jumeaux nous plongent dans ce récit haletant pour ne relever la tête qu’après la dernière page.

« Un Sultan à Palerme », Tariq ALI (traduction de Diane MEUR)

Un Sultan à Palerme, Tariq ALI (traduction de Diane MEUR)

Éditions J’ai Lu (6,70 €)

Un Sultan à Palerme

Voici le premier volet de la pentalogie de Tariq Ali intitulée Quintet de l’islam. Nous sommes en Sicile au XIIe siècle de notre ère. Le géographe Al-Idrîsî revient à Palerme après avoir achevé sa Géographie universelle. Il revoit alors son ami le sultan Rujari (le roi Roger), qui lui annonce un sacrifice humain allant marquer la rupture entre les communautés arabe et chrétienne. À travers la politique, les voyages et les histoires familiales et amoureuses, Tariq Ali nous entraîne au cœur de cette Histoire vue par les chroniqueurs arabes.

Le second volet s’intitule Le Livre de Saladin, le troisième L’Ombre des Grenadiers, et le quatrième La Femme de Pierre (sortie le 03/06/2010). Chacune de ces histoires, toutes très différentes, évoque certes des événements ou des personnages historiques, mais permettent surtout de confronter, lors d’une période distincte de l’Histoire, les mondes arabo-musulman d’une part et chrétien d’autre part.

« Le blaireau et le roi », John BERGER

Le blaireau et le roi, John BERGER

Éditions Héros-Limite (24,00 €)

Le blaireau et le roi

Le blaireau et le roi est un livre protéiforme, qui s’ouvre sur un texte, allié à un échange de lettres entre l’auteur John Berger et Marilyne Desbiolles, où il est immédiatement question de rencontre, de partage et d’écriture. On y chemine tranquillement, à son propre rythme, hors des sentiers battus. On y trouve des poèmes (de Rainer Maria Rilke, Paul Celan, Marina Tsvetaïeva pour les plus connus), des photographies et de l’amitié. Enfin, un dialogue entre John Berger et son fils Yves invite « en solidarité », avec l’odeur du café et des cigarettes en toile de fond, à penser l’écriture, la peinture, le monde.

« Négus », « Shah », R Kapuscinski

« Négus », « Shah », R Kapuscinski

Éd. Flammarion

17 Euros chaque

negus.jpgDeux textes épuisés de Ryszard Kapuscinski sont à nouveau disponibles chez Flammarion. Le « Négus » nous livre le récit de la chute de l’Empereur d’Éthiopie et le « Shah » les dernières semaines du règne du Shah d’Iran.
La réputation du célèbre écrivain reporter a été malmenée il y a peu par une biographie intitulée « Kapuscinski Non-Fiction ». Elle révèle que le journaliste allait parfois trop loin dans la subjectivité et qu’il avait caché certains événements peu avouables de sa vie.
Peut-être. Peut-être que la frontière entre journalisme et littérature chez Kapuscinski est perméable. Et il est vrai que la lecture de ses reportages procure le même plaisir que celle d’un (bon) roman, tant le soin apporté à la forme mue les personnes en personnages, campe une ambiance et déplie une réelle narration à plusieurs voix.
À n’en pas douter, les événements rapportés par Kapuscinski nous laissent à penser que de toutes façons, il est des réalités qui n’ont rien à envier à la fiction…

« Les willoughby » L LOWRY

« Les willoughby » L LOWRY

Éd. L’École des Loisirs

10,50 Euros Coll. Neuf

willoughby.jpgVoici une histoire très farfelue, gentiment parodique des grands classiques de la littérature enfantine. Des parents odieux, un bébé abandonné sur un perron de porte, un vieux milliardaire neurasthénique et des enfants « surdoués » vont vivre des aventures folles sous la protection d’une nounou
aux faux airs de Mary Poppins.
Avec une fin heureuse, mais pas forcément correcte…!

« Moi le loup et les vacances avec pépé »

« Moi le loup et les vacances avec pépé »

Éd. Thierry Magnier

12 Euros

Moi-le-Loup.jpgVoici le très attendu album de Delphine Perret. Après son brillant « Moi le loup et les chocos », dans lequel on découvrait Bernard, loup déprimé, coaché par un petit garçon, l’auteur nous livre cette fois une « road-story ». Nous retrouvons nos deux acolytes qui prennent la route des vacances, accompagnés d’un pépé un peu largué.
Des personnages attachants, un texte percutant et un ton hilarant qui font de ce nouvel opus un album rafraîchissant à souhait, à lire sur la route des vacances…

« Le colonel désaccordé », O BLEYS

« Le colonel désaccordé », O BLEYS

Gallimard
Coll. Folio
6,60 Euros

coloneldesaccordé.jpgLe colonel Rymar, membre de l’armée portugaise suit le roi du Portugal en fuite vers le Brésil. Contre toute attente, celui-ci est missionné non pas pour se battre, mais pour veiller sur les instruments de musique de la cour. Ce va t-en guerre humilié d’être réduit à s’occuper de musique (art qu’il exècre) découvre de mauvaise grâce le nouveau monde.
À la fois récit d’aventure et de voyage, ce texte très drôle nous fait découvrir l’histoire de la colonisation du Brésil, la traite négrière et se révèle être une critique à peine déguisée de l’armée.
« Faites de la musique, pas la guerre »!

« Même les cow-girls ont du vague à l’âme », Tom ROBBINS

Même les cow-girls ont du vague à l’âme, Tom ROBBINS

Éditions Gallmeister (collection Totem) (10,00 €)

Même les cowgirls ont du vague à l'âme

Cela n’est pas par manque d’idée que nous vous proposons à nouveau ce roman comme suggestion de lecture estivale.
Que dire de plus pour enfoncer le clou ? Tout y est : de l’humour, de la politique, de la nature, de la philosophie, du sexe, tout cela écrit avec brio, par un auteur impertinent, cabotin, malin, un brin barré et très coquin.
Insistons donc : il faut lire Même les cow-girls ont du vague à l’âme.

« Photo de groupe autour du fleuve », E. DONGALA

« Photo de groupe autour du fleuve », E. DONGALA

Actes Sud
22,80 Euros

dongala.jpgLes femmes du groupe dont il est question dans le titre cassent des blocs de pierre pour un salaire de misère. La construction d’un aéroport augmente soudain la demande de gravier et elles décident de demander un meilleur tarif à leur intermédiaire. Cette lutte pour une somme minime, va être l’occasion de découvrir leurs parcours. Avant d’effectuer ce travail de forçat, elles avaient pour beaucoup d’entre elles une place plus brillante dans la société : qui femme d’affaire, qui mariée à un riche parti… Mais en Afrique, une femme sans argent n’est plus rien.
Leur petit pas vers une amélioration de leur condition va prendre des proportions rocambolesques car leur grève paralyse le chantier et devient une affaire d’État avec prise de position de la femme du ministre, puis de la femme de chef d’État, puis…
Tous les personnages ont une présence touchante et surtout drôle, tonique et l’on a peine à les quitter!

« Le tonneau », F. W. CROFTS

Le tonneau, F. W. CROFTS

Éditions Rivages Poche10,50 €

tonneau.jpg

Classique du roman à énigme, peu connu en France, ce roman est un modèle du genre. Une jeune femme assassinée est retrouvée enfermée dans un tonneau. La machination (presque) parfaite ourdie par le meurtrier va minutieusement être démontée par deux policiers, à Londres et à Paris, suivant les aller-retours du tonneau.

« Le jour avant le bonheur », Erri de Luca

« Le jour avant le bonheur », Erri de Luca



Gallimard
15 Euros

luca.jpgDans l’immédiat après guerre, un jeune orphelin livré aux rues grouillantes de Naples (magnifiée par Erri de Luca) vit sous la protection du concierge, Don Gaetano.
Cet homme généreux et sage va accompagner le parcours de vie du petit garçon puis de l’adolescent.
Doté de la capacité à lire les pensées des gens, il sait que son protégé est hanté par l’image d’une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre lors d’une partie de football.
Lorsque que la jeune fille revient, des années plus tard, l’adolescent devenu le narrateur de ce livre éblouissant aura plus que jamais besoin de l’aide de Don Gaetano.
Fable initiatique, roman de formation, « Le jour avant le bonheur » est tout à la fois poésie, lumière, ombre, silence, violence, fragilité. Il dit l’innocence, les rêves perdus… Il émeut, touche, enchante.

« Zuleika Dobson », Max BEERBOHM

« Zuleika Dobson », Max BEERBOHM

Éd. Monsieur Toussaint Louverture
16,75 Euros

zuleika.jpegSelon Monsieur Toussaint Louverture, « attirante, séduisante, fascinante… la jeune Zuleika Dobson l’est sans aucune limite ». Dès la descente du train en gare d’Oxford où son grand-père le recteur, l’attend, Zuleika Dobson déclenche un vif émoi dans le coeur des étudiants de l’ancienne et respectable Université. Or, la jeune prestidigitatrice, habituée à être courtisée lors de ses nombreux voyages à travers le monde, n’a jamais été amoureuse. Seul l’impeccable Duc de Dorset, parce qu’il l’aura traitée négligemment la première fois, réussira à éveiller un sentiment différent dans le coeur de la jeune femme. Mais cet amour, au lieu de les réjouir, donnera naissance à une idée plus saugrenue dans l’esprit du Duc qui contaminera la gent masculine oxfordienne.
L’écriture de Max Beerbohm, dont voici l’unique roman est délicieusement ironique, élégante, et cette histoire abracadabrante!

« Le lanceur de dés et autres poèmes », Mahmoud DARWICH

« Le lanceur de dés et autres poèmes », Mahmoud DARWICH

Actes Sud
21 Euros

darwich.jpgUn mois avant sa mort, le 9 août 2008, Mahmoud Darwich publiait « Le lanceur de dés », son dernier poème sous forme de testament. À sa lecture, nous éprouvons avec force l’épreuve de la mort et l’humilité du poète qui revient sur sa vie
« Je n’étais pour rien dans ce que je fus »,
sur l’inspiration poétique
« Je n’ai pour rôle dans le poème
que d’optempérer à sa cadence. »
Le recueil se veut aussi engagé. Darwich refuse de voir son pays effacé de la carte du monde:
« Notre pays est le coeur de la carte,
son coeur troué comme la pièce d’une piastre
au marché des ferronniers ».
ou se met à la place de ce jeune garçon, Muhammadd, mort dans les bras de son père, sous les tirs israéliens
« Muhammad se niche dans le giron de son père,
oiseau apeuré par l’enfer du ciel:
Protège-moi de l’envol, père,
car mes ailes sont encore petites pour le vent…
et la lumière est noire. »
S’ajoutent à ces poèmes les photos d’Ernest Pignon-Ernest qui témoignent de la présence indispensable du poète en collant son effigie sur des murs chargés de symbole.

« La descente de Pégase », James LEE BURKE

« La descente de Pégase », James LEE BURKE

Éd. Rivages

21,50 Euros

descentepagase.jpgLa dramatique marée noire qui frappe la Louisiane depuis quelques semaines m’a donné envie de découvrir l’oeuvre de James Lee Burke qui y a passé la moitié de sa vie et en a fait un personnage à part entière de ses polars.
Nous voici donc à New Ibéria où une jeune fille qui joue au casino avec des billets marqués à l’encre rouge renvoie Dave Robicheaux face à son passé d’alcoolique et d’homme violent. Les mystères se multiplient: un vagabond surnommé l’Homme Crustacé est retrouvé mort sur une route déserte. Une femme victime d’un viol collectif semble s’être suicidée…
Au fil des enquêtes Dave Robicheaux s’insurge devant le fossé qui se creuse entre les richissimes mafieux qui ont mis en place un système de corruption dans toute la Louisiane lié au casino et les laissés-pour-compte qui, victimes des ouragans et de la mondialisation ont tout perdu. Il vieillit et voit disparaître la culture et le mode de vie cajuns au profit d’une société où seul l’argent compte.
Un polar brillamment mené et totalement désenchanté.

« Paul a un travail d’été » « Paul en appartement », « Paul à la pêche », « Paul à Québec », Michel RABAGLATI

« Paul a un travail d’été » « Paul en appartement », « Paul à la pêche », « Paul à Québec », Michel RABAGLATI

Éd. Pastèque.

Respectivement: 19, 16, 22, et 20 Euros

Paul---Qu-bec.jpegCet été, Valentine, Béatrice et moi vous emmenons à Québec pour rencontrer Michel Rabagliati, figure incontournable du neuvième art québécois, qui met en scène des épisodes extraordinairement ordinaires de la vie de Paul.
Parce que nous n’avons pas réussi à faire un choix, nous vous proposons quatre albums:
« Paul a un travail d’été » nous parle de dominer ses angoisses et ses peurs, de s’épanouir au contact de jeunes filles en difficulté et de vie en collectivité.
« Paul en appartement » introduit le personnage de Lucie et relate une première expérience de vie à deux.
« Paul à Québec » aborde le déclin et la mort d’un proche tout en suscitant beaucoup d’espoir grâce à l’amour qui règne entre les membres de la famille et aide à dépasser la tragédie.
Il est difficile d’expliquer le plaisir suscité par la lecture de ces albums. Les dessins, d’une simplicité et d’une finesse incroyables mettent en valeur toutes les facettes des personnages. Michel Rabagliati est aussi un formidable conteur et possède l’art de traiter avec tact de sujets difficiles. Mélangez le tout avec le subtil langage québécois et envolez-vous…

« Imperial Bedrooms », Bret Easton ELLIS

« Imperial Bedrooms », Bret Easton ELLIS

Éd. Picador

18,90 Euros

imperialbedrooms.jpgDécidément Bret Easton Ellis aime les transversalités. Ses personnages ne se résument jamais aux facettes montrées dans un ouvrage. Ils disparaissent et réapparaissent d’un roman à l’autre, dévoilant de manière inattendue leurs identités multiples. « Less than zero », premier roman paru en 1985, parlait de jeunes américains privilégiés à la dérive dans une violence croissante d’actes et de sentiments. Rien ne garantissait leur survie. Pourtant, dans ce premier roman, la fiction se dote d’une fausse dimension biographique. « Less than zero » aurait en fait relaté l’existence de personnes bien réelles. Bret Easton Ellis se donne le rôle de l’auteur tout puissant disposant sans vergogne des individus, exposant sans retenue leur part d’ombre sous prétexte qu’elle constitue un matériau d’écriture. À travers « Imperial Bedrooms », les personnages nous reviennent des années plus tard, dans la force de l’âge, afin qu’ils nous racontent les conséquences de cette cruelle mise à nu.

« Une enfance corse »

« Une enfance corse », J-P Castellani et L Sebbar

éditions Bleu Autour
Collection : D’un Lieu L’autre

20,00 Euros

Vingt trois auteurs nés de famille corse, du continent ou du Maghreb, nous racontent, à travers de courts textes, leur enfance corse.
Textes à la fois nostalgiques, mélancoliques et humoristiques, ils montrent tous un profond amour pour cette île et ses habitants, que l’on devine en dehors du temps et du reste du monde.
A travers tous ces témoignages, on comprend que plus que tout autre endroit, c’est un terre sauvage qui se mérite.
De magnifiques textes qui vous feront découvrir la Corse de années 30 à nos jours et vous donneront de belles idées de voyage.

Le monde de Marcelo, Francisco X STORK

Le monde de Marcelo, Francisco X STORK

Gallimard
13,50 Euros

mondemarcelo.jpg

Marcelo est un adolescent de 17 ans, « différent » comme on dit, il est atteint d’une forme légère d’autisme. Il est à l’aise dans les lieux et avec les gens qu’il connaît et parfaitement conscient de ses possibilités et de ses limites. Son père le pousse à affronter le monde du travail, à l’occasion d’un stage dans son cabinet d’avocats. Il veut lui permettre de faire le choix entre « vie protégée » et « vie réelle », quitte à souffrir au début.
Le jeune homme, par ailleurs très beau et intelligent, déconcerte ses collègues, mais au delà des préjugés et de la peur de l’inconnu des relations intenses se nouent.
Il fera lors cet été de grands choix de vie, des découvertes sur ses proches, sur l’amour et la vie.
Côtoyer Marcelo est un vrai bonheur, une leçon d’humanité et d’optimisme. Il nous ouvre l’esprit sur une autre façon de voir le monde. Cette lecture est recommandée à tout âge.

Les mers perdues, Les jardins statuaires, Jacques ABEILLE

Les mers perdues, Les jardins statuaires, Jacques ABEILLE

Éditions Attila
Respectivement 23,00 et 24,00 Euros


mersperdues.jpgDeux parutions de textes de Jacques Abeille, illustrés par le fameux Schuiten, double réjouissance causée par la jeune maison Attila.
Les jardins statuaires (réédition du premier volet du Cycle des contrées) est tout à la fois un récit d’aventures, un conte initiatique et philosophique halluciné et hallucinant qui nous plonge dans un pays où on cultive… des statues.
Les mers perdues est un roman graphique né de la rencontre de Schuiten avec ce texte et des échanges qui ont suivi entre l’auteur et l’illustrateur.
La portée de ces textes, leur densité, la beauté des formes tant littéraire que graphique, l’histoire qui accompagne la publication de ces merveilles éditoriales justifient largement votre déplacement jusqu’à nous, afin que nous puissions vous en parler sans économie de mots.
En bonus, vous aurez peut-être la chance de croiser la silhouette de l’auteur déguisé en fidèle client.

Dans les pas de l’ours, traversée solitaire de l’Alaska, Emeric FISSET

Dans les pas de l’ours, traversée solitaire de l’Alaska, Emeric FISSET

Éditions Transboréal
19,90 Euros

pasours.jpg
1990, Emeric Fisset n’en est pas à son premier voyage solitaire. Au mois d’août, il quitte Barrow dans le but de traverser l’Alaska du nord au sud sans soutien logistique ni radio. Il arrivera à Cold Bay au prix d’une difficile évolution à pieds, à ski et à la rame hors des chemins tracés par l’homme.
Dix mois à braver le rude hiver septentrional. Dix mois dévolus à l’apprentissage de la survie en milieu sauvage, illuminés par des rencontres saisissantes avec la faune et les autochtones. Il y a chez Emeric Fisset un engagement profond en faveur du voyage comme découverte, une humilité et un respect aux lieux et aux peuples.
Un ouvrage pour découvrir les éditions Transboréal, créées par l’auteur et leur remarquable collections « Sillages » consacrée au récit de voyage au long cours.

Le quintet de l’Islam Tarik ALI

Le quintet de l’Islam Tarik ALI

Parution chez Sabine Wespieser
Volet 1 Un sultan à Palerme 24,00 Euros ou coll. J’ai lu 6,70 Euros
Volet 2 Le livre de Saladin 26,00 Euros
Volet 3 L’ombre des grenadiers 25,00 Euros
Volet 4 La femme de pierre 25,00 Euros
Volet 5 à venir

sultan.jpg
Ces quatre romans présentent des périodes, du XIIème au XXème siècle, où la culture musulmane était brillante, tolérante et éclairée. Tarik Ali nous donne à travers ces moments historiques une autre vision de l’histoire car vue par la tradition arabe et non chrétienne: les croisades au Moyen-Âge, la reconquista espagnole, la chute de l’empire ottoman…
À ces périodes là, l’Europe chrétienne est plutôt obscurantiste, fanatique et peu avancée et ouverte sur les progrès scientifiques.
Passionnant, tant par la qualité de l’écriture, que l’intérêt des sujets choisis et le point de vue historique.

L’Afrique de papa, Hippolyte

L’Afrique de papa, Hippolyte

Éd. Des Bulles dans l’Océan
14,00 Euros

afrique.jpg
L’Afrique de papa présente le travail d’Hippolyte, une alternance d’aquarelles et de photographies en noir et blanc, narrant l’histoire d’un séjour à Saly, un village de pêcheurs du Sénégal, à 80 km au Sud de Dakar, devenu un grand centre touristique.
Un fils découvre, carnet de dessin à la main, l’Afrique de son père, celle des retraités européens, le Sénégal des blancs, des « toubabs ». Il fait peu de commentaires mais son regard est sans complaisance.
Il aborde des sujets qui engendrent un malaise tels que la prostitution, féminine et masculine, le racisme, la pauvreté, sans oublier d’être aussi l’observateur de coutumes demeurées vivaces, d’aller à la rencontre des Sénégalais et d’approcher des visages ou les corps des lutteurs, la lutte occupant une place importante au sein de cet album à l’instar de celle qu’elle tient aussi dans ce pays.
L’auteur nous parle avec finesse et habileté de la misère et de la beauté des hommes.

Le Sel, Jean-Baptiste DELAMO.

Le Sel, Jean-Baptiste DELAMO.

Albin Michel
19,50 Euros

sel.jpg
Louise a invité ses enfants, Albin, Fanny et Jonas à dîner. Les souvenirs affluent et le doute s’installe. La mémoire d’Armand, père disparu, marin mutique et colérique hante les esprits de ses enfants tous si différents. Albin, proche de son père, ne comprend pas Jonas, ce frère qui aime les hommes et Fanny qui ne vit qu’à travers l’image de sa fille disparue. Peut-on se défaire du poids du passé pour se réunir et accepter sa famille?
Les voix se succèdent dans ce très beau roman à la fois sensuel et cruel pour raconter ces liens familiaux qui se tendent et parfois se cassent.

« Parmi les marins attablés, enivrés de vin, dans les éclats de voix et les chansons paillardes, je regarde tour à tour ces hommes rudes et il me semble alors qu’en chacun d’eux c’est un peu Armand que je perçois, un peu d’Armand que je sauve d’un éternel naufrage. »

« Reine d’un jour », Bertrand RUNTZ

Reine d’un jour, Bertrand RUNTZ

Éd. Finitude
16,00 Euros

reinejour.jpg

Dans ce « roman-photo », on feuillette en compagnie de Bertrand Runtz son album de famille. Les personnages y sont authentiques et attachants: Titine la domestique porteuse d’un terrible secret, Parrain le littéraire de la famille, ou encore Petit Prince le complice chat de gouttière.
Un roman splendide dans lequel le ton et les personnages sont toujours justes.
À découvrir absolument…

La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao, Junot DIAZ

La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao, Junot DIAZ

Coll. 10/18
7,50 Euros

brevemerveilleuse.jpg
La parution d’ouvrages en poche nous permet parfois de faire des lectures inattendues.
C’est la cas de « La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao », prix Pullitzer 2008 et qui mérite bien de figurer parmi les choix du mois d’octobre.
Oscar, jeune américain d’origine dominicaine, obèse et fan de science-fiction n’a pas vraiment une vie « merveilleuse ». Sa seule particularité est peut-être la riche histoire de sa famille, marquée du sceau d’une malédiction ancestrale, transmise de génération en génération.
Cette saga familiale tragicomique portée par un style unique, mélange le verlan et l’espagnol, nous permet de suivre, tambour battant, les aventures d’un anti-héros au grand coeur, avec lequel la vie est plutôt joyeuse…

The Rest is Noise, Alex ROSS

The Rest is Noise, Alex ROSS

Actes Sud
32,00 Euros

restisnoiseactessud.jpg

Récit passionnant au titre alléchant que ce « The Rest is Noise ». Alex Ross nous raconte l’histoire de la musique du XXème siècle, sous influence de son siècle justement. Ne vous laissez pas rebuter par la terminologie parfois technique de cet essai. Le critique musical, non content de nous faire assister à la naissance de la musique populaire, de nous expliquer de quoi s’est nourri la musique dite « classique », truffe son texte de portraits de compositeurs simplement humains (oscillant entre médiocrité et grandeur d’âme…), rendant ainsi ce pavé délectable.
A écouter aussi: le blog www.therestisnoise.com

L’Hypnotiseur, Lars KEPLER

L’Hypnotiseur, Lars KEPLER

Actes Sud
23,00 Euros

hypnotiseur.jpg

Attention: nouveau suédois à suivre. Cette première traduction qui sera suivie d’autres titres est une réussite. Elle met en scène Erik Maria Bark, psychiatre autrefois expert en hypnose médicale et l’inspecteur Joona Linna.
Bark a juré de ne plus pratiquer l’hypnose mais son aide va se révéler indispensable pour résoudre une affaire particulièrement horrible. Il pourrait ainsi empêcher un autre meurtre. Malheureusement, c’est lui et son jeune fils qui seront traqués par le tueur.
Les personnages sont consistants, l’intrigue est riche et complexe, présent et passé mêlés, elle nous égare sur plusieurs pistes crédibles.
Quant aux dernières pages, que dire, un crescendo terrible, implacable, qui vous laisse le souffle court. Vous ne lâcherez votre respiration qu’une fois le mot fin atteint.

Un pays à l’aube, Dennis LEHANE

Un pays à l’aube, Dennis LEHANE

Rivages Noir
10,50 Euros

paysaube.jpg
Si vous n’avez pas lu une « Histoire populaire des Etats-Unis » d’Howard Zinn et si vous avez raté son adaptation en BD, rattrapez-vous avec « Un pays à l’aube ». Le roman se passe à Boston, comme toujours avec Lehane qui sait parfaitement évoquer cette ville et son atmosphère.
Après la Grande Guerre, les soldats rentrent chez eux, les Noirs ont occupé leur poste pour participer à l’effort de guerre, la situation économique est catastrophique et la peur des Bolchéviques monte tandis que les syndicats s’organisent et réclament des conditions de travail décentes. Dans cette atmosphère de révolte sociale, d’attentats orchestrés par les anarchistes et de revendications des Noirs Américains pour obtenir des droits élémentaires (l’influence du W.E.B Du Bois est perceptible), nous sommes invités à suivre le destin de trois personnages. Babe Ruth, le joueur de base-ball de génie, au sommet de sa gloire, Luther Laurence, jeune Noir qui a fui le Sud après avoir tué un homme et Danny Coughlin, l’Irlandais, fils d’un capitaine de police et progressivement conquis par leurs idées.
Roman social, saga familiale, roman noir aussi, ce « Pays avant l’aube » est simplement magistral.

Gens des confins, Irene van der LINDE et Nicole SEGERS

Gens des confins, Irene van der LINDE et Nicole SEGERS

Éd. Noir sur Blanc
25,00 Euros

gensdeconfins.jpg
Il faut prendre le temps de lire cet ouvrage réalisé par deux femmes néerlandaises, une historienne et journaliste, Irene van der Linde et une photographe documentaire, Nicole Segers. Le texte et les images, des photos en noir et blanc, effectuées à l’aide d’un Leica M6/7, relatent un périple que les deux femmes ont entrepris avec la volonté d’aller à la rencontre des personnes vivant sur la frontière orientale de l’Europe. Avec simplicité et érudition, elles racontent leur voyage, de la Finlande à la Bulgarie, décrivent les paysages traversés, les repas, les maisons et font part des attentes, des craintes comme des rêves, des personnes croisées, des communautés, des gardiens de la frontière européenne. Un livre qui invite au voyage et à la compréhension, un livre d’Histoire et d’histoires.

Pont Omega, Don DeLillo

Pont Omega, Don DeLillo

Actes Sud
14,50 Euros

omega.jpg

Au musée d’art moderne de New York, un homme fasciné par la projection au ralenti du film « Psycho » d’Hitchcock, film étiré pour qu’il dure 24 heures. Fascination esthétique, métaphysique ou morbide? À des centaines de kilomètres un jeune cinéaste est invité en plein désert chez un vieil universitaire, ancien conseiller au Pentagone pendant la guerre d’Irak. Le jeune homme prépare un film, une interview-confession du vieil homme qui tarde à donner sa réponse. Les jours passent, le temps s’étire, les conversations se perdent dans l’immensité du désert, jusqu’à l’arrivée de la fille énigmatique de l’universitaire. Un univers lynchien pour ce texte hypnotique de De Lillo où les différents personnages semblent se diluer et perdre leurs notions d’espace et de temps.

les Derniers Grizzlys Rick Bass

« Les derniers grizzlys », Rick Bass

Édition Gallmeister
9,20 Euros
derniers grizzluys dg.jpgLes relations hommes/ours sont aussi intenses et conflictuelles aux Etats-Unis qu’en France. Le grizzly ne survit plus que dans quelques espaces protégés après avoir été chassé pendant des décennies. D’où l’importance de vérifier la rumeur qui pousse Rick Bass et ses compagnons à explorer les montagnes San Juan au Colorado. On y a tué le « dernier grizzly » dans les années 60, mais quelques traces et silhouettes aperçues laissent espérer que des spécimens ont survécus en toute discrétion.
Il y a 2 quêtes dans ce récit. D’abord celle du grizzly, animal symbolique dont l’aura émeut, touche et obsède ceux qui l’approchent. De l’autre côté celle de ces trois hommes, dont le mythique Doug Peacock, compagnon et ami d’Edward Abbey. Cet homme étrange et charismatique, un peu fou mène le groupe sur les traces de l’ours. Ils cherchent des endroits où subsiste un peu de la « sauvagerie » initiale du monde. Là où il est possible de prendre des « respirations » loin des abus de la civilisation.
On voit bien que la quête, ou le voyage, sont au moins aussi important que le but à atteindre et c’est le récit de cet impact sur les trois hommes qui est livré ici.

« Indignez-vous! » Stéphane HESSEL

« Indignez-vous! » Stéphane Hessel

Indigène éditions
3,00 Euros

C’est le cri du coeur d’un grand monsieur de 93 ans qui a adhéré au programme du Conseil National de la Résistance, qui est revenu des camps de concentration et a été co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Il s’indigne face au traitement des immigrés, des sans-papiers, face à une oligarchie qui contrôle les médias et il dénonce l’écart de plus en plus important entre les riches et les pauvres, la main-mise de la finance et la course à l’argent. Puis une place est consacrée à la situation de la Palestine.
Stéphane Hessel fait un parallèle entre la période 1940-1948 et actuellement. Son discours est très clair et laisse à réfléchir car il se positionne pour la non-violence comme solution pour un nouveau monde tout en comprenant la violence. Pour lui l’indifférence est la pire des attitudes : Indignez-vous !
Et un grand coup de chapeau aux éditions Indigène pour cette collection militante « ceux qui marchent contre le vent ». Vous trouverez également à la librairie les six titres précédents que nous soutenons toujours comme « Je suis prof et je désobéis », « Roms, tsiganes, voyageurs : l’éternité et après »…

la bascule du souffle – Herta Muller

« La bascule du souffle », Herta Muller

Édition Gallimard
19,90 Euros

herta muller.GIFLéopold a 17 ans et accepte dans sa naïveté et sa candeur de suivre les soldats Russes qui viennent le chercher. Nous sommes en 1945 dans une région Germanophone de Roumanie et la Russie accuse la communauté de Leopold d’avoir collaboré avec les nazis. Autant partir en voyage que de s’attirer les foudres de sa famille si on le surprend, le soir, dans le parc, avec des hommes…Alors il part pour cinq années de travaux forcés, de froid, de faim, d’humiliation et de privation.Comment tenir sans poésie, sans la simplicité de l’enfant qu’il est et dont les yeux voient encore les objets comme nous ne les voyons plus. Un livre miraculeux.

« Le mélange des genres » Martin Parr/ Quentin Bajac

« Le mélange des genres » Martin Parr/ Quentin Bajac

Textuel Éditions
19,90 Euros

Photographe majeur de sa génération, Martin Parr parle néanmoins peu de son art.
C’est désormais chose faite grâce à cet ouvrage qui est une conversation de l’artiste avec Quentin Bajac, chef du cabinet de la photographie du Centre Georges Pompidou.
Cet entretien nous permet de revenir sur ses influences, ses années d’apprentissage et nous donne les clés de ce qui fait de lui un artiste à part: un regard social et humaniste, à la fois ironique et empathique avec une prédilection pour la société de consommation ou encore le tourisme de masse.
Un ouvrage passionnant sur un artiste qui nous pousse à nous interroger en permanence sur notre société.

« Le monde animalier », Ohara Koson

« Le monde animalier », Ohara Koson

Éditions Bibliothèque de l’image
80 pages
25,00 Euros
Contrairement à des artistes comme Hiroshige ou Hokusai reconnus pour leurs paysages japonais, Ohara Koson (1877-1945) nous a livré presque exclusivement des représentations de plantes ou d’animaux.
Les estampes animalières présentes dans cet ouvrage témoignent de la remarquable maîtrise de l’artiste. Cette monographie, la toute première à lui être consacrée en France, est une véritable réussite et nous permet d’admirer les talents d’un peintre jusque là trop peu connu.

« Moi, Eugénie Grandet », Louise Bourgeois,

« Moi, Eugénie Grandet », Louise Bourgeois

Éditions Gallimard, collection Le cabinet des lettrés
144 pages
16,00 Euros
Artiste majeure de la scène contemporaine, Louise Bourgeois (1911-2010) nous livre dans cet ouvrage sa dernière création originale, spécialement conçue pour le musée de la Maison Balzac à Paris. Cette exposition « Moi, Eugénie Grandet » qui a lieu du 3 novembre 2010 au 6 février 2011, s’inspire largement de l’héroïne de Balzac qui a influencé Louise Bourgeois tout au long de sa carrière.
Ce livre est donc un témoignage de l’artiste qui revient sur son enfançe, son parcours et enfin sur cette création, composée de 16 panneaux de broderie. Ultime hommage de Louise Bourgeois à son modèle.

« Chanel », Jean Leymarie

« Chanel », Jean Leymarie

Éditions de la Martinière
260 pages
59,00 Euros
Chanel, un nom mondialement connu, un mythe même qu’il n’est plus besoin de présenter. En revanche, on connaît peut-être moins le parcours de sa géniale créatrice, mademoiselle Gabrielle Bonheur Chasnel dite Coco Chanel. Cet ouvrage revient sur les évènements marquants de sa vie, ses influences, ses relations, qui ont fait d’elle l’ambassadrice de la mode et de l’élégance parisienne. Un livre très documenté qui ravira les passionnés comme les profanes.

« Classic Africa », Michael Poliza

« Classic Africa », Michael Poliza

Éditions TeNeues
non folioté
98,00 Euros
Photographe reconnu, Michael Poliza est spécialisé dans les représentations naturalistes, et plus spécialement celles de l’Afrique ou de l’Antarctique. Son dernier ouvrage n’échappe pas à cette règle car il est un nouvel hommage au continent africain à travers sa faune, l’une des plus variées au monde. Les magnifiques photographies, en noir et blanc saisissent parfaitement la beauté et la diversité des animaux de ce continent, mais elles nous alertent aussi sur la fragilité de notre éco-système.
Un véritable safari-photos pour les amoureux de la nature.

« Huchet », photographies de Martine Chenais texte d’Isabelle Disquay et François Faure.

« Huchet », photographies de Martine Chenais, texte d’Isabelle Disquay et François Faure

Éditions Accés direct à la plage
non folioté
55,00 Euros
Ce magnifique livre est le résultat de la rencontre et du coup de foudre de la photographe Martine Chenais avec ce lieu géographique rare et mouvant qu’est le courant du Huchet dans les Landes. Les photographies et la mise en page soignée sont complétées par une partie botanique.
Une édition rare.

« Jean-Luc Godard, dictionnaire des passions », Jean-Luc Douin

« Jean-Luc Godard, dictionnaire des passions », Jean-Luc Douin

Éditions Stock
462 pages
25,00 Euros
En complément de la biographie d’Antoine de Baeque parue en début d’année, ce véritable dictionnaire nous propose de multiples entrées dans le travail complexe du cinéaste. Réflexions sans fins sur le monde et l’image, projets en perpétuelle évolution, travaux parfois aboutis mais invisibles, la carrière de Godard est vue ici sous un angle kaleïdoscopique, montrant une œuvre protéiforme, tentaculaire et qui, il faut bien l’avouer, nous échappe encore dans sa globalité.

« Just Kids » Patti Smith

« Just Kids » Patti Smith

Éditions Denoël
336 pages
20,00 Euros
Les souvenirs de jeunesse de Patti Smith apportent un nouvel éclairage sur la scène artistique new-yorkaise des années 70. De sa rencontre avec Robert Mapplethorpe jusqu’à la mort de celui-ci vingt ans plus tard, la chanteuse nous parle de leur parcours en commun et en parallèle, leurs passions amoureuses et artistiques, leurs rencontres parfois flamboyantes ou décadentes et leurs travaux toujours intimement liés à leur vie privée. Un fourmillement de création dans un New-York cosmopolite et talentueux où certains ont brûlé leurs vies. « Just kids » est là pour les prolonger.

« Enlèvement avec rançon », Yves Ravey

« Enlèvement avec rançon », Yves Ravey

Éditions de Minuit
139 pages
13,50 Euros
rancon.jpg« … le remarquable roman d’Yves Ravey contient un petit côté « Meurtre de Roger Ackroyd » d’Agatha Christie tant il s’amuse de l’implicite, de l’imagination et des fantasmes du lecteur. Si bien que ce dernier, une fois le livre achevé, n’aura qu’une seule envie : le relire et voir avec délectation à quel point il a, lui aussi, été manipulé. » (Vincent Joli, Rhinocéros)

« La bascule du souffle », Herta Müller

« La bascule du souffle », Herta Müller

Éditions Gallimard, collection du monde entier
308 pages
19,90 Euros
Léopold a 17 ans et accepte de suivre les soldats Russes qui viennent le chercher. Nous sommes en 1945 et on l’accuse, lui et ses compatriotes germanophones de Roumanie, d’avoir collaboré avec les nazis. Autant partir dans ce camp russe que de risquer la découverte de ses amours interdites. Cinq années de travaux forcés, d’humiliation, de froid et de faim nourrissent en lui la plus pure des poésie. Comment survivre autrement dans cet enfer ?

« Failles », Yanick Lahens

« Failles », Yanick Lahens

Éditions Sabine Wespieser
160 pages
15,00 Euros
Au lendemain du tremblement de terre en Haïti, Yanick Lahens nous livre un état des lieux de la catastrophe et de la situation du peuple Haïtien, au plus proche du drame et des émotions, l’auteure habitant Port-au-Prince. Il lui suffit d’ouvrir sa porte et de laisser parler ses sensations, ses souvenirs, son horreur et ses espoirs. Un très beau témoignage qui mêle journalisme, littérature et poésie.

« Là où les tigres sont chez eux », Jean-Marie Blas de Roblès

« Là où les tigres sont chez eux », Jean-Marie Blas de Roblès

Éditions J’ai Lu
892 pages
12,00 Euros
Pour Noël les éditions « J’ai Lu » rééditent en poche et sous coffret, ce roman paru en 2008 aux éditions Zulma. Ici les époques et les personnages se croisent, se confondent. Pendant qu’Eléazard se plonge et se perd dans un manuscrit autour du jésuite baroque Athanase Kircher, son ex-femme, Elaine, part dans une mission anthropologique au plus profond de la forêt amazonienne et leur fille Moéma se trouve en prise avec les doutes et les expérimentations propres à l’adolescence. Ce roman est aussi l’occasion d’évoquer le Brésil contemporain, de la déforestation aux intrigues politiques ainsi que les grandes interrogations de l’Europe baroque.

« Les derniers grizzlys », Rick Bass

« Les derniers grizzlys », Rick Bass

Éditions Gallmeister, collection Totem
257 pages
9,20 Euros
Dans les montagnes du Colorado, on aurait tué dans les années 60 le dernier grizzly d’Amérique du nord. Pourtant des rumeurs poussent Rick Bass et deux de ses amis à partir sur les traces d’éventuels survivants de cette espèce. Plus que la recherche de l’animal, les trois hommes sont en quête de la sauvagerie primale du monde.

« Oeuvres romanesques complètes. Vol1 et Vol2″, Boris Vian

« Œuvres romanesques complètes », volumes 1 et 2, Boris Vian

Éditions Gallimard collection La Pléiade
1310 pages et 1368 pages
50,00 Euros le volume
Coffret 100,00 Euros (prix de lancement jusqu’au 31 janvier 2011)
vian.jpgCinquante ans après sa mort, Boris Vian entre dans la Pléiade et sous sa plume musicale souvent ludique, parfois désenchantée, nous replongeons dans le Saint-Germain de l’après-guerre et des zazous.

« Code 1879″, Dann Waddell

« Code 1879  », Dan Waddell

Éditions du Rouergue
288 pages
20,00 Euros
WADDELL-2010.JPGCe roman savoureux présente la double enquête d’un policier de talent et d’un généalogiste professionnel qui vous entraînent à la fois dans le Londres du XIX et du XXI siècle pour suivre à travers les archives la piste d’un tueur en série et tenter d’élucider une suite de meurtres du passé sur lesquels sont calqués les meurtres actuels. Haletant et passionnant.

« Le faucheux : quatre enquêtes de Lew Griffin », James Sallis

« Le faucheux : quatre enquêtes de Lew Griffin », James Sallis

Éditions Gallimard, collection Folio policier
241 pages
6,10 Euros
faucheux333512-0.jpgAprès la découverte de ce styliste hors pair dans « Bois Mort », même collection, voici une autre facette de l’œuvre de Sallis. Lew Griffin, privé black, balade son désenchantement dans la Nouvelle-Orléans des années 60 à 90. On suit ainsi ses périodes de désespoir, de lutte contre l’alcool, ses histoires d’amour, sur fond de citations de son auteur fétiche : Chester Himes. un régal pour connaisseur !

« Indignez »

« Indignez-vous! » Stéphane Hessel

Éditions Indigène
32 pages
3,00 Euros

C’est un tout petit livre à faire lire à tout le monde ! Voilà le cri du cœur d’un grand monsieur de 93 ans qui s’indigne face au traitement des plus fragiles, l’écart de plus en plus important entre les riches et les pauvres, la mainmise de la finance et la situation en Palestine. Pour lui, l’indifférence est la pire des attitudes. Indignez-vous !

« Villes du monde »

« Villes du monde. Les cartes à travers l’histoire »

Éditions Géo
255 pages
39,90 Euros

Ce beau livre rassemble 200 cartes, plans et images satellites d’une cinquantaine de villes du monde. La qualité iconographique est remarquable. Entre les fac-similés de cartes anciennes, les photos satellites actuelles et un bref résumé historique, cet ouvrage permet de suivre l’évolution de ces villes au cours de l’histoire.

« Histoire de france »

« Histoire de France », 13 volumes, sous la direction de Joël Cornette

Éditions Belin

Voici une histoire de France très complète en 13 volumes, dont 8 parus. Chaque ouvrage est rédigé par un historien spécialiste de la période. Le texte est illustré par de nombreux graphiques, des cartes et des reproductions en couleur de documents d’époque. À vous de choisir le livre ou la collection entière à offrir.

Déjà parus :
Féodalités (888-1180), 36,00 Euros
Le temps de la guerre de Cent Ans (1328-1453), 36,00 Euros
Les Renaissances (1453-1559), 36,00 Euros
Les guerres de religion (1559-1629), 36,00 Euros
Révolution Consulat Empire (1789-1815), 36,00 Euros
La Révolution inachevée (1815-1870), 36,00 Euros
La République imaginée (1870-1914), 42,00 Euros
La France du temps présent (1945-2005), 36,00 Euros

À paraître :
La France avant la France (481-888)
L’âge d’or capétien (1180-1328)
Les rois absolus (1629-1715)
La France des Lumières (1715-1789)
Les grandes guerres.(1914-1945)

« Je meurs d’amour pour toi… », Isabelle de Bourbon-Parme, 256 pages et « Je ne suis pas jolie, je suis pire », Princesse de Metternich

« Je meurs d’amour pour toi… », Isabelle de Bourbon-Parme

256 pages

« Je ne suis pas jolie, je suis pire », Princesse de Metternich

288 pages
Éditions Livre de Poche, collection La Lettre et la Plume.
6,00 Euros chacun
La nouvelle collection « La lettre et la plume » aux éditions du Livre de Poche a pour objectif de marier littérature et histoire aux travers d’écrits intimes. Voici donc deux petits bijoux pour son lancement.
« Je meurs d’amour pour toi… » d’Isabelle de Bourbon-Parme qui fut mariée à l’empereur d’Autriche Joseph II et raconte le quotidien d’une princesse étouffée par l’étiquette et dont le principal rôle est de fournir un héritier mâle à la couronne. Son seul espace de liberté, elle le trouve dans son amour pour sa belle-sœur, l’Archiduchesse Marie-Christine à qui elle écrit ces lettres passionnées.
« Je ne suis pas jolie, je suis pire » de Pauline de Metternich. Épouse de l’ambassadeur d’Autriche auprès de Napoléon III, elle anima, pendant dix ans, la cour impériale. Pour faire oublier sa laideur, elle organisait des bals et des réceptions où elle se mettait en scène avec talent. Elle fut aussi une fine observatrice de ses contemporains et de la politique du Second Empire et nous livre ces anecdotes avec un humour et un franc-parler certains.
Les deux préface très éclairantes mettent parfaitement en situation les écrits de ces deux femmes.

« Derrida », Benoit Peeters

« Derrida », Benoit Peeters

Éditions Flammarion
740 pages
27,00 Euros
derrida.jpg« Ce faisant, nulle thèse superflue ne soutient l’exposé de Peeters, si n’était celle essentielle que l’œuvre de Derrida est l’exposant d’un monde, d’un monde en dérive qui montre son retard originaire sous la plume d’un grand d’entre les grands, auteur d’une œuvre monumentale pour ainsi dire sans monument. Et il est vrai que le livre nous laisse, devant Derrida, tout seul, en mal d’archive au moment où les lettres et les indiscrétions se multiplient. Seul au point de penser avec Derrida que personne n’a encore commencé à le lire, que c’est plus tard seulement que cela pourra advenir et sans doute toujours en différé, à un moment où déjà il ne restera plus rien de sa vie que ses cendres… » (Jean-Clet Martin, Vox Philosophiae)

« Axinamu » et « Oxiseau », Pittau et Gervais

« Axinamu » et « Oxiseau », Pittau et Gervais

Édition des Grandes Personnes
non folioté
19,50 Euros chacun
Le plus célèbre duo d’illustrateurs jeunesse, Pittau et Gervais, est de retour avec deux nouveaux albums aux formats hors du commun, tous deux conçus sur le même principe.
Ils mettent à l’honneur les mammifères, Axinamu, et les oiseaux, Oxiseau.
À vous de soulever, déplier, replier pour retrouver les animaux qui se cachent derrière chaque volet !
Un jeu de piste pour petits et grands qui ravira les amoureux des livres.

« Oedipe l’enfant trouvé », Yvan Pommaux

« Œdipe l’enfant trouvé », Yvan Pommaux

Éditions École Des Loisirs
55 pages
18,50 Euros
oedipespx.gifÀ ses petits enfants qui réclament une histoire mythologique, un grand-père décide de raconter la plus terrible, la plus triste, la plus tragique de toutes, celle d’Œdipe…
Superbement illustré et expliqué par Yvan Pommaux.

« Petites et grandes histoires des animaux disparus », Hélène Rajcak et Damien Laverdunt

« Petites et grandes histoires des animaux disparus », Hélène Rajcak et Damien Laverdunt

Éditions Actes Sud junior
77 pages
19,50 Euros
animaux dispoaminiature.aspx.gifAutrefois vivaient sur terre des animaux étranges : l’éléphant nain de Sicile, le castor géant…
Ces espèces peu à peu disparues nous sont connues par des traces ou des empreintes étudiées par les scientifiques et aussi d’étonnantes légendes un peu farfelues…

« Comment (bien) rater ses vacances », Anne Percin

« Comment (bien) rater ses vacances », Anne Percin

Éditions du Rouergue
185 pages
11,50 Euros
rater.jpgPour échapper aux vacances en famille, maxime, 17 ans, s’est concocté un programme peinard en banlieue parisienne chez sa grand-mère : ordi, tchat, musique…
Mais les vacances tranquilles vont vite se transformer en feuilleton délirant : Mamie nous fait une p’tite crise cardiaque et tout part en « live ». Un roman hilarant qui nous arrache des larmes de rire ! Pour les ados, les parents et les grands-parents.

« Ma mère était une très belle femme », Karlien de Villiers

« Ma mère était une très belle femme », Karlien de Villiers

Éditions ça et là
96 pages
17,00 Euros
À travers le portrait d’une famille d’Afrikaner déchirée par les conflits entre les parents, Karlien de Villiers décrit en creux le régime de l’apartheid et les mécanismes d’un système raciste organisé : endoctrinement des enfants et poids des institutions religieuses ultra-conservatrices. Sans fioritures, le trait naïf et la couleur simple focalisent à tout instant le propos sur le quotidien et la violence et font de cet album un témoignage magnifique et bouleversant.

« Aya de Yopougon », Marguerite Abouet, Clement Oubrerie

« Aya de Yopougon », Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

Éditions Gallimard – jeunesse

Tome 1 : 15,00 Euros
Tome 2 : 15,50 Euros
Tome 3 : 15,90 Euros
Tomes 4 et 5 : 16,50 Euros
Tome 6 : 17,00 Euros
C’est avec un mélange de joie et de tristesse que nous retrouvons Aya pour ce sixième volume. Joie parce que chaque rendez-vous avec Aya est l’occasion de retrouver la vie quotidienne, dans les années 70, d’une jeunesse africaine « normale », avec ses amourettes, ses amitiés et ses difficultés, loin de la violence et des guerres civiles qui font la Une de l’actualité. Tristesse parce que Marguerite Abouet et Clément Oubrerie ont décidé de mettre fin aux aventures de tout ce petit monde.
Nous avons donc décidé, en ces fêtes de Noël, de mettre un coup de projecteur sur Yopougon (quartier d’Abidjan), sur ses expressions délicieuses, ses couleurs intenses et son ambiance chaude. Alors si vous ne connaissez pas encore, précipitez-vous. Si vous connaissez déjà, vous accourrez de vous-mêmes…

« Batou », H.J. Tute

« Batou », Heinz-Joachim Tute

Bang ediciones, collection Mamut
52 pages
10,00 Euros
Batou est un petit bonhomme roux qui ressemble à s’y méprendre à Mafalda. Accompagné de son fidèle chien Toutoum, il découvre le monde : prend sa baignoire pour les « profondes eaux océaniques », cherche un moyen de lutter contre le gros monstre des cauchemars, recherche sa mamie qui manque tant à sa maman, invente un langage imaginaire… le tout avec humour et malice.
Parents, cette petite BD est à expérimenter dès 9 ans mais ne vous privez surtout pas des éclats de rire qu’elle ne manquera pas de susciter chez vous.

« Poivres », Gérard Vives

« Poivres », Gérard Vives

Éditions du Rouergue
192 pages
29,00 Euros
poivre.aspx.gifCet élégant ouvrage nous réapprend la noblesse des grands crus du poivre et nous invite à un voyage sensuel et gourmand en 14 poivres et 106 recettes. Livre de connaisseur et d’initiation, « Poivres » est une drôle d’encyclopédie et un merveilleux recueil culinaire.

« Le livre des recettes du Festin »

« Le livre des recettes du Festin »

Le Festin
224 pages
20,00 Euros
Voici un coquet petit livre de recettes où les souvenirs d’une trentaine de cuisiniers évoquent un plat ou une ambiance. Chaque recette est associée à une personne chère, à une saison ou des vacances.
Pour vous mettre l’eau à la bouche : la mousse au chocolat de Madeleine, les chipirons « de los todos », les beignets d’acacia, le pain perdu et de nombreuses autres…
À vos souvenirs et à vos fourneaux!

« Petit dictionnaire illustré de tout le monde – blablabla n°2″, Collectif

« Petit dictionnaire illustré de tout le monde – blablabla n°2 », Collectif

Éditions N’a qu’un œil
non folioté
32,00 Euros
Fruit d’une récolte de mots auprès d’enfants et d’adultes de Bordeaux, ce dictionnaire décalé nous offre des définitions souvent drôles et parfois touchantes de notre quotidien. Un livre multiculturel qui jette un regard neuf sur nos voisins et sur nous-mêmes.

« Mon con d’chien », Jeanne-Marie Sens,

« Mon con d’chien », Jeanne-Marie Sens

éditions sens et tonka collection l’une et l’autre
23 pages
4,00 Euros
moncondchien.jpg« Putain qu’est-ce qu’on va lui raconter à la zine, déjà qu’elle nous fait chier avec la zique qu’elle dit toujours qu’on joue trop fort la nuit… Et voilà que ce con d’chien il a étendu le chien à la zine, qu’est-ce qui t’a pris toi con d’chien d’avoir… shooté le caniche à la zine, y t’a foutu les boules ou quoi ? » Jubilatoire !

« la Couleur des sentiments » J.Stockett 23.80 euros

« La couleur des sentiments » Kathryn Stockett

Roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Girard

23,80 €
éditions Jacqueline Chambon

couleur1302536608.jpg Ce roman nous plonge dans le sud des États-Unis, en 1962, quand les lois raciales modelaient la société. C’est au travers des rapports entre les femmes blanches de la bonne société de Jackson, Mississipi et de leurs bonnes noires que ce pan d’histoire nous est livré.
La jeune Skeeter vient de finir ses études et se pose des questions sur ce cadre qui parait immuable. Elle envisage de devenir écrivain et son projet de roman s’ébauche autour de la vie et du ressenti des bonnes, présences invisibles de toutes les familles bourgeoises de la ville. Malgré le danger, il est inconcevable qu’une noire puisse faire le moindre commentaire sur sa patronne, deux d’entre elles, Aibileen la posée et Minny l’impertinente, vont lui faire partager leur quotidien et leurs humiliations. Passées la méfiance et la prudence une forte amitié liera les trois femmes. Leur récit est inoubliable, pétri d’émotion et d’humour. Ce roman passionnant est aussi un témoignage sur une époque funeste des USA qui marque encore aujourd’hui les relations sociales.

« Trop n’est pas assez » Ulli Lust 26euros

« Trop n’est pas assez » Ulli Lust

26,00 €
éditions Ça et là

ULLI LUST.jpgÀ l’été 84, deux jeunes punkettes autrichiennes décident de partir en Italie sans passeport, sans argent, avec juste les vêtements qu’elles ont sur le dos et un sac de couchage pour deux. « Trop n’est pas assez » est le récit autobiographique de ce voyage initiatique qui commence de manière bucolique par la traversée des Alpes et se transforme progressivement en enfer. Entre belles rencontres et comportements machistes, entre débrouillardise et vraies galères, Ulli Lust nous offre un récit sans complaisance et parfois cru mais tellement passionnant que nous lui souhaitons de remporter un prix au prochain festival d’Angoulême.

« Leçon de photographie » Stephen Shore 19.95 euros

« Leçon de photographie » Stephen Shore

éditions ACDP
19,95 €
Stephen shorePhotographe américain, Stephen Shore explore dans cet ouvrage les différentes façons de regarder et de comprendre la photographie.
Toutes les époques de l’histoire de la photographie y sont abordées, de la photographie de rue à la photographie d’art, en passant par les photographies d’anonymes.
Ce manuel très documenté est un incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à ce domaine ou qui souhaitent aiguiser leur sens artistique.

« La sécurité des personnes et des biens » Manuel Joseph et Myr Muratet

« La sécurité des personnes et des biens » Manuel Joseph et Myr Muratet

éditions P.O.L.
28,00 €
livre-securite-des-personnes.jpg Cette œuvre à quatre mains et quatre yeux de Myr Muratet, photographe, et Manuel Joseph, écrivain, nous plonge dans un univers urbain angoissant et terriblement réaliste. Monsieur J., le narrateur, sort d’un « centre de réadaptations », prison ou hôpital psychiatrique ou peut-être les deux. Confronté à ses névroses, à son passé dont il ne peut parler, il tente de s’habituer à sa nouvelle vie en s’installant dans un nouvel appartement. Ce récit sobre, simple et juste est entrecoupé de textes prélevés par Manuel Joseph et traitant de l’utilisation de métaphores médicales pour parler des guerres et actions de contrôle des populations les plus violentes. Ces fragments donnent une autre dimension au texte, tout comme les photos de Myr Muratet, portraits d’habitants de la rue, de policiers dans des gares vides ou de mobilier urbain. Une œuvre complète, profonde et une collaboration réellement réussie.

« Dans la mer il y a des crocodiles l histoire vraie d’Enaiatollah Akbari » F.Gedda 15 euros

« Dans la mer il y a des crocodiles l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari » Fabio Geda

éditions Liana Lévi
15,00 €
crodo9782867465581FS.gifEnaiat est un gamin d’une dizaine d’année, issu d’une ethnie minoritaire en Afghanistan. Sans avenir dans son pays il est « abandonné » par sa mère à la frontière du Pakistan. De là et durant 5 ans il va cheminer jusqu’en Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. On est impressionné, ému ou amusé par les rencontres et les embûches qu’il a rencontré. Mais il raconte son périple avec simplicité et dignité. Il est sorti vivant des choses insoutenables qui se produisent sur les routes de l’exil et toujours fier d’être un humain, mais comment ne pas s’indigner des conditions de « bétail » qui sont faites à tous ceux qui fuient leur pays. Une lecture qui s’adresse à tous, jeunes compris.Indignez vous !

« Comment gagner sa vie honnêtement » Jean Rouaud

« Comment gagner sa vie honnêtement » Jean Rouaud

Éditions Gallimard

336 pages
19,50 Euros

ROUAUDe.pngAprès avoir écrit cinq ouvrages sur sa famille, dont « Les champs d’honneur », Jean Rouaud aborde sa jeunesse influencée par mai 68. Il porte un regard décalé sur cette époque qu’il traverse en compagnie de ses « cousins », des marginaux qui vivent en communauté à la campagne dans le sud de la France.
Toujours tiraillé par son éducation catholique, où droiture et travail étaient la base, il se retrouve à jongler entre divers petits boulots, à une époque où le travail n’était pas à la mode. On le suit donc dans ses pérégrinations, ce début de vie adulte poétique suivi par un quotidien plutôt incertain.
Beaucoup d’humour et de dérision et toujours cette écriture si soignée.

« Faut-il manger les animaux? » Jonathan Safran Foer traduit de l’anglais (2tats-unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard

« Faut-il manger les animaux? » Jonathan Safran Foer traduit de l’anglais (États-unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard

Disponible en VO sous le titre « Eating animals »
Éditions l’Olivier

336 pages
22,00 Euros

FOER.gifAprès trois années de recherches, l’écrivain américain Jonathan Safran Foer nous livre un essai choc sur le traitement réservé aux animaux que nous mangeons.
Mélangeant l’enquête de terrain dans les fermes industrielles et les abattoirs, et l’autobiographie à partir de son rapport personnel à la nourriture, l’auteur nous décrit les horreurs observées qui l’ont mené à devenir végétarien.
Une lecture dont vous ne sortirez pas indemnes.

« Quatre sœurs », T.1, « Enid » Malika Ferdjoukh et Cati Baur

« Quatre sœurs », tome 1 : Enid, Malika Ferdjoukh et Cati Baur

Édition Delcourt

144 pages
14,95 Euros

ENID.jpgOrphelines depuis peu, les sœurs Verdelaine se débrouillent comme elles peuvent. La Vill’Hervé, manoir en bord de mer se déglingue de partout, une tempête s’annonce mais rien n’entrave la bonne humeur des cinq sœurs. Rien ? Sauf peut-être ces cris dans la nuit qui laissent penser à Enid que le manoir est hanté. Sauf peut-être aussi la jeune Colombe venue passer quelques jours à la Vill’Hervé.
Adaptation de la série des « Quatre sœurs » de Malika Ferdjoukh, cet album, aux illustrations finement réalisées, séduira les amateurs de la série et aussi ceux qui la découvrent.

« Terrienne » JC Mourlevat

« Terrienne » JC Mourlevat

Éditions Gallimard-Jeunesse

320 pages
16,00 Euros

terriennethumbnail.jpgAprès « le Chagrin du roi mort » et « Combat d’hiver » Mourlevat change de registre. Son roman se passe à notre époque entre Saint-Etienne et Montbrison ! Un vieil homme, écrivain, prend en stop une jeune fille de 17 ans. Nous allons basculer dans un monde parallèle où Anne l’héroïne recherche sa sœur disparue. C’est une société froide et inquiétante où les gens ne respirent pas; Anne y est vite reconnue comme « terrienne » car elle soupire, rit, pleure… On est très vite captivé par cette ambiance mystérieuse qui évoque Barbe-Bleue mais aussi Orphée et Eurydice au royaume des morts. Hommage réussi !

« Les lieux infidèles » Tana French

« Les lieux infidèles » Tana French

Éditions Calmann-Lévy

352 pages
20,90 Euros

tana2702141692_08_LZZZZZZZ.jpgFranck Mackey est un flic dublinois, spécialisé dans les missions d’infiltration. Il a coupé les ponts avec ses origines, sa famille modeste pour ne pas dire misérable et le quartier de sa jeunesse. À 19 ans il avait prévu de fuir cette existence sordide pour rejoindre Londres avec son amie Rosie Daly. Celle-ci lui a fait faux bond la nuit du départ et depuis sa vie est comme hantée par cette absence. 22 ans plus tard sa soeur l’appelle, une valise vient d’être retrouvée dans un vieil immeuble avec les affaires de Rosie. C’est le moment pour Franck de remettre les pas dans son passé. L’évocation de la vie de l’époque, des tensions familiales, du désir de ne pas vivre la même vie que leurs parents nous rendent les personnages très proches. Franck Mackey fait penser au Harry Hole de Jo Nesbo, désespoir, alcool et rock’n'roll et la figure de Rosie, son amour jamais oublié est bouleversante de fraîcheur et de vie.

« Ward » Frédéric Werst

« Ward » Frédéric Werst

Editions du Seuil

410 pages
22,00 Euros

Voici un livre fou qui provoque un plaisir de lecture qui confine à la jubilation. « Ward » se présente comme l’anthologie, la première de ce type, de la littérature de ce peuple écrite aux premier et deuxième siècle. À travers les livres fondateurs de la religion des Ward, les grands auteurs de poésie de ces deux siècles ou encore les ouvrages décrivant les avancées scientifiques, c’est toute leur histoire et leur mythologie que nous découvrons. Mais le plus grand mérite de ce livre est de nous proposer une lecture bilingue wardwesân-français alors même que le wardwesân est une langue sortie directement de l’imagination démesurée de Frédéric Werst. Ainsi, non content de créer un monde, un peuple et son histoire, il a surtout crée sa langue et l’a utilisée. Ce livre nous offre donc des possibilités de lectures infinies et les plus fous d’entre nous pourront grâce au lexique et à la grammaire ward proposés en fin d’ouvrage tenter une nouvelle traduction. Un livre pour les passionnés de SF, de linguistique, d’histoire, de mythologie, de poésie ou tout simplement pour les lecteurs curieux !

Chami Chikan, la Loi des pyramides Philippe DUMONT

« Chami Chikan, la loi des Pyramides », Philippe Dumont

éditions Alice Jeunesse
376 pages
17,50 Euros

Chami chikan.gif
Ce roman pour adolescents nous projette dans un futur proche, 2082, dans une société eugéniste où les vieillards et autres enfants handicapés n’ont plus leur place. La petite Chami, une enfant adoptée dans des circonstances mystérieuses vit avec ses parents et son « grand petit frère » légèrement « différent », dont la présence dans la famille doit rester cachée. Chami est exceptionnellement intelligente pour ses 8 ans, elle est la proie de rêves étranges, ou un Inca lui prodigue des conseils. Quand l’armée vient la récupérer, car elle fait partie d’un projet militaire, elle s’échappe et part sur les traces de ses origines, vers le Pérou où l’Equateur.
Elle y découvrira qu’elle possède de multiples capacités et pas seulement celle que les militaires lui allouent. Elle va aussi retrouver ceux qui rêvent d’une société plus respectueuse de l’humain.
Il s’agit d’un joli roman au contexte original, l’auteur pose un regard assez tendre sur ses personnages et nous remet en tête des valeurs fortes.

« Comme une odeur de muscles, contes de village », Fred Pellerin

« Comme une odeur de muscles, contes de village », Fred Pellerin

éditions Le passager clandestin
150 pages
23,00 Euros
comme_odeur_muscles.JPGParce que se faire du bien passe en partie par le rire autant se délecter de ce petit bijou d’humour québécois ! Fred Pellerin, jeune conteur originaire de la Mauricie, nous confie les mœurs les plus burlesques de son village désormais célèbre outre-atlantique : Saint-Elie-de-Caxton. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le CD du spectacle joint à l’ouvrage nous fait redoubler de rire à grand coup d’accent et d’expressions succulentes. Régalez-vous !

« Blonde platine », Adrian Tomine

« Blonde platine », Adrian Tomine

éditions Delcourt
136 pages
16,50 Euros
blonde_platine (1).JPGAdrian Tomine use d’une grande finesse pour nous parler de l’isolement à travers quatre portraits d’américains moyens. Ils ont en commun un rapport difficile avec les autres leur renvoyant un reflet peu flatteur de leur personne. Pourtant, même à l’abri derrière la porte de leur appartement, le soulagement n’est pas total car rôdent le désœuvrement et l’angoisse. Pris entre la peur de l’impasse et celle du changement, ces « loosers » en quête d’estime d’eux-mêmes développent des comportements extrêmes ou des petites manies presque pathologiques qu’on ne se lasse pas d’observer.

« Les sentiers de l’utopie », Isabelle Fremeaux et John Jordan

« Les sentiers de l’utopie », Isabelle Fremeaux et John Jordan

Edition la découverte
320 pages
25,00 Euros
UTOPIES.jpgQue de belles expériences utopiques dans ce livre-film ! Isabelle Fremeaux et John Jordan nous font partager, partout en Europe, la vie de communautés qui ont choisi de vivre autrement. Voilà des expérimentations de production, d’échange, d’enseignement qui permettent d’envisager l’après capitalisme. Le film et le livre se complètent à merveille et nous voici à rêver d’une autre société…

« Spooner », Pete Dexter, traduit de l’anglais (États-unis) par Olivier Deparis

« Spooner », Pete Dexter, traduit de l’anglais (États-unis) par Olivier Deparis

éditions de l’Olivier
557 pages
24,00 Euros
Spooner.gif« Spooner » est un de ces romans dont on aimerait qu’il ne finisse jamais. Dès le début, la vie de Spooner est placée sous de mauvais augures. Son père et son grand-père meurent quelques jours avant sa naissance et au terme d’un accouchement épique de 53 heures, Spooner met le nez dehors vivant tandis que Clifford, son jumeau, qui restera à jamais le préféré, est mort-né. À partir de là, Spooner est voué à semer le chaos autour de lui et cela bien malgré lui. De son enfance où, surnommé le Vandale, il pisse dans les chaussures de ses voisins, à l’âge adulte où il est presque laissé pour mort dans un quartier mal famé de Philadelphie, en passant par ses années de lycée et ses « exploits » au base-ball, Pete Dexter dresse un portrait fascinant de son personnage. Entre farce et tragique, entre éclats de rire et larme qui pointe à l’œil, ce livre est aussi le récit de la relation entre Spooner et son beau-père Calmer dont la mission semble être de réparer les torts de cette tornade. Une histoire d’amour filial très forte mais jamais formulée. Enfin dernier conseil : n’omettez pas de lire les onze pages de remerciements qui sont décidément pleines d’humour…

« L’atelier de la chair », Emmanuelle Pol

« L’atelier de la chair », Emmanuelle Pol

éditions Finitude
127 pages
13,50 Euros
ImageAprès un recueil de nouvelles intitulé « La douceur du corset » paru en 2009 aux éditions Finitude, Emmanuelle Pol revient avec un roman au sujet original : la liaison amoureuse d’une jeune femme et d’un septuagénaire, sculpteur et professeur aux Beaux Arts. Une passion physique et intellectuelle naît entre le maître et son élève. Après des mois d’une liaison secrète, la jeune femme va découvrir le vrai visage de son amant. Commence alors pour elle une longue réflexion sur cette relation factice dont elle va avoir du mal à se défaire. Un premier roman qui traite d’un thème cher à l’auteur, celui de la complexité des liens amoureux.

« Le léopard », Jo Nesbo, traduit du norvégien par Alexis Fouillet,

« Le léopard », Jo Nesbo, traduit du norvégien par Alexis Fouillet,

éditions Gallimard
760 pages
21,00 Euros
Nesbo.gifIl y a beaucoup d’actualités intéressantes dans le polar ce mois-ci mais on ne résiste pas à une nouvelle aventure de Harry Hole ! Le flic le plus mal en point, le plus désespéré, le plus alcoolo d’Oslo. D’ailleurs il n’est plus en Norvège depuis sa dernière enquête (« le Bonhomme de neige », Folio policier) déjà exceptionnelle, mais à Hong-Kong où il essaie d’atteindre les tréfonds de la déchéance : le jeu, les dettes, l’opium. Une confrère vient le tirer de là, son aide est requise au pays pour faire face à un tueur en série, sa spécialité. Il tombe en pleine guerre des polices, et doit louvoyer dans ce micmac qui lui déplait foncièrement, de plus il n’est apprécié de personne ou presque. Mais comme à chaque fois ses intuitions font mouche et son sens du devoir le fait aller à l’essentiel : coincer le meurtrier. On apprécie Harry pour son côté irréductible, indestructible, politiquement incorrect et son sens de l’humour ; on suit ses déboires personnels et amoureux et on voudrait tellement qu’il s’en sorte !

« Perdu ? Retrouvé ! », Oliver Jeffers, traduit de l’anglais par Élisabeth Duval

« Perdu ? Retrouvé ! », Oliver Jeffers, traduit de l’anglais par Élisabeth Duval

éditions l’École des loisirs
30 pages
12,50 Euros
Quand un petit garçon trouve un pingouin devant sa porte, il décide de l’aider à retrouver son chemin. Mais personne ne semble savoir d’où il vient ! Les deux compères s’engagent alors dans un voyage vers le pôle Nord. Mais ce pingouin est-il réellement perdu ou simplement à la recherche d’un ami ? Une découverte, ou redécouverte, de l’univers poétique et attachant d’Olivier Jeffers.

« L’homme-alphabet », Richard Grossman, traduit de l’anglais (États-Unis) par Heloïse Esquié

« L’homme-alphabet », Richard Grossman, traduit de l’anglais (États-Unis) par Heloïse Esquié

éditions le Cherche Midi
485 pages
21,00 Euros
hom-alp.jpgLe livre tire son titre du surnom de son personnage central, Clyde Wayne Franklin, au corps entièrement tatoué de lettres. Après avoir passé vingt ans de sa vie en prison pour le meurtre de ses parents et être devenu un poète majeur, Clyde se retrouve à Washington à la recherche de sa petite amie Barbie mystérieusement disparue. Il s’enfonce dans une enquête où il ne maîtrise rien, où lui et nous ne savons plus très bien qui le manipule et dans quel but. Entre polar et roman psychologique ce livre frappe par son incroyable liberté. L’enquête alterne avec le récit halluciné de son enfance douloureuse et les interrogations de ses voix intérieures donnant au final un roman riche, profond et puissant.

« The Book of Other People », sous la direction de Zadie Smith, Penguin

« The Book of Other People », sous la direction de Zadie Smith

Penguin
14,90 Euros
Book.jpg« The Book of Other People » est une étrange compilation orchestrée par Zadie Smith. De la littérature à la bande dessinée, ils sont plusieurs (et pas des moindres) à avoir collaboré au projet. Qui sont ces « ils » ? Daniel Clowes, Chris Ware, Posy Simmonds, Nick Hornby, J.S. Foer etc. Curiosité piquée. Et quel est donc ce « projet » ? Créer un recueil de nouvelles aux airs de clichés instantanés. Un auteur et clic ! un portrait. Toutes ces formes d’écriture si particulières apposent formidablement leurs marques sur l’identité de chaque personnage. Ainsi, Frank n’a rien en commun avec Gordon qui ne ressemble pas plus à Lélé que Magda à Rhoda mais tous sont à connaître. Un ouvrage qui propose différents niveaux de difficulté de lecture.

Keith Haring : *Journals*, Penguin

 

Penguin
420 pages
20,80 Euros
journals.jpgL’introduction de ce livre précise : « Il est évident, d’après les notes laissées par Keith Haring dans son journal, qu’il s’attendait à ce que d’autres le lisent ». Le lecteur parviendra à la même conclusion. Rien ne semble avoir été écrit dans un seul but cathartique, n’ayant de sens que pour l’auteur. Keith Haring a délibérément choisi d’utiliser ses journaux « intimes » comme média pour exprimer son art et, à travers celui-ci, son rapport au monde. Il écrit : « This is my message. The medium is unimportant. It is art as I know it. It is life as I know it. ». Le support n’a pas d’importance, seul le message compte. Photographies et reproductions d’œuvres enrichissent le propos et ouvrent sur d’autres pistes. L’écriture est simple, comme le dessin, et le sentiment d’insoumission puissant. Un témoignage passionnant, loin de ne s’adresser qu’aux amateurs d’art.

« Le dernier stade de la soif » Frederick Exley, traduit de l’américain par Philippe Aronson et Jérôme Schmidt

« Le dernier stade de la soif » Frederick Exley, traduit de l’américain par Philippe Aronson et Jérôme Schmidt

éditions Monsieur Toussaint Louverture
445 pages
23,50 Euros
Dernier_Stade_Livre.jpgClassique aux États-Unis, mais totalement inconnu en France, le « Dernier stade de la soif » est un roman magistral paré d’une superbe couverture. Fred Exley s’y dépeint comme un inadapté à toute forme de vie sociale, condamné à n’être qu’un supporter quand il se rêvait champion adulé par les foules. Avec un humour ravageur, il dresse le portrait d’une Amérique qui prône des valeurs vides de sens et aussi le sien, un alcoolique, un fou qui s’entraîne dans une chute perpétuelle. Un très grand plaisir de lecture.

« La fiancée des corbeaux » René Frégni

« La fiancée des corbeaux », René Frégni

éditions Gallimard
164 pages
15,00 Euros
Fregny.jpgVoici un récit très personnel entamé lors du départ de sa fille, partie seule mener sa vie d’étudiante . René Frégni évoque ces 18 années à s’occuper de Marilou, le rythme de l’école, des vacances, les moments de complicité partagés à Manosque. Puis il nous parle de cette nouvelle solitude, du temps passé à observer ses jeunes voisins, de ses amis Isabelle, Lili, Tony… Il revient aussi sur son enfance et la liaison quasi-fusionnelle qui l’unissait à sa mère. Ces passages donnent furieusement envie de relire « Elle danse dans le noir » (Folio) écrit 15 ans plus tôt, où il évoque avec beaucoup d’émotion son entrée dans la paternité, la maladie et la mort de sa mère.
Une justesse de ton, un style simple pour ces deux récits qui évoquent l’homme à fleur de peau qui a choisi une vie libre.

« Le potager anti-crise côté cuisine » Virginie Iriarte Arriola, éditions Ulmer

« Le potager anti-crise côté cuisine » Virginie Iriarte Arriola

éditions Ulmer
191 pages
22,00 Euros
potagerimages.jpgSi vous avez passé l’étape numéro 1, c’est à dire avoir un potager, voici l’étape numéro 2 : que faire de votre production ! Les recettes, proposées par saison, sont chaleureuses, inventives et gourmandes. C’est une cuisine familiale qui donne envie de varier ses classiques et de découvrir de nouveaux produits.

Revue « 6 Mois », éditions des Arènes

Revue « 6 Mois »

éditions des Arènes
352 pages
25,00 Euros

Semestriel
Six mois.jpgTrois ans après la création de la revue XXI, son équipe de journalistes revient avec une toute nouvelle revue de photojournalisme, la revue « 6 mois ». À travers 800 photographies et 12 portfolios, cette revue fait la part belle aux reportages aux 4 coins du globe, servis par des photographies d’une grande qualité. Au sommaire de ce premier numéro : la Chine, l’Angleterre, Haïti, la Guinée-Bissau, l’Irlande ou encore le reportage très émouvant de Darcy Padilla, photographe américaine, qui a suivi pendant 17 ans Julie Baird, jeune mère séropositive et droguée, jusqu’à sa mort en 2010.
Une revue dont nous attendons avec impatience les prochains numéros.

« L’affiche de poésie 1990 2010″, Didier Vergnaud

« L’affiche de poésie 1990 2010″, Didier Vergnaud

éditions Le Bleu du ciel
200 pages
40,00 Euros
affiche-poesie.jpg« Mettre la poésie debout » a dit Bernard Heidsieck. La mettre debout, la mettre dans la rue, dans l’espace public, c’est cela « L’affiche, revue murale de poésie ». Pendant vingt ans, de 1990 à 2010, les éditions le Bleu du ciel ont proposé à cent auteurs et plasticiens de croiser leur univers pour investir abribus et panneaux publicitaires et installer la poésie et l’art contemporain là où on ne les attend pas. Un an après la publication de la dernière des 69 affiches, ce livre retrace cette aventure à travers des critiques, des témoignages et bien sûr la reproduction de l’ensembles des affiches publiées.

« Côme », Srdjan Valjarevic

« Côme », Srdjan Valjarevic

éditions Actes Sud
263 pages
21,80 Euros
couv-come.jpgLe lac de Côme, une invitation de la fondation Rockefeller, un cadre idyllique, tout pourrait sembler parfait pour le narrateur, jeune écrivain serbe. Mais alors qu’il a obtenu une bourse pour cela, il n’a aucune envie d’écrire. Les autres pensionnaires, universitaires riches et célèbres pour la plupart, sont à des années lumières de son quotidien et il ne sait pas bien ce qu’il fait là. De déjeuner en dîner, se soûlant méticuleusement, marchant parfois, fuyant tant qu’il le peut les mondanités, il va sans le vouloir faire de ce séjour un moment à part dans sa vie jusqu’à espérer que cela ne s’arrête jamais. À travers les rencontres du narrateur, seul pensionnaire à fréquenter régulièrement les habitants du village en contrebas, c’est une vision forte et juste des rapports de classes qui se dessine dans ce roman.

« Palabres », Urbano Moacir Espedite, traduit du portugnol par Béatrice Cournut et Nicolas Tainturier

« Palabres », Urbano Moacir Espedite, traduit du portugnol par Béatrice Cournut et Nicolas Tainturier

éditions Attila
247 pages
18,00 Euros
9782917084298_1_75.jpgLorsqu’une bande de bras-cassés composée d’une brute de l’armée mussolinienne, d’une prostituée toxicomane et d’un jeune homme nommé Hirsute décide de traverser l’Atlantique pour partir à la recherche d’un peuple nomade appelé les Farugios et dont toute la civilisation est basée sur le « Sacrato Verbo », il en sort un roman d’aventure loufoque où le récit d’une révolution côtoie un questionnement sur le pouvoir du langage !

« Mohammed VI le grand malentendu », Ali AMAR

« Mohammed VI le grand malentendu », Ali AMAR

éditions Calmann-Lévy
336 pages
17,00 Euros
Amar.jpgVoici une très fine analyse de la politique marocaine des dix dernières années par un journaliste qui connait le régime de l’intérieur. Ali Amar a subi la censure pour son hebdomadaire « le journal », aujourd’hui interdit car trop dérangeant.
Il livre son analyse depuis les espoirs de l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI jusqu’à la chape de plomb qui s’est refermée petit à petit sur le pays après les attentats de Casablanca en 2003. Il dénonce le système clientéliste et corrompu, la main-mise sur l’économie par le roi et son entourage. Au moment où Mohammed VI prépare des réformes importantes avec en toile de fond l’attentat de Marrakech, ce livre permet de comprendre les rouages politiques et la société marocaine.

« And now you can go », Vendela Vida

« And now you can go », Vendela Vida

éditions Vintage Book
193 pages pages
14,90 Euros
Vida.jpgDans ce roman paru en 2004, Vendela Vida exploite de manière surprenante la notion d’agression. Ellis, jeune étudiante de 21 ans, se promène dans Central Park lorsqu’un homme lui pointe un révolver sur la tempe, prétextant qu’il souhaite mourir mais ne peut se résoudre à partir seul. Elle était présente et fut simplement choisie. Finallement, l’homme renonce puis disparaît. L’incident fugace ne s’apparente à aucune forme de violence physique ou morale reconnue. Les séquelles n’en sont pas moindres. Incomprise, sans soutien de son entourage, Ellis se bat pour sa reconstruction intime.

« Tarnac, un acte préparatoire », Jean-Marie Gleize

« Tarnac, un acte préparatoire », Jean-Marie Gleize

Editions Du Seuil
167 pages
18,00 Euros
tarnac.jpg17 chapitres, 4 photographies, 1 index et 2 pages d’éléments choronologiques pour naviguer de page en page entre récit intime des origines, déambulation historique autour du village de Tarnac et redescription littéraire d’un évènement politique. Entre vocabulaire de l’antiterrorisme, reprenant comme il le dit les mots à l’ennemi, et documents personnels, Jean-Marie Gleize « construit des cabanes », pense une idée de la communauté. Ligne après ligne il s’attache à son projet, « renverser de proche en proche tous les obstacles/ faire de chaque page un poste de tir ».

« Lettres à plumes et à poils », Philippe Lechermeier, Delphine Perret, éditions Thierry Magnier

« Lettres à plumes et à poils », Philippe Lechermeier, Delphine Perret

édition Thierry Magnier
170 pages
9,80 Euros
lettres plumes poils.jpgCe petit livre tout en couleur regroupe cinq recueils de correspondances animales qui ne sont pas sans rappeler Jean de la Fontaine.
On retrouve, entre autre, un renard flattant la mère d’une jolie poule rondouillarde afin qu’elle devienne sa femme, ou encore une fourmi ouvrière écrivant à sa reine afin de se plaindre de la morosité de son quotidien.
Le texte percutant et humoristique de Philippe Lechermeier et les illustrations de Delphine Perret font mouche. Un petit roman à mettre entre toutes les mains.

« Les Mohamed, mémoires d’immigrés », Jérôme Ruillier, éditions Sarbacane

« Les Mohamed, mémoires d’immigrés », Jérôme Ruillier

éditions sarbacane
287 pages
25,00 Euros
mohamed-jerome-ruillier-editions-sarbacane-L-VRutYM.jpegVoici une adaptation en bande-dessinée du travail de Yamina Benguigui, « Mémoires d’immigrés : l’héritage maghrébin », paru en 1997 chez Albin Michel. De manière très pédagogique et accessible, Jérôme Ruillier nous livre le témoignage des pères, des mères puis des enfants arrivés du Maghreb pour travailler en France et qui ont vécu dans des conditions effroyables pendant de trop nombreuses années. Ce livre, qui pose la question de l’intégration, est à mettre entre toutes les mains.

« Allmen et les libellules », Martin Suter, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

« Allmen et les libellules », Martin Suter, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Christian Bourgois éditeur
168 pages
17,00 Euros
Allmeng.jpgIl s’agit ici d’une parodie ou d’un hommage au genre policier. Martin Suter nous fait partager les péripéties de son héros Johann Friedrich Von Allmen, fils de famille désargenté, et de son majordome guatémaltèque, Carlos. Pour continuer à assurer son train de vie luxueux, Allmen frôle l’indélicatesse et commet quelques vols d’œuvres d’art. Les coupes en forme de libellules signées Gallé trouvées chez une de ses conquêtes devraient le sortir d’affaire pour quelques temps, mais bien sûr tout va se compliquer. C’est un roman court, vif et brillant, avec un humour raffiné où Suter se place dans la lignée du roman feuilleton, avec son duo d’enquêteurs, dans l’esprit du XIXème siècle. Il a l’intention de récidiver avec ces deux personnages dans d’autres volumes ; pour notre plus grand plaisir !

« Ward : Ier-IIe siècle », Frédéric Werst

Ward : Ier-IIe siècle, Frédéric Werst

éditions du Seuil
22,00 Euros
ward.jpgL’incroyable projet de Frédéric Werst qui invente l’anthologie des œuvres d’un peuple imaginaire. Un livre fou pour un plaisir de lecture qui confine à la jubilation.

« La fiancée des corbeaux », René Frégni

La fiancée des corbeaux, René Frégni

éditions Gallimard
15,00 Euros
Fregny.jpgLa fiancée des corbeaux, journal intime qui court de l’automne au printemps dans une Provence magnifiée. «Ses pages «de presque rien» disent le désordre du monde et d’un homme : c’est l’alchimie René Frégni. L’écriture transparente. L’innocence retrouvée.»
(Martine Laval, Télérama)

« N ’avez-vous pas froid », Hélène Bessette,

N’avez-vous pas froid, Hélène Bessette

éditions Léo Scheer
17,00 Euros
bessette.jpgL’auteur nous confie la correspondance d’un homme qui se sépare de sa femme. Une fois de plus l’écriture d’Hélène Bessette creuse son sillon avec une force et une précision remarquables.

« Dino Egger », Éric Chevillard

Dino Egger, Éric Chevillard

Les Editions De Minuit
14,00 Euros
dino.jpgEt si Dino Egger avait existé ? Modeste et effacé, Albert Moindre rêve des grandes choses qu’il aurait pu faire et des nouveaux horizons qu’il aurait pu ouvrir. Avec Dino Egger, Éric Chevillard montre qu’il est capable de tout !

« Le choeur des femmes », Martin Winckler,

Le chœur des femmes, Martin Winckler

éditions Folio
8,90 Euros
choeur.jpgComment un jeune interne brillant, qui rêve de scalpels, d’incisions et de réparations, se retrouve dans un service de «médecine de la femme» qui met l’accent sur l’écoute et l’échange avec des patientes inquiètes voire désespérées. Une fois de plus, Martin Winckler nous embarque par son engagement et son habileté narrative. Une lecture addictive.

« Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent », Hélène Briscoe

Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent, Hélène Briscoe

éditions du Tigre
6,00 Euros
lundi.gifHélène Briscoe a interviewé des personnes qui parlent d’elles et de leur travail, pour la plupart, rencontrées au hasard, dans la rue, et qui ont accepté de passer plusieurs heures devant un micro. Ce ne sont pas des vies singulières que ce livre cherche à sauver, mais un peu de vie tout court, avec une force et une présence que bien des romans pourraient lui envier.

« La mer noire », Kéthévane Davrichéwy

La mer noire, Kéthévane Davrichéwy

éditions 10/18
7,00 Euros
mer.jpgTamouna, vieille femme Géorgienne esseulée dans Paris, revient sur son passé, son premier amour Tamaz qui illumina son adolescence, sa fuite en France… Une berceuse calme et apaisante.

« L angoisse de la première phrase », Bernard Quiriny,

L’angoisse de la première phrase, Bernard Quiriny

éditions Points
6,00 Euros
angoisse.jpgPour Bernard Quiriny, le monde est sens dessus dessous. Il pleut des philosophes, les écrivains commencent leurs livres par la deuxième phrase, les passe murailles s’échappent de leur prison de pierre et les villes se déplacent toutes seules. Un vaste méli-mélo insolite et poétique qui provoque l’enchantement.

« Trois lumières, Claire Keegan », traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin,

Les Trois lumières, Claire Keegan, traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin

éditions Sabine Wespieser
14,00 Euros
trois.jpgClaire Keegan, une grande voix de la littérature irlandaise contemporaine, nous plonge au coeur de l’Irlande rurale où les choses se devinent plus qu’elles ne se disent. Dans cet envoûtant récit, le regard d’une enfant basculant à son insu dans le monde mystérieux des adultes donne toute sa force dramatique à la part cachée de leurs existences.

L histoire la plus incroyable de votre vie », Chitra Banerjee Divakaruni

L’histoire la plus incroyable de votre vie, Chitra Banerjee Divakaruni, traduit de l’anglais par Mélanie Basnel

éditions Philippe Picquier
19,00 Euros
histoire.gifPrises dans un tremblement de terre, neuf personnes se retrouvent coincées au service des visas d’un consulat indien aux Etats-Unis. Dans cette pièce plongée dans le noir, dont le plafond menace de s’écrouler à tout instant, chacun s’interroge sur les raisons qui l’ont amené ici. Au moment où ils luttent pour leur survie, ils trouvent des raisons renouvelées de vivre, de partager avec les autres le beau et douloureux miracle de la vie.

« Pain et tempête », Stefano Benni, traduit de l italien par Marguerite Pozzoli

Pain et tempête, Stefano Benni, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli

éditions Actes Sud
22,00 Euros
pain.jpgLa lutte acharnée d’un carré d’irréductibles d’un petit village italien (le plus souvent accoudés au comptoir du mythique Bar Sport) contre des promoteurs immobiliers cyniques et une municipalité cupide. Pain et tempête est de ces livres dont il faut de temps en temps interrompre la lecture pour cause de fou rire incontrôlé.

« Palabres », Urbano Moacir Espedite, traduit du portugnol par Béatrice Cournut et Nicolas Tainturier

Palabres, Urbano Moacir Espedite, traduit du portugnol par Béatrice Cournut et Nicolas Tainturier

éditions Attila
18,00 Euros
Palabres'Lorsqu’une bande de bras-cassés composée d’une brute de l’armée mussolinienne, d’une prostituée toxicomane et d’un jeune homme nommé Hirsute décide de traverser l’Atlantique pour partir à la recherche d’un peuple nomade appelé les Farugios et dont toute la civilisation est basée sur le «Sacrato Verbo», il en sort un roman d’aventure loufoque où le récit d’une révolution côtoie un questionnement sur le pouvoir du langage !

« Mémoires d un avaleur de sabres »

Mémoires d’un avaleur de sabres, Daniel P. Mannix, traduit de l’anglais par Jeanne Toulouse et Nicolas Vidalenc

éditions les Fondeurs de Briques
21,00 Euros
mémoire.jpgPassionné par la magie depuis son enfance, le jeune Dan Mannix rejoint une étonnante troupe de forains qui sillonne les États-Unis. Il rêve d’apprendre les techniques de ces artistes de l’étrange et de percer à jour les secrets de leur répertoire. En quelques mois, l’apprenti forain devient tour à tour cracheur de feu, avaleur de sabres, fakir, spécialiste de l’évasion et télépathe.

« Le poids du papillon », Erri de Luca

Le poids du papillon, Erri de Luca, traduit de l’italien par Danièle Valin

éditions Gallimard
9,50 Euros
poids.jpgSans oublier Le poids du papillon dont Hélène vous dira simplement que c’est un « grand Erri de Luca »

2666

2666, Roberto Bolaño, traduit de l’espagnol par Robert Amutio

éditions Folio
13,50 Euros
2666.jpg2666 décrit la lente, violente et tragique déambulation de Roberto Bolaño et constitue l’occasion d’une émouvante et superbe méditation sur le mal, la mort et l’histoire.

Le koala tueur

Le koala tueur, Kenneth Cook, traduit de l’anglais par Mireille Vignol

éditions Le Livre de Poche
6,00 Euros
koala.jpgQuinze histoires, quinze rencontres improbables et pourtant basées sur des faits réels, avec la faune «humaine et animale» du coeur sauvage de l’Australie. Autodérision, loufoquerie, humour : l’autre face de ce grand conteur qu’est Kenneth Cook.

Atlantique nord

Atlantique nord, Redmond O’Hanlon, traduit de l’anglais par Jacques Chabert

éditions Folio
7,80 Euros
Nor.gifL’idée avait de quoi séduire le célèbre écrivain-voyageur Redmond O’Hanlon : embarquer sur un chalutier et pêcher au large entre Ecosse et Groenland les fantastiques animaux des grands fonds. Mais que faire quand le vent tourne à l’ouragan, force 12, et que l’on n’a pas le pied marin ? Sans parler du sommeil impossible, de l’équipage de durs-à-cuire, des viscères des poissons à arracher à pleines mains… et de ces chimères remontées de la mer comme de nos pires cauchemars…

« Marcher, une philosophie », Frédéric Gros ; Petite Bibliothèque du marcheur, textes choisis et présentés par Frédéric Gros

Marcher, une philosophie, Frédéric Gros ; Petite Bibliothèque du marcheur, textes choisis et présentés par Frédéric Gros

éditions Flammarion, collection Champs
8,00 Euros
marcher.jpgSi vous êtes amateur de marche, vous serez enchanté par le travail de Frédéric Gros qui vous propose dans deux ouvrages, Petite Bibliothèque du marcheur et Marcher, une philosophie, une anthologie littéraire et une réflexion philosophique et spirituelle : au programme, pêle-mêle, Virginia Woolf, Pétrarque, Kant, Rimbaud, Gandhi…

« Les yeux de Lira », Éva Joly et Judith Perrignon,

Les yeux de Lira, Éva Joly et Judith Perrignon

éditions Les Arènes
19,80 Euros
lira.pngPolar engagé, le roman du duo détonnant Joly-Perrignon associe une parfaite connaissance des circuits financiers, de la face cachée du pouvoir et des enquêtes judiciaires.
Des atmosphères inoubliables, des îles Féroé au Palais de Justice de Nice en passant par le Quai d’Orsay.

« La nuit la plus longue »

La nuit la plus longue, James Lee Burke, traduit de l’anglais par Christophe Mercier

éditions Rivages
22,00 Euros
nuit.jpgAprès le passage de Katrina, Dave Robicheaux est envoyé en renfort à la Nouvelle-Orléans. James Lee Burke place son personnage au coeur de l’apocalypse : la désorganisation a permis l’explosion de toutes les formes de violence, la société civilisée a régressé au stade d’une jungle primitive où rôdent les prédateurs.

Martini shoot

Martini shoot, Francisco Gerardo Haghenbeck, traduit de l’espagnol (Mexique) par Juliette Ponce

éditions Denoël
13,50 Euros
martini.gifMartini shoot, ou l’heureux mélange d’un polar et de recettes de cocktails. Sunny Pascal est engagé sur le tournage de La nuit de l’iguane de John Huston, afin d’éloigner les ennuis que ne manquent pas de provoquer une brochette d’acteurs névrosés et égocentriques, à savoir Ava Gardner, Sue «Lolita» Lyon, ainsi que le couple mythique Richard Burton / Liz Taylor. À vos shakers !

armée furieuse

L’armée furieuse, Fred Vargas,

éditions Viviane Hamy
19,50 Euros
armée.gif
Sélectionné par Danielle, Amandine et Hélène…

Origine

Origine, Diana Abu-Jaber, traduit de l’anglais par Edith Ochs

éditions Points
8,00 Euros
origine.jpgOrigine est le premier roman traduit en français de Diana Abu-Jaber, on l’espère suivi de nombreux autres. Roman noir, glacial sur la quête d’identité.
Préparez vous à une «belle insomnie».

Le mystérieux tableau ancien

Le mystérieux tableau ancien, He Jiahong, traduit du chinois par Marie-Claude Cantournet-Jacquet et Xiaomin Giafferri-Huang

éditions de l’Aube
12,00 Euros
mystérieux.gifLe mystérieux tableau ancien mêle avec un talent précieux la force d’une enquête parfaitement construite (autour de la brutale perte de mémoire d’un chercheur dans l’industrie pharmaceutique) et le charme du mystère pékinois. Un livre drôle et cultivé, séduisant et inquiétant à la fois.

« Le Poulpe, la vacance du petit Nicolas », Pierre Cherruau et Renaud Dély,

Le Poulpe, la vacance du petit Nicolas, Pierre Cherruau et Renaud Dély

éditions Baleine
8,00 Euros
Nicolas.gifPierre Cherruau et Renaud Dély reprennent le flambeau du Poulpe. «Quelqu’un veut du mal au Président. On compte sur vous pour éviter le pire». Le Poulpe croit d’abord à une mauvaise blague. Des ennemis du chef de l’État, ce n’est certes pas ça qui manque. Il y en aurait même des millions selon certains sondeurs… Mais pourquoi s’adresser à lui, libertaire dans l’âme, pour éviter que malheur n’arrive ?
Un polar plein d’humour…

« Poème », Roger Giroux

Poème, Roger Giroux

éditions Théatre Typographique, 18,00 Euros

Journal d’un Poème, Roger Giroux

éditions Éric Pesty, 24,00 Euros

poeme.jpg
poeme1.jpgL’été, un moment idéal pour se faire lecteur de poésie et découvrir Roger Giroux. Vous pouvez ainsi lire son Journal d’un Poème qui vient d’être publié par Éric Pesty ainsi que Poème édité au Théâtre Typographique en 2007. Deux livres complémentaires et essentiels marqués par une poésie du silence.

« Entretiens avec Sartre », John Gerassi, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adrienne Boutang et Baptiste Touverey

Entretiens avec Sartre, John Gerassi, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adrienne Boutang et Baptiste Touverey

éditions Grasset
23,00 Euros
Sartre.jpgSérie d’entretiens menés entre 1970 et 1974 par John Gerassi, fils d’un ami du philosophe.
Sur le ton d’une conversation amicale qui devait à l’origine constituer la biographie du philosophe, Sartre se révèle sous un jour inédit et parfois émouvant. Il aborde de nombreux sujets: la guerre et la collaboration, la drogue, les souvenirs d’enfance, les engagements…

La révolte

La révolte, Pierandrea Amato, traduit de l’italien par Luca Salza

Nouvelles éditions Lignes
14,00 Euros
révolte.gifEn partie suscitée par les émeutes survenues dans les banlieues françaises en novembre 2005, la réflexion que mène Amato se donne pour ambition de «saisir ce qui fait la valeur d’une révolte à ce point extrême que les mots lui font défaut». La révolte n’est pas, comme on le considère généralement, une forme violente d’antipolitique, mais elle constitue au contraire la sédimentation d’un événement politique capable de provoquer la rupture des formes qui nous gouvernent.

« Les sentiers de l’utopie », Isabelle Fremeaux et John Jordan

Les sentiers de l’utopie, Isabelle Fremeaux et John Jordan

éditions Zones
25,00 Euros
UTOPIES.jpgQue de belles expériences utopiques dans ces Sentiers de l’utopie ! Isabelle Fremeaux et John Jordan nous font partager, en Europe, la vie de communautés qui ont choisi de vivre autrement. Voilà des expérimentations de production, d’échange, d’enseignement qui permettent d’envisager l’après capitalisme. Un film et un livre qui se complètent à merveille nous engagent à rêver d’une autre société…

« Mainstream : enquête sur la guerre globale de la culture et des médias », Frédéric Martel

Mainstream : enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, Frédéric Martel

éditions Flammarion, collection Champs
25,00 Euros
main.jpg
Mainstream est une enquête de cinq ans sur l’industrie culturelle mondiale. À partir de question telles que «comment fabrique-t-on un best-seller ?» ou «comment Bollywood séduit-il les Africains?», Frédéric Martel analyse cette nouvelle guerre globale de la culture et des médias et s’interroge sur les conséquences de « cette culture qui plaît à tout le monde ».

« La plus belle histoire des femmes », Françoise Héritier, Michelle Perrot, Sylviane Agacinski et Nicole Bacharan

La plus belle histoire des femmes, Françoise Héritier, Michelle Perrot, Sylviane Agacinski et Nicole Bacharan

éditions du Seuil
19,50 Euros
belle.jpgÊtre femme ? Comment vivre en femme sur la planète des hommes ? À chaque époque sa réponse. Mais toujours le même présupposé : ce sexe-là est le faible, le «deuxième», l’inférieur, le subordonné. Dans La plus belle histoire des femmes, les historiennes Nicole Bacharan et Michèle Perrot, la philosophe Sylviane Agacinsky et l’anthropologue Françoise Héritier retracent l’histoire de la condition féminine. Difficile de trouver meilleures interlocutrices pour ce dialogue audacieux.

La mer, terreur et fascination, Alain Corbin et Hélène Richard

La mer, terreur et fascination, Alain Corbin et Hélène Richard

éditions Points
7,50 Euros
mer1.pngAlain Corbin et Hélène Richard s’interrogent sur l’évolution de la représentation que l’homme s’est fait de la mer, de l’Antiquité à nos jours, à mesure qu’il a appris à la maîtriser entre terreur et fascination.

« Le tapis en peau de tigre », Gérald Rose

Le tapis en peau de tigre, Gérald Rose

éditions Albin Michel
11,90 Euros
tigre.jpgImaginez un tigre affamé, tellement maigre qu’il parvient à se faire passer pour un tapis dans le palais du rajah afin de mener la vie de château. Mais à force de manger les restes des repas, il finit par grossir……

Photos à transformer

Photos à transformer : cahier d’activités pour toute l’année, Cécile Gabriel

J’me sens bizarre ! : cahier d’activités autour des émotions, texte et idée originale Sylvette, illustrations LilyGinn

Jeux de mode : un cahier d’activités pour découvrir l’art de la mode, texte de Véronique Antoine-Andersen, illustrations Lucile Placin

éditions Actes Sud Junior
12,50 Euros chacun
image.jpgTrois cahiers d’activités pour développer le sens créatif de votre enfant autour de la photographie, de la mode, et de ses propres émotions. À vos crayons et vos ciseaux……

Rico & Oscar, volume 1

Rico & Oscar, volume 1, Mystère et rigatoni, texte d’Andreas Steinhöfel, illustrations Steve Wells, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine

éditions Gallimard-jeunesse
12,50 Euros
oscar.gifDans Mystère et rigatoni, un kidnappeur d’enfant sévit à Berlin. Rico, dont le premier ami, Oscar le surdoué, est une des victimes, n’est pas réputé pour être très malin certes, mais il a le sens de l’observation et va mener l’enquête…

« Lettres à plumes et à poils

Lettres à plumes et à poils, texte de Philippe Lechermeier, illustrations Delphine Perret

éditions Thierry Magnier
9,80 Euros
lettres.jpgVous connaissez le goût de Béatrice pour le travail de Delphine Perret. La voici illustratrice de ce recueil de Lettres à plumes et à poils à l’humour décoiffant ! Un escargot écrit des missives enflammées à une limace top-model et un renard flatte la mère d’une jolie poule grassouillette pour l’obtenir en mariage… Un livre qui fait mouche.

Akissi, volume 2, Super-héros en plâtre, textes de Marguerite Abouet, illustrations Mathieu Sapin

Akissi, volume 2, Super-héros en plâtre, textes de Marguerite Abouet, illustrations Mathieu Sapin

éditions Gallimard
9,90 Euros
akissi.jpgBonne nouvelle ! Aya de Yopougon a une « petite soeur ». Marguerite Aboué a créé Akissi.
Une petite peste certes, mais tellement drôle et pleine d’imagination… surtout en matière de bêtises.

« La première fois

La première fois, collectif, traduit de l’anglais par Laetitia Devaux et Emmanuelle Casse-Castric

éditions Gallimard-jeunesse
9,50 Euros
fois.jpgHuit histoires d’auteurs anglo-saxons contemporains, tour à tour drôles et sombres mais toujours passionnantes sur la première expérience sexuelle, la perte de la virginité….

« Comme chiens et chats » : histoires de frères et soeurs, collectif

Comme chiens et chats : histoires de frères et sœurs, collectif

éditions Thierry Magnier
9,00 Euros
chat.jpgNeuf nouvelles pour explorer les liens riches et complexes entre frères et sœurs. Des sensibilités, des registres différents mais un même plaisir de lecture.

« Debout l’humanité », Osamu Tezuka, traduit du japonais par Jacques Lalloz, Rodolphe Massé

Debout l’humanité, Osamu Tezuka, traduit du japonais par Jacques Lalloz, Rodolphe Massé

éditions FLBLB
18,00 Euros
debout.jpgDans son laboratoire, un savant fou invente un troisième sexe. Ni mâle, ni femelle, ces créatures nées dans des éprouvettes et par millions, sont naturellement dociles et obéissantes et sont utilisées à des fins serviles (objets sexuels, chair à canon). Une BD toujours drôle qui a l’art de revisiter les grandes questions du XXe siècle.

Trop n’est pas assez

Trop n’est pas assez, Ulli Lust, traduit de l’allemand par Jörg Stickan

éditions ça et là
26,00 Euros
trop.jpgÀ l’été 84, deux jeunes punkettes autrichiennes décident de partir en Italie, sans papiers, sans argent, avec juste ce qu’elles ont sur le dos et un sac de couchage pour deux. Trop n’est pas assez est le récit autobiographique de ce voyage initiatique qui commence de manière bucolique et se transforme progressivement en enfer. Ulli Lust nous offre un récit sans complaisance et parfois cru mais tout à fait passionnant.

« Le bleu est une couleur chaude », Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh

éditions Glenat
14,99 Euros
bleu.jpgClémentine rencontre Emma, une fille aux cheveux bleus qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et va lui permettre d’affronter enfin le regard des autres. Triste parfois mais toujours passionné, le parcours de ces deux jeunes filles se découvre avec plaisir. Un premier album à la fois engagé et intime sur l’homosexualité.

Carnets d’une urbotaniste

Carnets d’une urbotaniste, Sandrine Ettighoffer

éditions Plume de carotte
24,00 Euros
carnet.jpgEt si le bitume était une plante invasive, les zurbains des jardiniers à bord de leurs autotondeuses, et les poubelles des animaux grégaires se régalant de nos ordures ? Ne vous étonnez pas, vous venez d’entrer dans le monde étrange et décalé de l’urbotanique, science naturelle naissante. Sandrine Ettighoffer imagine la ville autrement, comme un vaste jardin secret plein d’humour et de poésie.

Grand Crohot, images pour Génie

Grand Crohot, images pour Génie d’Arthur Rimbaud, Laurent Demany

éditions d’Art Dfuze
24,00 Euros
grand.jpgLe photographe Laurent Demany a associé ses photographies de la plage du grand Crohot au poème de Rimbaud, Génie. Ce que le titre ne dit pas, en revanche, c’est à quel point ce livre est beau.

Une exposition des photos aura lieu tout au long de l’été sur les murs de la librairie.

« Tomates anciennes et gourmandes », Linda Louis

Tomates anciennes et gourmandes, Linda Louis

éditions La Plage
9,90 Euros
tomates.jpgVous ne regarderez plus la tomate de la même manière après avoir lu ce livre qui rappelle à votre souvenir 28 variétés oubliées et vous propose surtout de délicieuses recettes telles que la confiture de coeurs-de-boeuf et de fraises ou la tarte fine à la tomate ananas…

« La ballade de Bob Dylan

La ballade de Bob Dylan, Daniel Mark Epstein, traduit de l’anglais par Philippe Paringaux

éditions Robert Laffont
22,50 Euros
bob.jpgÀ onze ans, Epstein a vu jouer Bob Dylan et en a été ébloui. La ballade de Bob Dylan, c’est le récit, à travers quatre concerts auquel il a personnellement participé, de l’épopée dylanienne.
Une excellente biographie de l’icône du folk.

Le héron de Guernica, Antoine Choplin

Le héron de Guernica, Antoine Choplin

éditions du Rouergue
158 pages
16 €

heron-guernica.jpg« Guernica, avril 1937. Jeune peintre autodidacte, Basilio passe son temps dans les marais à observer des hérons cendrés. Ce n’est pas qu’il se sente extérieur au conflit, il a même cherché à s’enrôler dans l’armée républicaine. Mais tandis que les bombardiers allemands sillonnent déjà le ciel, il s’acharne à rendre par le pinceau le frémissement invisible de la vie, dans les plumes d’un de ces oiseaux hiératiques. Dans quelques heures, Guernica sera une ville en cendres, mais c’est un peintre autrement célèbre qui va en rendre compte, magistralement.
L’un comme l’autre, pourtant, le petit peintre de hérons tout autant que le Picasso mondialement connu, nous interrogent sur les tragédies de la guerre et la nécessité de l’art pour en témoigner. »

« Ce roman est bouleversant tant par la poésie, la douceur et la sensualité de ce qu’il décrit, que par la dureté et l’horreur de ce qui va se passer. Chaque chapitre est décrit à la manière d’un tableau avec un pinceau d’une justesse incroyable… C’est superbe !!! » (www.leslivresdagathe.over-blog.com).

« Chaque chapitre de ce texte court et concis, est écrit par petites touches successives, à la façon d’un tableau. Le style d’Antoine Choplin, sobre et précis et néanmoins poétique, parvient, à travers des détails soigneusement choisis, à faire passer une multitude de sensations, d’émotions, d’images, qui font sens. »
« Un texte délicat, subtil, sensuel, plein d’humanité et d’intelligence, dont chaque mot résonne avec intensité. Un livre sombre par son sujet, que la magie de l’écriture rend aussi lumineux que le jaune de sa couverture (superbe). » (www.encres-vagabondes.com).

Les villes de la plaine, Diane Meur

Les villes de la plaine, Diane Meur

éditions Sabine Wespieser
372 pages
23 €
MEUR67699786.jpg« Dans une civilisation antique imaginaire, mais qui éveille en nous un curieux sentiment de familiarité, le scribe Asral se voit chargé de produire une copie neuve des lois. Grâce aux questions naïves de son garde Ordjéneb, il s’avise bientôt que la langue sacrée qu’il transcrit est vieillie et que la vraie fidélité à l’esprit du texte consisterait à le reformuler, afin qu’il soit à nouveau compris tel qu’il avait été pensé quatre ou cinq siècles plus tôt.
Peu à peu, cependant, le doute s’installe. Qui était Anouher, législateur mythique dont on a presque fait un dieu ? Ces lois qui soumettent à un contrôle de chaque instant la vie publique, les relations privées et jusqu’au corps des femmes, sont-elles toutes de sa main ? Et Asral a-t-il plus de chances de le savoir un jour que de se faire aimer de Djinnet, un jeune chanteur du faubourg des vanniers ?

C’est tout le talent de Diane Meur que de nous faire réfléchir aux grandes questions de la religion et de nos systèmes politiques par le biais de ce récit haletant, où souffle un vent de liberté jubilatoire et contagieux.
Entre drame et satire, roman d’amour et fable rationaliste un peu folle, se trouve ici campé un univers qu’on quitte à regret, et qui ne dépaysera pas trop les lecteurs de La Vie de Mardochée et des Vivants et les Ombres. »

La belle amour humaine, Lyonel Trouillot

La belle amour humaine, Lyonel Trouillot

éditions Actes Sud
169 pages
17 €
Trouillot,0-1241819.jpg« Dans un petit village côtier d’une île des Caraïbes, Anaïse, une jeune Occidentale est venue, sur les traces d’un père qu’elle a à peine connu, éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Au fil de récits qu’elle recueille et qui, chacun à leur manière, posent une question essentielle : « Quel usage faut-il faire de sa présence au monde », se déploie, de la confrontation au partage, une cartographie de la fraternité nécessaire des vivants face aux appétits féroces de ceux qui tiennent pour acquis que le monde leur appartient. »

« La langue de Lyonel Trouillot est à la fois nerveuse et poétique, faite de douceur, de beauté et d’indocilité. Quant à sa réflexion, elle a une portée politique et philosophique. Mais rien n’est jamais morcelé ; aucune des facettes de cette écriture n’avance séparée. Sans doute parce que Lyonel Trouillot est vivant, tout simplement. Et sa langue, sa pensée avec lui, forcément. »
« La belle amour humaine est un voyage au coeur de l’humain. Il nous révèle ce qui est nécessaire à l’homme (aller vers l’autre, l’écouter, le comprendre). On en ressort grandi. Et heureux que ce caillou qu’est Haïti porte encore de si beaux fruits. » (www.lacauselitteraire.fr).

Jour de chance, Philippe Adam

Jour de chance, Philippe Adam

éditions Verticales
170 pages
16.5 €
Philippe Adam.gif« Ils jouent. De temps en temps ils gagnent, le plus souvent ils perdent. Et puis vient cette fois où les chiffres tombent, le gros lot, la chance avec tout au bout des millions, des dizaines et des centaines de millions, et alors là, c’est sûr, depuis le temps qu’ils en rêvent, on espère que pour eux la vie va changer. »

« Sur un ton décalé, Philippe Adam offre un sixième roman cynique mais très drôle, loufoque mais saisissant de réalisme. Avec une écriture vagabonde, l’auteur livre probablement son meilleur roman, avec ce style toujours aussi incisif, ces formules redoutables et un humour ravageur. Une satire formidable de notre société angoissée, dans laquelle l’argent est considéré comme l’unique protection. Un formidable travail d’analyse et un grand plaisir de lecture. » (www.livres.fluctuat.net).

Rouler, Christian Oster

Rouler, Christian Oster

éditions de l’Olivier
175 pages
15 €

OSTERarton232.gif« On ne sait pas grand-chose des raisons qui poussent le narrateur à quitter Paris et à rouler en direction de Marseille, ville qui s’est imposée à lui comme un mot plus que comme une destination. Le seul besoin de fuir ? Ce serait trop simple. N’a-t-il pas plutôt l’intuition que c’est justement en s’en remettant au hasard que la vie peut enfin apporter du neuf ? »

« Avec ce livre rempli d’échos et de réverbérations, de craquements et de soupirs retenus, Christian Oster poursuit en finesse sa quête du vide, ce trop-plein quotidien » (www.telerama.fr).

Brise-glace, Jean-Philippe Blondel

Brise-glace, Jean-Philippe Blondel

éditions Actes Sud junior
106 pages
10 €
50c3a2730223dc329bfc6a4d03ac3ec4.jpgDes amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire ; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu’on lui fiche la paix. Un ami parvient à le convaincre de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfin à faire craquer la glace qui l’enserre et commence à se libérer du poids du secret, de celui du deuil.

Comme dans son précédent roman (Re) play!, Jean-Philippe Blondel a des mots justes et forts sur des thèmes majeurs comme le deuil, la culpabilité et comment exprimer ce que l’on est vraiment. C’est aussi un livre qu’on ne peut pas refermer. Il appelle une lecture à grande goulée, jusqu’à la fin, où notre soif d’accompagner Aurélien est enfin satisfaite.

« Un livre fort et émouvant qui devrait passionner les ados. » (www.encres-vagabondes.com).

« L’auteur est fidèle à ses thèmes, à son écriture à fleur de peau et parvient dans ce roman à créer une vraie tension narrative liée à un secret qui nous sera dévoilé plus tard dans le récit et qui nous tient résolument en haleine. » (www.bauchette.canalblog.com).

Les revenants, Laura Kasischke, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Eric Chédaille

Les revenants, Laura Kasischke, traduit de l’anglais (États-Unis) par Éric Chédaille

Christian Bourgois éditeur
587 pages
22 €
ervenants0-1236263.jpgNicole, brillante étudiante, meurt subitement dans un accident de voiture, qui était conduite par son petit ami Craig. Quelques mois plus tard, le jeune garçon, tenu pour responsable de la tragédie, entame un nouveau semestre à l’université. Mais il ne parvient pas à surmonter le drame et pense voir Nicole partout, tout comme Perry, son colocataire, Mira et Shelly, deux professeurs d’université.
Se pourrait-il que, trop jeune pour mourir, Nicole soit revenue ?
Un roman troublant et obsédant sur le milieu des confréries américaines.

« Les revenants n’est pas une enquête policière, c’est plutôt une dérive aux frontières du réel, poétique, drôle et tragique, avec des chemins qui bifurquent, se croisent, se séparent, des existences pour lesquelles on se passionne, car elles sont autant de petits romans dans ce grand roman énigmatique. » (Josyane Savigneau, Le Monde).

Le désert et sa semence, Jorge Baron Biza, traduit de l’espagnol (Argentine) par Denis et Robert Amutio

Le désert et sa semence, Jorge Barón Biza, traduit de l’espagnol (Argentine) par Denis et Robert Amutio

éditions Attila
317 pages
21 €
DESERT84f3dd2d5dd5ca2b80a15277ef235e92-150x150.gifJorge Barón Biza, fils des deux grandes figures intellectuelles Clotilde Sabatini et de Raul Barón Biza, signe un roman autobiographique d’une grande finesse.

Argentine, 1964. Eligia et Aron mettent fin à une longue relation aussi violente que passionnée. Des années d’amour et d’affrontements ont épuisé le couple qui fait acte de divorce en présence de leur fils d’une vingtaine d’années, Mario et de plusieurs avocats. Dans un ultime geste de folie, Aron jette du vitriol sur le visage de sa femme avant de se donner la mort, scellant à jamais cette séparation douloureuse. Commence alors la reconstruction d’Eligia soutenue par Mario depuis Buenos Aires jusqu’à Milan. Contre toute attente, le roman se centre sur le développement psychologique de Mario qui évolue cahin-caha dans une atmosphère baroque où le caractère décalé des personnages, de l’architecture et des situations occulte de manière surprenante l’indicible.

« Le désert et sa semence se lit autant comme un roman autobiographique aux relents oedipiens que comme un ouvrage politique. » (www.laccoudoir.com).

Myrha Tonic

Myrha Tonic, Dominique Dupart

éditions Léo Scheer
141 pages
16.50 €
myrha.jpgRue Myrha, la Goutte d’or, Château rouge, quartier des Orgues. Loin des clichés et des discours populistes, Dominique Dupart construit son roman comme une plongée dans ces quartiers populaires de Paris. Porté par une langue vivante, musicale, ce livre décrit la violence, la drogue, les descentes de police mais montre aussi les relations amicales et amoureuses, des rues animées, une vie sans cesse en mouvement. Certainement un des romans les plus audacieux et original de la rentrée littéraire.

Liliane est au lycée

Liliane est au lycée, Normand Baillargeon

éditions Flammarion
96 pages
8 €
Liliane,0-1243955.jpgNous saluons l’arrivée d’une nouvelle collection « Antidote » qui comporte quatre titres et surtout sous-titres succulents… Liliane est au lycée : est-il indispensable d’être cultivée? Fumer tue : peut-on risquer sa vie? Une rolex à 50 ans : a-t-on le droit de rater sa vie? J’ai demandé un rapport : la politique est-elle une affaire d’experts? Des petits livres salutaires.

Les ignorants : récit d’une initiation croisée

Les ignorants : récit d’une initiation croisée, Etienne Davodeau

éditions Futuropolis
267 pages
24,50 €

Ignorants,0-1250759.jpgQuelle que soit l’histoire dans laquelle il nous plonge, Etienne Davodeau sait captiver son lecteur. Pour écrire Les ignorants, il est allé travailler avec Richard dans ses caves et dans ses vignes. En retour il l’a initié au monde de la bande-dessinée. Il en ressort un très beau livre sur la passion et l’engagement dans son travail, un livre qui donne envie de déguster une bonne bouteille en compagnie d’une grande BD.

Une chanson d’ours

Une chanson d’ours, Benjamin Chaud

éditions Hélium
26 pages
14,90 €
ours6,0-1257603.jpgVoici le tout dernier album du talentueux illustrateur Benjamin Chaud.
À l’approche de l’hiver, Papa ours se prépare à hiberner avec son rejeton, mais ce dernier prend en chasse une abeille, car qui dit abeille dit miel!
A vous d’aider notre Papa ours à retrouver son Petit ours dans cet album-jeu qui vous fera voyager jusqu’au toit du Palais Garnier!

Revue L’Indispensable, numéro 1

Revue L’Indispensable, numéro 1,

éditions L’Indispensable
111 pages
9 €
Indispensable,0-1255181.jpgCette revue consacrée à la critique de bande-dessinée a été créée en 1998 pour disparaître en 2000.
Pour notre plus grand bonheur, elle reparaît  aujourd’hui avec les formules qui avaient fait son succès, à savoir des entretiens et des articles de fond.
Pour ce tout premier numéro, vous pourrez découvrir l’univers de trois grands illustrateurs que sont Nicolas de Crécy, Guy Delisle et Cosey.

Miséricorde

Miséricorde, Jissi Adler-Olsen, traduit du danois par Monique Christiansen

éditions Albin Michel
489 pages
22.50 €

Jissi,0-1257403.jpgUn bon polar nordique, bien efficace. Les personnages et l’intrigue sont originaux. On apprécierait une suite…

Bartimeus

Bartimeus, Jonathan Stroud, traduit de l’anglais par Hélène Collon

éditions Albin Michel
493 pages
17 €
Bartimeus,0-1263416.jpgTremblez gnomes, foliots, marids ou magiciens tyranniques, le djinn Bartiméus aux impertinentes notes de bas de page est de retour ! Voici la genèse de ses aventures découvertes dans la Trilogie de l’anneau (éditions Le Livre de poche en trois volumes). Ce volume centré sur son seul personnage, confronté au grand roi Salomon est délectable, drôle et passionnant. Un régal !

Le Livre Blanc de Rafael Horzon

Le Livre Blanc de Rafael Horzon, Rafael Horzon, traduit de l’allemand par Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb

éditions Attila
256 pages
15 €
L’autobiographie factice et facétieuse d’un génie allemand méconnu au sommet de son art : l’entreprenariat ! A Paris, Berlin, Nice et même aux États-Unis (il ne se refuse décidemment rien), voici les aventures rocambolesques de Rafael Horzon, le plus grand poète du libéralisme.

Soil

Soil, Atsushi Kaneko

Ankama
228 pages
8,55 €
soil,0-1148673.jpgQue se passe-t-il à Soil Newtown ? Une cascade d’évènements étranges pleut sur la charmante banlieue depuis la disparition d’une famille bien sous tous rapport. Une série qui n’est pas sans nous rappeler Twin Peaks.

Le premier été

Le premier été, Anne Percin

Éditions du Rouergue
162 pages
16 €
Percin0-1241825.jpgAnne Percin est déjà appréciée pour d’excellents titres en littérature de jeunesse. Dans Le premier été, la narratrice revient sur la passion qu’elle a vécue à 15 ans lors d’une histoire étrange, dérangeante et finalement tragique. A l’époque, personne n’en a rien su et depuis elle vit étouffée par une culpabilité qu’elle ne devrait pas éprouver seule. Un roman poignant et troublant.

Perv, une histoire d’amour

Perv, une histoire d’amour, Jerry Stahl, traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Aronson

éditions 13e Note
366 pages
19 €
Perv,0-1240408.jpgÇa commence au lycée, ça se termine dans la chaleur moite et hypnotique d’une Cadillac. Comment en arrive-t-on là? Pour Bobby Starck, 16 ans, fraîchement dépucelé, tout s’enchaîne le plus normalement du monde. De sa mère qui carbure aux médicaments, à Michelle, son amour d’enfance convertie à la secte des Hare Krishna, la vie de Bobby est réellement hors norme.
Perv, une histoire d’amour ressuscite des années 70 décidément « sex, drugs & rock’n roll ».

Karen et moi

Karen et moi, Nathalie Skowronek

éditions Arléa
145 pages
15 €

 
Karen9,0-1236315.jpg« Nathalie Skowronek voudrait bien écrire la vie magnifique et tragique de la baronne séditieuse qui aima l’Afrique, régna sur M’bogani, fonda la Karen Cofee Co, s’éprit de Denys et le pleura, mais c’est sa propre révolte contrariée et ses rêves brisés que la descendante de juifs polonais et la fille d’une femme suicidaire n’en finit pas de raconter. Sans Karen Blixen, Nathalie Skowronek n’eût jamais osé passer aux aveux dans ce premier livre ardent et reconnaissant. Preuve du pouvoir immense, sur nos vies, de la littérature. » Jérôme Garcin, Le Nouvel observateur du 27 octobre 2011.

Le Grand Partout, William T. Vollmann, traduit de l’américain par Clément Baude

Le Grand Partout, William T. Vollmann, traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude

éditions Actes Sud
179 pages
22 €
grand-partout.jpgVollmann nous embarque avec son ami Steve Jones en direction du grand partout. Pour cela il nous raconte ses voyages en train de marchandise et nous fait découvrir un monde où les hobos s’opposent aux « citoyens », un monde où l’on « resquille » en tentant d’échapper aux « bourins ». On prend des risques avec lui, on attend des heures au « triage », on part vers l’ouest croyant partir vers l’est, mais au final en lisant ce livre on se croit en pleine traversée des États-Unis et on n’a qu’une envie, trouver un train, monter dedans, se cacher et aller là où il nous porte, vers le grand partout.

Jack London photographe

Jack London photographe, photographies de Jack London, textes de Jeanne Campbell Reesman, Sara S. Hodson,

éditions Phébus
280 pages
39 €
LONDON9782752905796,0-1262780.jpgLe monde au début du XXe siècle vu par Jack London : à travers quelques 300 pages de clichés, on parcourt le monde de San Francisco au Mexique en passant par la Mandchourie. Pages après pages, on se laisse captiver par la puissance des photos en noir et blanc d’un homme aux talents multiples.

Gitans

Gitans, Joseph Koudelka

éditions Delpire
192 pages
55 €
KOUDELKA9782851072610,0-1268409.jpgPhotographe tchèque né en 1938, lauréat du prix Robert Capa et membre de l’agence Magnum, Josef Koudelka est surtout connu pour ses photographies qui reflètent les déchirements et les révoltes de son pays. Mais ses premières images sont bien différentes, puisqu’entre 1962 et 1971, il suit la vie des gitans en Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie, France et Espagne. C’est ce que nous présente cet ouvrage à travers 109 photographies qui témoignent de l’immense talent de cet artiste, et qui sont accompagnées d’un texte du sociologue Will Guy retraçant la migration des Roms.

Works on paper

Works on paper, David Lynch

éditions Fondation Cartier pour l’art contemporain
éditions Steidl

258 pages
145 €
LYNCH9782869250871,0-548610.jpgIl n’est plus besoin de présenter David Lynch, cinéaste polyvalent et doué de multiples talents : peintre, musicien ou encore photographe. Ce que l’on sait peut-être moins c’est que depuis son adolescence dans les années 60, Lynch dessine compulsivement sur tous les supports qui lui sont présentés : post-it, pochettes d’allumettes, serviettes en papier, sous-main… Toutes ces œuvres avaient été présentées en 2007 à la fondation Cartier pour l’art contemporain lors de l’exposition « David Lynch – The Air is on Fire ». Les voici réunies dans cet ouvrage unique et rare rassemblant plus de 600 dessins qui font preuve d’une grande diversité graphique et stylistique. Voici qui nous offre un aperçu unique du processus créatif de l’artiste.

Qi Baishi : le peintre habitant temporaire des mirages

Qi Baishi : le peintre habitant temporaire des mirages, traduit du chinois par Patricia Batto

éditions Philippe Picquier
240 pages
39.50 €
QIBAISHI9782809702989,0-1255087.jpgDans un magnifique ouvrage, les éditions Philippe Picquier nous font redécouvrir les estampes de Qi Baishi. Cet homme modeste a su insuffler à ses peintures une poésie et une force rares. Qu’il s’agisse de crevettes ou de fruits, le trait est toujours léger et incroyablement expressif ; Qi Baishi est maître dans l’art de donner la vie avec un minimum de moyens.

Triptyque : trois études sur Francis Bacon

Triptyque : trois études sur Francis Bacon, Jonathan Littell

éditions Gallimard
133 pages
22 €
LITTELL9782070130931,0-605865.jpgDes rétrospectives de l’œuvre de Francis Bacon, ont eu lieu en 2009 et 2010.  L’écrivain Jonathan Littell en a profité pour étudier en profondeur l’univers de cet artiste qui le passionne depuis toujours. Dans cet essai, richement illustré, l’auteur revient sur le plus célèbre des triptyques du peintre, Trois études de figures au pied d’une crucifixion, et nous aide à comprendre cette œuvre qui a fait scandale à sa sortie en 1945, ainsi qu’à mieux cerner le travail et la personnalité complexe de Bacon.

Le cinéma italien

Le cinéma italien, Jean-Antoine Gili

éditions de la Martinière
360 pages
49.90 €
CINEITALIEN9782732447469,0-1237432.jpgLe cinéma italien, un monument ! Des premières heures du cinéma muet jusqu’au film de Nani Moretti, Habemus Papam, Le cinéma italien nous entraîne dans une plongée à travers l’histoire des films qui ont marqué chacun leur époque. Des Amants diaboliques de Visconti à Fellini, tout y passe, pour notre plus grand plaisir. Un livre qui donne envie de voir et revoir les chefs d’œuvres des cinéastes italiens.
À consommer sans modération, même pour les non cinéphiles !

Les Inrockuptibles : 25 ans d’insoumission

Les Inrockuptibles : 25 ans d’insoumission,

éditions Flammarion
496 pages
39.90 €
INROCK9782081266315,0-1239472.jpgÀ l’occasion des 25 ans de la revue culte de toute la génération rock, parait en librairie une anthologie couvrant la période 1986-2011 et regroupant plus d’une centaine d’interviews des acteurs incontournables de la scène artistique. De Bret Easton Ellis à PJ Harvey, en passant par Quentin Tarantino, Alain Bashung et bien d’autres, vous trouverez, dans cette superbe rétrospective, les portraits les plus marquants publiés par les « Inrocks ».

Oeuvres complètes tomes 1 et 2

Œuvres complètes tomes 1 et 2, Marguerite Duras

éditions Gallimard
tome 1 : 1608 pages, 58 €
tome 2 : 1896 pages, 68 €

DURAS9782070118892,0-1253918.jpg« Les deux premiers volumes des Œuvres complètes, enrichis de nombreux textes et documents rares, retracent l’histoire d’une écriture et mettent en place les « cycles », informels et poreux, qui traverseront toute l’œuvre : l’Indochine de l’enfance, l’Inde du fantasme. »

Le héron de Guernica

Le héron de Guernica, Antoine Choplin

éditions du Rouergue
158 pages
16 €
HERONGUERNICA9782812602481,0-1241822.jpg« Guernica, avril 1937. Jeune peintre autodidacte, Basilio passe son temps dans les marais à observer des hérons cendrés. Il s’acharne à rendre par le pinceau le frémissement invisible de la vie, dans les plumes d’un de ces oiseaux. Dans quelques heures, Guernica sera une ville en cendres, mais c’est un peintre autrement célèbre qui va en rendre compte, magistralement. L’un comme l’autre, le petit peintre de hérons tout autant que Picasso, nous interrogent sur les tragédies de la guerre et la nécessité de l’art pour en témoigner. »
« Un texte délicat, subtil, sensuel, plein d’humanité et d’intelligence, dont chaque mot résonne avec intensité. » (Encres-Vagabondes).

Les villes de la plaine

Les villes de la plaine, Diane Meur

éditions Sabine Wespieser
372 pages
23 €
MEUR9782848050997,0-1236204.jpgDiane Meur nous plonge dans une civilisation antique imaginaire à l’aube d’une crise identitaire profonde. En même temps que le scribe Asral copie les textes fondateurs de Sir et que son garde, Ordjéneb, découvre la ville, ses coutumes et ses habitants, le doute s’installe. Qui était Anouher le législateur mythique ? Est-il l’auteur de toutes les lois de la ville? Tout au long de ce fascinant roman, Diane Meur nous fait réfléchir aux grandes questions de la religion et des systèmes politiques.

Écrire la vie

Écrire la vie, Annie Ernaux

éditions Gallimard
1084 pages
25 €
ERNAUX9782070132188,0-1253950.jpgRares sont les auteurs qui, de leur vivant, ont intégré la célèbre collection « Quarto ». Et plus encore les femmes. À ce titre, mais pas seulement, on salue la publication d’Écrire la vie d’Annie Ernaux (qui regroupe toute son œuvre, à l’exception de quatre titres) dont son éditrice, Françoise Cibiel, dit qu’elle est « un auteur qui compte et comptera [...…] dans l’avenir car elle a inventé quelque chose de vraiment singulier dans l’écriture du réel, que l’on ne mesure peut-être pas assez encore » (Le Monde des livres).

Le grand partout

Le grand partout, William T. Vollmann, traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude

éditions Actes Sud
179 pages
22 €
VOLLMANN9782742799428,0-1241951.jpgVollmann nous embarque avec son ami Steve Jones en direction du grand partout. Il nous raconte ses voyages en train de marchandise et nous fait découvrir un monde où les hobos s’opposent aux « citoyens », un monde où l’on « resquille » en tentant d’échapper aux « bourins ». On prend des risques avec lui, on attend des heures au « triage », on part vers l’ouest croyant partir vers l’est, mais au final en lisant ce livre on se croit en pleine traversée des États-Unis et on n’a qu’une envie, trouver un train, monter dedans, se cacher et aller là où il nous porte, vers le grand partout.

Des trains à travers la plaine : 4 voyages dans l’univers Bashung

Des trains à travers la plaine : 4 voyages dans l’univers Bashung, Marie Cosnay, Jérôme Lafargue, Claude Chambard, Éric Pessan

éditions Atelier in8
18 €
TRAINSTRAVERS9782362240157,0-1246682.jpgAlain Bashung, quatre auteurs, quatre nouvelles. Marie Cosnay, Jérôme Lafargue, Claude Chambard et Éric Pessan nous proposent quatre reprises littéraires, et se plongent dans l’univers de ce grand de la musique, avec succès.

Les oreilles du loup

Les oreilles du loup, Antonio Ungar, traduit de l’espagnol (Colombie) par Robert Amutio

éditions Points
145 pages
6 €
oreilles-loup.jpgLes jours sombres et les jours clairs. Deux parties d’un livre, deux moments de la vie du narrateur, un enfant. Ce dernier nous plonge dans son univers onirique où malgré sa vision et ses descriptions inventives, imagées, on devine le drame familial puis la reconstruction. Une rêverie baroque, magique, violente et douce à la fois.

Karen et moi

Karen et moi, Nathalie Skowronek

éditions Arléa
145 pages
15 €
KARENMOI97828695995290-1236315.jpg « Nathalie Skowronek voudrait bien écrire la vie magnifique et tragique de la baronne séditieuse  qui aima l'Afrique, régna sur M'bogani, fonda la Karen Cofee Co, s'éprit de Denys et le pleura, mais  c'est sa propre révolte contrariée et ses rêves brisés que la descendante de juifs polonais et fille  d'une femme suicidaire n'en finit pas de raconter. Sans Karen Blixen, Nathalie Skowronek n'eût  jamais osé passer aux aveux dans ce premier livre ardent et reconnaissant. Preuve du pouvoir  immense, sur nos vies, de la littérature. » (Jérôme Garcin, Le Nouvel observateur). Une magnifique  rencontre.

Incident à Twenty-Mile

Incident à Twenty-Mile, Trevanian, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Mailhos

éditions Gallmeister
349 pages
23,90 €
.jpgAvec Incident à Twenty-Mile, resté inédit en français, Trevanian nous offre une œuvre brillante et nostalgique qui traite de la fin d’un rêve en dynamitant les conventions du western.

Le pacte

Le pacte, Lars Kepler, traduit du suédois par Hege Roel-Rousson

éditions Actes Sud
505 pages
23,00 €
.jpgAprès L’Hypnotiseur, Lars Kepler signe encore une fois un thriller haletant et continue d’explorer la face sombre de la Suède.

Saga maorie

Saga maorie, Caryl Férey

éditions Gallimard
813 pages
9,90 €
.jpgSaga maorie rassemble Haka et Utu et constitue une fresque épique, puissante, dont chaque page est une déflagration.

Écorces

Écorces, Georges Didi-Huberman

éditions de Minuit
80 pages
7.50 €

DIDI9782707322203,0-1268969.jpg« C’est le simple « récit-photo » d’une déambulation à Auschwitz-Birkenau en juin 2011. C’est la tentative d’interroger quelques lambeaux du présent qu’il fallait photographier pour voir ce qui se trouvait sous les yeux, ce qui survit dans la mémoire, mais aussi quelque chose que met en œuvre le désir, le désir de n’en pas rester au deuil accablé du lieu. » Nécessaire pour ne pas oublier.

Jérusalem : biographie

Jérusalem : biographie, Simon Sebag Montefiore, traduit de l’anglais par Raymond Clarinard et Isabelle Taudière

éditions Calmann-Lévy
668 pages
26,90 €
JERUSALEM9782702142530,0-1262709.jpgCet ouvrage raconte l’histoire de Jérusalem depuis 3000 ans. Depuis les guerres, les diverses religions qui coexistent, en passant par les hommes et les femmes qui ont édifié ou détruit la ville, tout est évoqué. L’auteur se base sur des archives inédites et de nombreuses anecdotes traversent ce livre qui se lit comme une biographie.

La France noire : trois siècles de présences

La France noire : trois siècles de présences, Pascal Blanchard, Éric Deroo, Sylvie Chalaye, Dominic Thomas

éditions La Découverte
360 pages
59 €
FRANCE NOIRE9782707169211,0-1278158.jpgVoici un ouvrage unique dans lequel vous trouverez retracés trois siècles de présence des Noirs en France, issus des quatre coins du monde. Ce beau livre relié à forte dimension esthétique et graphique se veut surtout une référence au carrefour de la culture, de l’’histoire et des mémoires croisées à travers sept cents documents, la plupart inédits, provenant de plus de cent cinquante fonds d’’archives.

Histoire du corps

Histoire du corps, sous la direction d’Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello, coffret de trois volumes

éditions Points
30,00 €

Le corps est devenu objet d’histoire. Tributaire, dans ses formes et ses mises en scène, de conditions matérielles et culturelles qui varient, il connait de profondes mutations dont cette magistrale encyclopédie en trois tomes entreprend l’exploration.

L’origine des systèmes familiaux, tome 1 : L’Eurasie

L’origine des systèmes familiaux, tome 1 : L’Eurasie, Emmanuel Todd

éditions Gallimard
755 pages
29 €
TODD9782070758425,0-1231530.jpgCe livre est l’aboutissement d’un travail de vingt ans d’enquête en Eurasie (Chine, Japon, Asie du sud-est et Europe). Emmanuel Todd identifie une forme originelle, commune à toute l’humanité, la famille nucléaire, traitant les hommes et les femmes comme équivalents. Ce premier ouvrage sera suivi sur la même base d’un volume sur l’Amérique et l’Afrique. Fascinant…

Théorie des maisons : l’habitation, la surprise

Théorie des maisons : l’habitation, la surprise, Benoît Goetz

éditions Verdier
224 pages
13,20 €
« Rien n’est moins simple que de dire en quoi consiste au juste une maison. Socrate le demandait déjà, il n’est pas sûr que nous ayons vraiment avancé depuis. Bien plus que des constructions composées de murs, de portes et de fenêtres, les maisons sont constituées de nos gestes, nos postures, nos déplacements, de toutes nos manières de les habiter. Cet « habiter », souligne Benoit Goetz, est en fait l’envers de la ville, ce qu’on ne peut en voir, et qui pourtant en délimite l’espace le plus décisif. Avant d’être question d’urbanisme, l’architecture serait donc affaire d’idées, de concepts et d’affects. » (Roger Pol-Droit, Le Monde)

Évolution

Évolution, textes Jean-Baptiste de Panafieu, photographies Patrick Gries

éditions Xavier Barral
423 pages
35,00 €
Un volume d’histoire naturelle déroutant à la croisée du catalogue d’exposition et du cabinet de curiosités. Les textes sur l’évolution des espèces sont richement illustrés par des photographies de squelettes sur fond noir qui mettent en lumière avec délicatesse la complexité et la fragilité du vivant.

Pèlerinages : fondements, caractéristiques et lieux

Pèlerinages : fondements, caractéristiques et lieux, Alberto Pelissero, Nicoletta Celli, Fabrizio Vecoli, Gabriele Mandel

éditions Hazan
336 pages
27,00 €
Découvrez les fondements d’une pratique ancestrale et ses usages dans l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Christianisme et l’Islam. Un ouvrage précieux pour qui s’intéresse aux quêtes spirituelles individuelles et collectives du monde entier.

Léonard a une sensibilité de gauche

Léonard a une sensibilité de gauche, écrit, composé et chanté par Vincent Delerm, raconté par Batiste Rebotier et Jean Rochefort, illustré par Blanca Gomez

éditions Actes Sud
48 pages
23 €
LEONARD9782330001384,0-1281143.jpgLéonard, 10 ans se demande ce que veut dire « être de gauche ». Grâce aux réponses fantaisistes et loufoques de son grand-père, il va comprendre ce que sont les goûts et les sensibilités. Il pourra désormais distinguer un poulet de gauche d’un poulet de droite et comprendre pourquoi la chantilly est résolument de gauche. Ce livre-CD composé par Vincent Delerm est merveilleusement interprété par Batiste Rebotier et Jean Rochefort. Un dialogue plein d’humour et de finesse !

Abécédaire

Abécédaire, Pascale Estellon

éditions des Grandes personnes
non folioté
24.50 €
ABECEDAIRE9782361930950,0-1266140.jpgVoici un magnifique abécédaire de A comme ananas à Z comme zèbre, en passant par le D de domino et le S de sardine. Mais il est bien plus que cela avec ses pages animées de volets à soulever qui, une fois dépliées, se transforment en accordéon. C’est un véritable livre-jeu à la fois graphique et poétique, à mettre entre toutes les mains.

Une chanson d’ours

Une chanson d’ours, Benjamin Chaud

éditions Hélium
26 pages
14.90 €
CHANSONOURS9782358510776,0-1257603.jpgVoici le tout dernier album du talentueux illustrateur Benjamin Chaud. À l’approche de l’hiver, Papa ours se prépare à hiberner avec son rejeton, mais ce dernier prend en chasse une abeille, car qui dit abeille dit miel ! À vous d’aider notre Papa ours à retrouver son Petit ours dans cet album-jeu qui vous fera voyager jusqu’au toit du Palais Garnier !

Comme un poisson dans l’eau

Comme un poisson dans l’eau, Thierry Dedieu

éditions Petites plume de carotte
44 pages
16 €
POISSONDANSEAUImage 3.jpgNotre loufoque scientifique Magnus Philodolphe Pépin est de retour, avec, cette fois-ci une soudaine envie de nager. C4est en observant la faune d’un étang qu’il tente de trouver des moyens de défier la nature, mais cela s’avère toujours plus compliqué que prévu. Ce nouvel ouvrage de Thierry Dedieu, à mi-chemin entre l’album et le documentaire, réalisé dans l’esprit des dessins scientifiques et botaniques des cabinets de curiosités, est une véritable réussite.

Comptines de Roses et de Safran

Comptines de Roses et de Safran, Chantal Grosléziat, Jean-Christophe Hoarau, Aurélia Fronty

éditions Didier jeunesse
58 pages
23.50 €
ROSE SAFRAN9782278059027,0-1265191.jpgLe tout dernier livre-CD de comptines du monde des éditions Didier jeunesse fait la part belle à l’Inde, au Pakistan et au Sri-Lanka à travers 27 comptines et berceuses. On y retrouve un subtil mélange de musique classique traditionnelle et de succès de Bollywood où la flûte, le sitar ou encore la guitare donnent immédiatement le ton et nous transportent en d’autres lieux. Toutes les paroles sont reproduites dans un superbe album, qui ravira les petits comme les plus grands.

Une cuisine qui sent bon les soupes du monde

Une cuisine qui sent bon les soupes du monde, textes d’Alain Serres, illustrations Aurélia Fronty

éditions Rue du Monde
64 pages
23.50 €
SOUPESMONDE9782355041792,0-1272830.jpgAprès nous avoir enthousiasmés avec leurs quatre précédents livres de cuisine, les éditions Rue du Monde publient en cette fin d’année un nouvel opus consacré aux soupes. Voyage garanti avec ce magnifique album pour petits et grands qui vous contera les recettes du gaspacho andalou, du bortsch russe ou encore du caldo verde portugais. Alors tous à vos cuillères à soupe !

Il faut sauver la planète Mars

Il faut sauver la planète Mars, Stéphane Méliade

éditions Oskar
261 pages
12.95 €
SAUVERPLANETEMARS9782350007168,0-1207918.jpgPlanète Mars, 2064. Amaël est chargé d’accueillir Coraléa, une adolescente « désabonnée » qui vient de la Terre avec ses parents, journalistes à Véri-TV, pour visiter l’Eurobulle. Mais dès qu’il l’aperçoit, Amaël comprend qu’elle va poser problème… et lorsqu’ils se retrouvent par accident enfermés tous les deux hors de la Bulle, seuls sur la surface désertique de Mars, avec seulement 4 heures d’oxygène dans leurs scaphandres, la tâche assignée à Amaël vire au cauchemar. Mais est-ce vraiment un accident? Un roman de science-fiction palpitant qui pose de bonnes questions.

Les Dolce, tome 1, La route des magiciens

Les Dolce, tome 1, La route des magiciens, Frédéric Petitjean

éditions Don Quichotte
536 pages
19.90 €
DOLCE9782359490190,0-1263214.jpgPersécutés par les sorciers des siècles durant, alors même que leur réunion est nécessaire pour déployer un pouvoir égal à celui de leurs adversaires, les magiciens ne sont plus qu’une poignée de par le monde. Cinq exactement. Une famille : les Dolce. Cette lignée, traquée en permanence, tente depuis des années de se fondre dans le paysage et vit dans une bicoque décrépite de Brooklyn. Le grand-père est à la retraite, le père et la mère exercent des professions passe-partout et les adolescents vont à l’école. Une nouvelle série jeunesse très réussie !

Comment (bien) gérer sa love story

Comment (bien) gérer sa love story, Anne Percin

Éditions du Rouergue
256 pages
13.50 €
COMMENT GERER9782812603006,0-1281149.jpg« Après l’été délirant qu’il vient de vivre dans Comment (bien) rater ses vacances, Maxime a tout ce qu’il faut pour passer une année géniale : une petite copine, un smartphone, une guitare… Tout, oui. Mais… l’amour, comme chacun sait, c’est un truc complètement irrationnel. Y’a plein d’effets indésirables… »
On ne résiste pas au plaisir de retrouver Maxime le héros de Comment (bien) rater ses vacances.

Habibi

Habibi, Craig Thompson, traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne-Julia et Walter

éditions Casterman
672 pages
24,95 €
« Deux destinées, celles de Dodola et de Zam, qui ne cessent d’être séparées puis réunies jusqu’à se confondre en une seule à travers ce grand récit dépaysant, rythmé par la poésie du Coran et la finesse de la calligraphie arabe.

Hitler

Hitler, Shigeru Mizuki, traduit du japonais par Yukari Maeda et Patrick Honnoré

éditions Cornélius
304 pages
25,00 €
« Claire et didactique, cette biographie déroule les étapes d’une catastrophe implacable, rythmée par le bruit des bottes. Si elle reproduit parfois la légende hitlérienne, noire ou dorée, elle évite de diaboliser son sujet qui demeure humain, trop humain. Terré dans son bunker, l’artiste frustré meurt dans l’écroulement de son œuvre, le Reich de mille ans. Il n’est plus qu’un cadavre anonyme parmi des millions d’autres. » (Manga News)

Jardins sucrés

Jardins sucrés , scénario de Lewis Trondheim, dessins de Fabrice Parme

éditions Delcourt
128 pages
11,95 €
Dans le monde merveilleux des Jardins sucrés, chaque enfant possède son doudou vivant. Un conte de fée ? Pas si simple. Entre amour et chamailleries, il règne le plus souvent une joyeuse zizanie. Les doudous ressemblent un peu à la famille, on les aime mais on ne les a pas toujours choisis. Une bande dessinée pour tous à partir de 9 ans.

Les ignorants : récit d’une initiation croisée

Étienne Davodeau

éditions Futuropolis
267 pages
24.50 €
IGNORANTS9782754803823,0-1250759.jpgDécouvrez en bande dessinée le monde du vin. Pour écrire Les ignorants, Étienne Davodeau est allé travailler avec Richard dans ses caves et dans ses vignes. De la taille à la mise en bouteille, vous saurez tout sur l’art de faire un bon vin. Un très beau livre sur la passion et l’engagement dans son travail, qui vous donnera envie de déguster une bonne bouteille en compagnie d’une grande BD.

Recettes et secrets des monastères

Recettes et secrets des monastères, Laurence et Gilles Laurendon, photographies de Richard Boutin

éditions Marabout
271 pages
20.90 €
MONASTERES9782501067782,0-602537.jpgPotager, cuisine, herboristerie, confiserie, confitures, alcools, liqueurs et élixirs… Toutes les recettes secrètes des monastères dans un ouvrage bio avant l’heure.

On mange quoi ce soir ? : 80 recettes faites en 20 minutes pour les soirs de la semaine

éditions de la Martinière

220 pages
19.90 €
MANGEQUOI9782732446332,0-1237402.jpg« Ce soir, ça va être délicieux, équilibré, fun… et dans 20 minutes, 30 maxi, on passe à table ! »

L’agenda 2012 des jardins de Cocagne : 52 recettes du monde pour cuisiner vos légumes au fil des saisons

éditions Rue de l’échiquier

127 pages
10 €
JARDINCOCAGNE9782917770252,0-1219814.jpgCet agenda propose pour chaque semaine de l’année une recette pour cuisiner les légumes de saison. Il fait la part belle aux épices et aux herbes aromatiques, offrant 52 recettes parfumées pour un voyage à travers les saveurs et les traditions culinaires.

Écorces : galerie d’art à ciel ouvert

éditions Ulmer

255 pages
39,90 €
Après le succès de son premier livre, Écorces, Cédric Pollet va encore plus loin dans le nombre et la diversité des arbres qu’il présente. Ce nouvel ouvrage est entièrement consacré à la dimension esthétique et picturale des écorces, où chacune des 450 photos toutes inédites pourrait être un tableau en soi.

Quichotte et les invincibles, un spectacle d’Erri De Luca, avec Erri De Luca, Gianmaria Testa et Gabriele Mira

éditions Gallimard

2 h 14
22 €
Magistral moment où la poésie et la fraternité, le chant et la musique vivante font le spectacle. Allez à la rencontre de l’invincible Quichotte et de tous ces invincibles qui n’ont rien à voir avec « les gagnants » de l’époque. De Luca, avec Brecht, Nazim Hikmet, Vian et quelques autres, nous parle d’amour, de guerre, de résistance et d’humanité. Mirabassi, fanfare concertante à lui tout seul, Testa, petit frère piémontais de Brassens et Ferre à la voix chaude de rocaille, sont les protagonistes talentueux de cette rencontre d’amis qui partagent avec nous ce qu’ils ont besoin absolument de se dire….
Et pour ne pas oublier que la poésie est « la forme de combat et de résistance des littératures » (De Luca)

La sélection d’été 2012

Retrouvez notre Sélection d’été 2012

Noël 2012

L’équipe de la librairie vous propose sa sélection de livres Noël 2012 pour vos cadeaux de fin d’année.

Été 2013

L’équipe de la librairie vous propose sa sélection d’ouvrages Été 2013 pour vos lectures de vacances.

Un Blanc, Mika Biermann

Editions Anacharsis
131 pages
15€

un_blancL’expédition scientifique de l’Astrofant dans les contrées antarctiques était de calibre standard, avec au programme un petit supplément ludique : envoyer dans le ciel de minuit le 31 décembre 2000 un feu d’artifice depuis le pôle Sud pour célébrer l’avènement du nouveau millénaire. Du gâteau.Prétendre que tout a dérapé sur les pentes d’un iceberg quelconque serait trop facile – et très en-deçà de la vérité. Mika Biermann est parvenu à retracer la chronique de cette nef des dingues dans un récit polyphonique parfaitement givré qui inaugure d’éblouissante manière le roman d’aventures du XXIe siècle.

 

Un choix de Vincent

La Scierie, Anonyme

Editions Héros-Limite
140 pages
16€

scierieLe lendemain matin, je me lève à cinq heures trente, je pars à six heures quinze vers Huisseau. On est en septembre, le jour se lève à peine. Je vois des quantités de lapins dans le parc de Chambord. J’arrive à la scierie en avance. Tout est sombre sous le hangar. J’ai dans mes sacoches ma gamelle qui contient mon repas de midi. Le chauffeur bourre la chaudière et fait monter la pression. Je m’approche du four et je me chauffe. Il est sept heures moins dix. Tout le monde arrive tout à coup et se rassemble autour du four. Garnier arrive bouffi, il n’a pas fini de s’habiller, il sort du lit, il ne mange pas le matin. Après de brèves politesses, à sept heures moins cinq, il gueule : Allez, graissez !

 

Un choix partagé par Vincent, Hélène et Agnès

Mon Amie Rosy, Gerald Durrell

Editions Héros-Limite
313 pages
12€
durrell_mon_amie_rosy12

 

 

Adrian Rookwhistle fait un embarrassant héritage : une éléphante nommée Rosy, dont il doit désormais s’occuper. Malgré son heureux caractère, l’imposant animal, porté sur les boissons fortes, cause bien des dommages dans la campagne anglaise qu’elle sillonne avec son nouveau maître.

 

Un choix de Danielle

Cercle, Yannick Haenel

Editions Gallimard
547 pages
8,20€

cercle« « C’est maintenant qu’il faut reprendre vie. » Aussitôt, il y a eu une série d’étincelles autour de ma tête, puis la phrase s’est enroulée autour de mes épaules en y traçant des lignes rouges, orange, jaunes ; elle a cheminé le long de mon bras, lentement, jusqu’à ma main qui s’est gorgée d’un sang bleu-noir. C’est ainsi que ce livre a commencé à s’écrire. Un calme étrange fleurissait dans ma tête. Laisse faire, me disais-je, surtout laisse faire : un passage va s’ouvrir, et ce passage, tu l’appelleras Cercle.»

Un homme décide, un matin, de ne plus aller à son travail. Il se met à errer dans Paris. Son odyssée le conduit en Europe de l’Est, passant par Berlin, Varsovie et Prague. Cette expérience de liberté lui donne accès à un étrange phénomène dans lequel se concentrent le secret de la jouissance et la destruction qui régit le monde. Porté par la dimension poétique du réel, il découvre ce qu’il nomme l’existence absolue.

Un choix de Faustine

Yucca mountain, John D’Agata

Éditions Zones Sensibles
158 pages
16€

yuccaEn 2009, alors qu’il aide sa mère à emménager à Las Vegas, John D’Agata découvre que l’administration américaine compte enterrer 77.000 tonnes de déchets nucléaires sur le site de Yucca mountain, une montagne proche de la ville.

Un choix de Danielle

 

Six, Anonyme

Editions Zones Sensibles
111 pages
12,06€

6couvseuleJe ne porte pas de costume et les limousines ne m’impressionnent pas. Je ne dîne pas dans des restaurants quatre étoiles. Je ne porte pas de casquette avec le logo de mes employeurs car je n’ai ni tête ni visage, et depuis la crise économique mondiale de 2007 je n’ai cessé d’envahir les marchés financiers.
Je travaille au 1 700 MacArthur Boulevard, à Mahwah, une banlieue endormie du New Jersey située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Wall Street. Mon bureau est grand comme sept stades de football américain, mais je n’en occupe pas la totalité : l’espace où je travaille ne fait que quelques centimètres carrés, loués tout spécialement à Mahwah par mes employeurs pour une somme que j’estime entre 10 000 et 25 000 dollars par mois. Comme certains étudiants je vis en colocation. Ceux qui partagent le réfrigérateur avec moi s’appellent Dagger, Sniffer, Guerrilla, Shark ou Razor, et tous sont autant de concurrents potentiels que je scrute attentivement à longueur de journée.
Je travaille de 9h30 à 15h30, sans relâche et si vite que je prends des décisions en bien moins de temps qu’il n’en faut à un être humain pour cligner de l’œil.
Bienvenue dans le monde du trading à haute fréquence.

Un choix de Valentine

Economix, première histoire de l’économie en BD, Michael Goodwin

Editions des Arènes
pages
21,90€

economix« L’Economie », un sujet pour mille notions.
…Comment s’y retrouver ? …
Profiter des vacances pour lire Economix !


Un choix de Valentine

Histoire d’un allemand, souvenirs (1914-1933), Sebastian Haffner

Éditions Actes Sud
434 pages
9,70€

histoire_allemand Un GRAND ( GRAND ) LIVRE qui montre comment les hommes disparaissent pendant que disparaît la liberté.

Un choix de Bertrand

 

La servante et le catcheur, Horacio Castellanos Moya

Éditions Métailié
235 pages
18€

catcheurLe Viking, un ancien catcheur qui a intégré les troupes de la police politique, part en opération pour enlever un couple de jeunes subversifs. Il est justement sollicité par Maria Elena, une femme de ménage qu’il avait jadis courtisée, pour l’aider à retrouver les petits-enfants de son ancien patron, un jeune couple disparu. Le hasard entraîne la jeune femme dans le monde brutal du Viking.

Un choix partagé par Hélène et Faustine

L’Esprit de la peinture, hommage aux maîtres flamands , Fabienne Verdier

Éditions Albin Michel
207 pages
59€

verdierLié à l’exposition du Musée Groeninge de Bruges, cet album présente les œuvres d’une artiste contemporaine en écho à six chefs-d’oeuvre de Van Eyck, Van der Weyden, Marmion, Memling, Van der Goes… Inspirée depuis toujours par les primitifs flamands, elle a scruté pendant quatre ans les œuvres de ces maîtres pour y associer son propre regard.

Ron Mueck, collectif

Éditions de la Fondation Cartier
242 pages
38,50€

ron_mueckDécouvrez l’oeuvre touchante de Ron Mueck, notre  Gepetto contemporain. Un travail entre hyperréalisme et jeux d’échelles déroutants.

Un choix de Valentine

Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Pierre Hadot

Éditions Gallimard
461 pages
13€

hadotUne pure merveille.  Profitez de vos « vacances » pour aller à la rencontre d’Épictète, d’Épicure et de toutes ces grandes figures de l’Antiquité. Facile à lire,  facile à comprendre… Il ne reste plus qu’à se mettre aux travaux pratiques.

Un choix de Bertrand

Un logique nommé Joe, Murray Leinster

Éditions Le Passager clandestin
43 pages
4€

joe La quatrième de couverture : « En 1946, Murray Leinster imagine les dérives d’un réseau informatique mondial. »

L’éditeur : « La collection « Dyschroniques » exhume des nouvelles de science-fiction empruntées aux grands noms comme aux petits maîtres du genre, tous unis par une même attention à leur propre temps, un même génie visionnaire et un imaginaire sans limites. Ils interrogent la marche du monde, l’état des sociétés et l’avenir de l’Homme. Quand les futurs d’hier rencontrent notre présent… »

Danielle : « Tous les titres de la collection sont des petits bijoux…mais celui-ci est mon préféré ! »

En conclusion, un choix unanime.

 

Hongrie-Hollywood Express, Eric Plamondon

Éditions Phébus
141 pages
14€

plamondonIl y a des années charnières symboliques cachées dans l’histoire du monde. 1984 en est une. Johnny Weissmuller et Richard Brautigan s’éteignent. Steve Jobs lance le premier Macintosh d’Apple.

Quand Gabriel Rivages raconte ce siècle et la vie du petit Janos devenu Tarzan au cinéma, c’est tout le patchwork américain qui s’anime, des exploits sportifs qui font rêver la planète tout entière aux soubresauts de l’underground littéraire, des gloires de Hollywood aux déclins obscurs. Burroughs vend des taille-crayons, Al Capone domine Chicago, Albert Einstein croise un chasseur d’écureuils, le record du monde du 100 mètres nage libre passe sous la minute, un comptable véreux s’enfuit avec la caisse et un mythe vivant finit placier dans un restaurant de Las Vegas.De Montréal aux îles Bikini, Éric Plamondon nous promène avec finesse et jubilation dans l’histoire culturelle de la grande Amérique.

Un choix de Vincent

So Much Pretty, Cara Hoffman

Éditions Stock
345 pages
20€

so_much_prettyWendy vient d’être retrouvée morte, manifestement assassinée, ce qui confirme les doutes qui planaient depuis sa disparition dans la petite ville de Headen, dans le nord de l’État de New York. Stacy Flynn, journaliste tourmentée et ambitieuse, rend compte du drame dans son journal local et, avec Alice, une adolescente hors du commun, elles vont tout faire pour retrouver les coupables.

Un choix de Danielle

Le secret d’Ewin Strafford, Robert Goddard

Éditions Sonatine
628 pages
22€

secret d'erwin1977. Martin Radford, jeune historien londonien, arrive sur l’île de Madère. Il y rencontre Leo Sellick, qui habite une villa naguère propriété du mystérieux Edwin Strafford, mort en 1951. Homme politique promis à un brillant avenir, Edwin Strafford a été, en 1908, à l’âge de 32 ans, ministre de l’Intérieur du cabinet Asquith aux côtés de Lloyd George et de Churchill, avant de quitter la vie politique en 1910 sans explication aucune.

Un choix partagé par Danielle et Hélène

Le luth d’ébène, Panagiotis A. Agapitos

Éditions Anacharsis
396 pages
23€

luthEmpire byzantin, mai 832. Envoyé en ambassade auprès du calife de Bagdad par l’empereur Théophile pour négocier la paix, Léon le protospathaire («premier porte-glaive») arrive à la ville frontalière de Césarée, en Cappadoce, dernière étape avant d’entrer en territoire musulman.

Paisible en surface, la cité est un chaudron en ébullition. Des silhouettes furtives se glissent le long des ruelles obscures du quartier arabe ; les rumeurs d’une guerre proche commencent à circuler ; des jeunes filles disparaissent mystérieusement et des moines patibulaires font soudain leur apparition… Lorsque l’on découvre le corps atrocement mutilé de la fille du juge de la ville, le gouverneur, débordé, demande l’aide de l’ambassadeur.

Léon va devoir entrer dans la danse des masques, enquêter dans les casernes, les tavernes et les bordels de Césarée ; pour la première fois, il va être amené à résoudre des crimes.

Un choix de Danielle

Art nègre, Bruno Tessarech

Éditions Buchet/Chastel
272 pages
15€

art_negreLouis est un écrivain en panne d’inspiration. Il s’isole chez lui, se traîne de pièce en pièce sans aucune énergie. Sa compagne Olivia le quitte. Un vieil ami éditeur, François, l’appelle pour lui proposer de rédiger les mémoires d’un ancien prisonnier célèbre. Louis accepte. C’est un nouveau départ, il découvre l’ennui des entretiens mais la joie renouvelée d’écrire.

Un choix de Danielle

Les Renards pâles, Yannick Haenel

Éditions Gallimard
174 pages
16,90€

renards_palesÀ Paris, rencontre entre un homme qui a choisi de vivre dans sa voiture et un groupe de sans-papiers masqués. Se faisant appeler les renards pâles, du nom du dieu anarchiste des Dogon du Mali, ils défient la France. Comme l’homme solitaire, ils attendent la révolution.

Un choix de Faustine

Trois premiers romans de la tétralogie de Jean-Philippe Toussaint

Éditions de Minuit

faire_amourFaire l’amour
192 pages
14,20€

C’est l’histoire d’une rupture amoureuse, une nuit, à Tokyo. C’est la nuit où nous avons fait l’amour ensemble pour la dernière fois. Mais combien de fois avons-nous fait l’amour ensemble pour la dernière fois ? Je ne sais pas, souvent.

 

 

 

 

fuirFuir
184 pages
6,90€

Pourquoi m’a-t-on offert un téléphone portable le jour même de mon arrivée en Chine ? Pour me localiser en permanence, surveiller mes déplacements et me garder à l’oeil ? J’avais toujours su inconsciemment que ma peur du téléphone était liée à la mort - peut-être au sexe et à la mort - mais, jamais avant cette nuit de train entre Shanghai et Pékin, je n’allais en avoir l’aussi implacable confirmation.

 

 

 

 

veritesurmarieLa vérité sur Marie
204 pages
14,70€

L’orage, la nuit, le vent, la pluie, le feu, les éclairs, le sexe et la mort. Plus tard, en repensant aux heures sombres de cette nuit caniculaire, je me suis rendu compte que nous avions fait l’amour au même moment, Marie et moi, mais pas ensemble.

Nue, Jean-Philippe Toussaint

Éditions de Minuit
169 pages
14,50€

nueLa robe en miel était le point d’orgue de la collection automne-hiver de Marie. À la fin du défilé, l’ultime mannequin surgissait des coulisses vêtue de cette robe d’ambre et de lumière, comme si son corps avait été plongé intégralement dans un pot de miel démesuré avant d’entrer en scène. Nue et en miel, ruisselante, elle s’avançait ainsi sur le podium en se déhanchant au rythme d’une musique cadencée, les talons hauts, souriante, suivie d’un essaim d’abeilles qui lui faisait cortège en bourdonnant en suspension dans l’air, aimanté par le miel, tel un nuage allongé et abstrait d’insectes vrombissants qui accompagnaient sa parade. Dernier volet de la série composée de Faire l’amourFuir et de La vérité sur Marie.

Un choix de Faustine et d’Hélène

 

Parabole du failli, Lyonel Trouillot

Éditions Actes Sud
224 pages
20€

parabole du failli

Pedro, jeune acteur haïtien qui commençait à remporter des succès, se suicide alors qu’il effectuait une tournée outre-mer. Deux amis restés au pays natal s’efforcent de comprendre les motifs de ce geste fatal. Ils réaliseront à quel point les difficultés sociales et personnelles ont incité Pedro à se perdre en vain dans la multiplicité des rôles, ce qui l’a conduit au désespoir.

Un choix unanime

La Lettre à Helga, Birgisson Bergsveinn

Éditions Zulma
130 pages
16,50€

lettre à helga«Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi.» Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d’attention émerveillée à la nature sauvage.

Un choix d’Hélène et Vincent

 

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?, Jeanette Winterson

Éditions du Seuil
264 pages
6,90 €

heureux quand on peut être normalRécit autobiographique de la quête d’identité de l’auteure, et à travers elle, celle des femmes engagées dans la bataille pour leur liberté. Mères, amantes, amies, écrivains, modèles, adorées ou honnies, J. Winterson leur rend hommage dans ces mémoires d’une jeune fille issue du prolétariat de Manchester.

orangesAvant ou après, il vous faudra également lire Les oranges ne sont pas les seuls fruits ! Un roman autobiographique dans lequel l’auteure évoque son enfance au sein d’une famille très pieuse (c’est peu dire) et ses premières relations homosexuelles.

 

Un choix de Faustine et Valentine

La Méthode Arbogast, Bertrand de la Peine

Les Éditions de Minuit
128 pages
13 €

la méthode arbogastRien de tout cela ne serait arrivé s’il n’y avait pas eu ce moineau.
Ni cette chute du haut du bouleau.
Valentin Noze n’aurait pas connu le docteur Arbogast, ni sa méthode d’hypnose pas l’image , encore moins ses grenouilles.
Il ne se serait pas retrouvé sur l’île de Madagascar, et n’aurait pas eu à fuir devant un cyclone ou à pourchasser un ancien mercenaire à travers la forêt de la Montagne d’Ambre.
Et puis surtout, il n’aurait pas rencontré Sibylle.
Bref, il n’aurait rien vu.

Un choix d’Hélène

L’échange des princesses , Chantal Thomas

Éditions du Seuil
348 pages
20€

échangeprincessesEn 1721, Philippe d’Orléans prévoit de marier Louis XV avec la très jeune infante espagnole Maria Anna Victoria. Il propose aussi de donner sa fille Mademoiselle de Montpensier comme épouse au jeune prince des Asturies, héritier du trône d’Espagne. L’échange des princesses a lieu en 1722 en grande pompe. Mais rien ne marche comme prévu, et chacune des princesses retourne dans son pays.

Un choix de Faustine

Comme les amours, Javier Marias

Éditions Gallimard
384 pages
22,50 €

comme les amoursChaque matin, dans le café où elle prend son petit déjeuner, l’éditrice madrilène María Dolz observe un couple qui, par sa complicité et sa gaieté, irradie d’un tel bonheur qu’elle attend avec impatience, jour après jour, le moment d’assister en secret à ce spectacle rare et réconfortant.
Or, l’été passe et, à la rentrée suivante, le couple n’est plus là. María apprend alors qu’un malheur est arrivé. Le mari, Miguel Desvern, riche héritier d’une compagnie de production cinématographique, a été sauvagement assassiné dans la rue par un déséquilibré. Très émue, elle décide de sortir de son anonymat et d’entrer en contact avec sa femme, Luisa, qui est devenue un être fragile, comme anesthésié par la tragédie. Dans l’entourage de Luisa, María rencontre Javier Díaz-Varela, le meilleur ami de Miguel, et elle comprend vite que les liens que cet homme tisse avec la jeune veuve ne sont pas sans ambiguïté.

Un choix de Faustine

Petites scènes capitales, Sylvie Germain

Éditions Albin Michel
256 pages
19 €

petites scènes capitales« L’amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l’enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu’elle croit l’approcher au plus près, au plus brûlant. L’amour, un mot hagard. »
Tout en évocations lumineuses, habité par la grâce et la magie d’une écriture à la musicalité parfaite, Petites scènes capitales s’attache au parcours de Lili, née dans l’après-guerre, qui ne sait comment affronter les béances d’une enfance sans mère et les mystères de la disparition.
Et si l’énigme de son existence ne cesse de s’approfondir, c’est en scènes aussi fugitives qu’essentielles qu’elle en recrée la trame, en instantanés où la conscience et l’émotion captent l’essence des choses, effroi et éblouissement mêlés.

Un choix de Faustine

La Conjuration, Philippe Vasset

Éditions Fayard
230 pages
17 €

conjurationDans un Paris à l’ambiance asphyxiante, le narrateur rencontre André, un écrivain souhaitant fonder une secte spécialement adaptée à la population de la ville. Après avoir établi les grandes lignes de cette nouvelle religion, les deux hommes se mettent en quête d’un lieu de culte au sein des périmètres sécurisés de la capitale (entrepôts de marchandises, cabinets d’avocats, etc.).

un choix de Vincent

Jason Murphy , Paul Fournel

Éditions P.O.L
192 pages
16 €

jason murphyTous les lecteurs de la Beat Generation connaissent les poèmes de Jason Murphy, mais le bruit court qu’il aurait composé un roman, écrit sur un rouleau avant même le célèbre Sur la route de Jack Kerouac. Certains affirment que le professeur Marc Chantier l’aurait eu un moment en sa possession.
Un éditeur et une étudiante s’envolent sur la trace du fameux « scroll » de Paris à San Francisco. Chacun a ses raisons, chacun a ses chemins, chacun a ses moyens et c’est à qui arrivera le premier…

Un choix de Vincent

Canada, Richard Ford

Éditions de l’Olivier
480 pages
22,50 €

canadaGreat Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents commettent un hold-up, pour rembourser un créancier menaçant. Le braquage échoue, ses parents sont arrêtés, et Dell a le choix entre la fuite ou l’orphelinat. Choisissant la fuite, il passe la frontière du Canada et se retrouve dans le Saskatchewan où il est recueilli par Remlinger.

Un choix d’Hélène

Les Incrustacés, Rita Mercedes

Éditions L’Association
29 pages
168 €

incrustacesDeux hommes errant sur une plage trouvent un bateau et embarquent sur une mer agitée à la rencontre de créatures splendides et angoissantes : sirènes, Ostraciens, Visigres, naufrageurs…Tout un monde qui prend vie, s’agite et tangue
au gré d’illustrations d’une beauté saisissante.
Un choix de Valentine

Le Centre de la Terre, Anneli Furmark

Éditions Çà et Là
60 pages
18€

centre_terreAxel, jeune suédois de 16 ans, se voit obligé de passer des vacances en Islande avec sa mère et Toralf, le compagnon de cette dernière. Coincé avec les deux adultes, il prend son mal en patience, jugeant mentalement leurs paroles et leurs actes, rêvant aux occupations des autres adolescents.

Alors que le trio parcourt l’île et ses paysages extraordinaires, sa nature violente et spectaculaire, Toralf tente de nouer contact avec le jeune garçon renfermé… Sous le regard de Marie qui, aussi sensible que son fils, tente de maîtriser sa tendance à toujours s’inquiéter pour les siens.

Un choix de Valentine

Esprit d’hiver, Laura Kasischke

Éditions Bourgois
275 pages
20€

esprit_hiver En ce matin de Noël, Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, adoptée seize ans plus tôt en Russie. Bloqué par le blizzard, son mari ne peut les rejoindre. Tatiana a un comportement étrange : elle s’enferme dans sa chambre, met des tenues extravagantes, a des sautes d’humeur qui ne lui ressemblent pas. La journée va vite tourner au cauchemar pour Holly.
Un choix d’Hélène

La grâce des brigands , Véronique Ovaldé

Éditions de l’Olivier
283 pages
19,50 €

la grâce des brigandsMaria Cristina Väätonen a seize ans lorsqu’elle quitte la ville de son enfance, une bourgade située dans le grand Nord, entourée de marais et plongée dans la brume la plupart de l’année. Elle laisse derrière elle un père taciturne, une mère bigote et une soeur jalouse, pour s’installer à Santa Monica (Los Angeles). C’est le début des années 70 et des rêves libertaires. Elle n’a pas encore écrit le roman dans lequel elle réglera ses comptes avec sa famille, et qui la propulsera sur la scène littéraire. Et elle n’est pas encore l’amante de Rafael Claramunt. Séducteur invétéré, cet excentrique a connu son heure de gloire et se consacre désormais à entretenir sa légende d’écrivain nobélisable. Est-il un pygmalion ou un imposteur qui cherche à s’approprier le talent de Maria Cristina ?

Un choix d’Hélène

Les Promesses, Sorella – Italia – Vapore, Marco Lodoli

Éditions P.O.L.
352 pages
22€

promessesLes Promesses de quoi ? Les trois romans portent-ils des promesses ? Oui, quelques-unes. Sorella promet qu’il y a aura une connaissance après la douleur, et peut-être même une félicité. Italia promet quoi qu’il arrive un sens au cours fatal de l’existence, ça ne saute pas aux yeux, mais l’ange, lui, connaît l’histoire : le temps est un petit bout d’éternité. Et Vapore promet finalement le pardon, les contraires se rencontrent, les contraires se détruisent, quelque chose, cependant, sait absoudre tant de misère humaine. (Marco Lodoli).

 Un choix d’Hélène

Dora tomes 1 et 2, Minaverry

Éditions L’Agrume
dora1170 pages
18€

Allemagne, 1960. Dora, dont le père est mort en camp de concentration, travaille au Berlin Document Center. Elle rejoint sa mère en France, se lie à un groupe de jeunes communistes, avant de partir en compagnie d’un espion israélien à la poursuite de Mengele en Argentine…

 

 

 

dora2144 pages
18€

 En 1962, l’Algérie s’apprête à retrouver son indépendance et les tensions sont palpables en France métropolitaine. A Bobigny, Dora, Odile et leur bande continuent leur apprentissage de l’engagement politique et de l’amour. Tandis que Dora vit sa première expérience homosexuelle, Odile fréquente Didouche. Dora cherche, avec l’aide d’une avocate, à récolter des témoignages de victimes du nazisme.
Un choix de Valentine

L’événement Socrate, Paulin Ismard

Éditions Flammarion
299 pages
21€

evenement_socrateLe procès de Socrate est une des images les plus célèbres de l’histoire de l’Athènes classique. Les guerres médiques ou les marbres du Parthénon en offrent le versant lumineux, la condamnation du maître de Platon, elle, en incarne la légende noire. Le plus souvent, l’événement est présenté comme la faute impardonnable de la démocratie athénienne, la preuve d’une cité intolérante, persécutant ses élites intellectuelles. À l’opposé, les défenseurs de la démocratie athénienne s’évertuent à en relativiser la portée, en le réduisant à un incident, voire en justifiant la condamnation du philosophe. C’est ainsi qu’au fil des âges, le procès de Socrate s’est transformé en procès de la démocratie athénienne – et par extension, de la démocratie elle-même.

Un choix de Bertrand

Fontamara, Ignazio Silone

Éditions Grasset
284 pages
9,15€

fontamara1929, l’Italie fasciste. A Fontamara, petit village des Abruzzes, l’arrivée du Cavaliere Pelino sème le malheur parmi la population de cafoni (paysans misérables opprimés depuis toujours). Silone raconte leur combat et face à la mécanique fatale de l’oppression, pose la question cruciale : « Que faire? ».

Un choix de Bertrand

Félix Vallotton : le feu sous la glace, exposition au Grand Palais 2/10/13 au 20/01/14

Éditions RMN
287 pages
45€
Catalogue de l’exposition rétrospective consacrée au peintre nabi suisse Félix Vallotton (1865-1925). Cet artiste de l’étrange, au dessin précis et aux couleurs raffinées, s’est intéressé à une gamme étendue de sujets (portrait, nu féminin, vues urbaines, paysages…) et s’est distingué par l’étendue du champ de sa création.

Un choix de Valentine

vallottonvallotton1vallotton2

Braque, 1882-1963, exposition au Grand Palais du 18/09/13 au 06/01/14

Éditions RMN
pages
45€

Rétrospective de l’oeuvre du peintre français, depuis ses débuts fauves jusqu’aux grands ateliers tardifs, en passant par sa contribution décisive au cubisme, son néoclassicisme, ses décors scéniques, ses sujets mythologiques, ses natures mortes et ses oiseaux. Les liens de Georges Braque avec d’autres artistes d’avant-garde (P. Picasso, H. Laurens) et des poètes (R. Char, F. Ponge) sont examinés.

braque3

braque1

 

 

braque2

Pico Bogue : Restons calmes, Dominique Roques et Alexis Dormal

Éditions Dargaud
48 pages
11,99 Euros
restons.jpgPico et sa petite sœur Ana Ana partent en vacances au bord de la mer avec leur tonton… Nos deux héros sont plus que jamais en forme, ont toujours autant d’esprit et la répartie qu’il faut ! Des textes percutants et des portraits attachants. On ne s’en lasse pas. A partir de 7 ans.

Sélection de Noël 2013

Sélection de Noël 2013.

 

Délices : ma vie en cuisine, Lucy Knisley

Éditions Delcourt
173 pages
16,95€

delicesPetite, elle est tombée dans la marmite. Dans ce récit autobiographique, Lucy retrace les principaux moments de sa vie, tous ponctués de souvenirs culinaires. Délices invite le lecteur à célébrer la nourriture plutôt que d’en faire un ennemi ou un produit de consommation. Cerise sur le gâteau : chaque chapitre comporte une succulente recette, des précieux plats familiaux aux créations originales de Lucy.

Un coup de cœur de Valentine

Les lois de la frontière, Javier Cercas

Éditions Actes Sud
345 pages
23€

les lois de la frontiereÀ l’été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur QG, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l’entraînent de l’autre côté de la « frontière », au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l’initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l’été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d’ignorer les codes, jusqu’au coup qui tourne mal. Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d’une rébellion salutaire, la victime expiatoire d’un système frelaté, ou les zones d’ombre de sa propre jeunesse ?
Un écrivain, chargé de raconter l’histoire, recueille au cours d’entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l’ambiguïté.

Un coup de cœur de Hélène.

Goethe se mheurt, Thomas Bernhard

Éditions Gallimard
128 pages
12€

Goethe se mheurt« J’ai écrit ce qu’il y a de plus grand, cela ne fait aucun doute, mais c’est aussi de cette façon que j’ai tétanisé la littérature allemande pour quelques siècles. J’aurai été, mon cher, avait dit Goethe à Riemer, le tétaniseur de la littérature allemande. Ils sont tous tombés dans le piège de mon Faust. »
La férocité de Thomas Bernhard fait rage dans les quatre récits rassemblés ici en un volume, selon son souhait. Qu’il s’agisse de Goethe mourant, de la haine de l’Autriche ou de la détestation de la famille, l’humour et l’ironie du grand prosateur se révèlent toujours aussi percutants. Mais surtout, ces quatre miniatures contiennent tout l’univers de Bernhard et forment un condensé très maîtrisé des motifs qui traversent toute son oeuvre.

Un coup de coeur de Bertrand.

 

Arbres en liberté, Mario Rigoni Stern

Éditions La Fosse aux Ours
128 pages
16,20€

arbres en libertéLes arbres de Mario Rigoni Stern ont la même beauté austère que les personnages de ses livres. Il n’en parle pas seulement comme un botaniste nourri de culture classique qui connaît toutes les vertus des arbres et de leurs fruits : il accroche aussi à leurs branches comme les boules d’un sapin de Noël, souvenirs d’enfance et de guerre, histoire de cet Altipiano au climat rude dont il est originaire.

«… et si, à la fin, j’ai réussi à vous communiquer un peu de mon amour des arbres, j’aurai le cœur plus léger».

Un coup de cœur de Vincent.

 

Ceux qui reviennent, Maryline Desbiolles

Éditions Seuil
156 pages
15€

ceux qui reviennentCe livre est une déambulation, une dérive à travers des portraits reliés par l’écriture et la mémoire de Maryline Desbiolles. Délicatement elle nous guide à travers son univers à la découverte de ceux qui l’ont quitté, des proches parfois mais aussi quelques présences lointaines, diffuses. 

Un coup de cœur de Vincent.

Oublier Trahir puis disparaître, Camille de Toledo

Éditions Seuil
224 pages
17€

oublier trahir puis disparaîtreUn roman poétique qui nous emmène dans un voyage métaphorique à travers l’Europe, à la frontière des XXème et du XXIème siècles. Camille de Toledo mêle poésie et philosophie pour s’interroger et nous interroger sur la langue, la transmission, l’Histoire, la culture et son uniformisation.

 Un coup de cœur de Vincent.

La fille, Tupelo Hassman

Éditions Christian Bourgois
345 pages
20€

la filleEn brefs fragments une jeune fille nous raconte son monde. Dans ce monde on vit dans des mobil home, on attend la nuit lorsque notre mère travaille, on regarde cette même mère dormir sur le canapé lorsqu’elle est trop ivre. Dans ce monde une jeune fille peut subir la perversion de certains adultes et se réfugier dans le silence. Mais malgré toute cette violence, réelle et symbolique, c’est également une jeune fille pleine de vie que l’on découvre, une jeune fille qui noue des amitiés, tente de se rapprocher de ses grands frères et se rêve en scout modèle.

Un coup de cœur de Vincent.

 

Monastère, Eduardo Halfon

Éditions Table Ronde
160 pages
16€

monastèreÉpuisé par quinze heures de vol, en manque de sommeil et de nicotine, Eduardo attend ses bagages aux côtés de son frère, à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Les deux hommes sont venus du Guatemala assister au mariage de leur sœur cadette avec un Juif orthodoxe originaire de Brooklyn, et la perspective ne les réjouit ni l’un ni l’autre. Car si certains se rendent en Israël pour se rapprocher de la Terre promise, Eduardo n’a fait le voyage que par devoir familial. La visite de Jérusalem, et en particulier du centre hassidique que fréquentent sa sœur et son futur époux, provoque en lui un malaise croissant. Les jours passent sous une torpeur étouffante, jusqu’à ce matin où la sensuelle et impulsive Tamara, une Israélienne rencontrée dans un bar d’Antigua Guatemala des années plus tôt, le contraint, le temps d’un excursion au bord de la mer Morte, à affronter les fantômes de son histoire familiale, ces légendes que transportent avec eux les survivants.

Un coup de cœur de Vincent.

Apologie du slow, Fabio Viscogliosi

Éditions Stock
272 pages
19€

apologie du slow« Il y a quelque temps, en milieu d’après-midi, quelque chose d’étrange s’est produit; j’ai réalisé qu’il était urgent de reconsidérer ce qui, dans ma vie, m’apparaissait comme essentiel. L’urgence était telle que je ne pouvais attendre un jour ou une seconde de plus. »
Fabio Viscogliosi poursuit une entreprise romanesque faite de fragments d’existence avisés et électriques. Un manifeste en forme d’autoportrait jubilatoire, aussi ludique qu’inventif, aussi pudique que burlesque.

 

Un coup de cœur de Vincent.

Prières nocturnes, Santiago Gamboa

Éditions Métailié
312 pages
20€

prieres nocturnesAccusé de trafic de drogue et emprisonné à Bangkok Manuel, un étudiant en philosophie colombien, risque la peine de mort s’il ne reconnaît pas sa culpabilité, mais sa seule préoccupation est de revoir sa sœur, disparue. Touché par son histoire, le consul de Colombie, amateur de cocktails au cœur tendre, se lance à la recherche de la jeune femme pour convaincre Manuel de lutter malgré tout. Il va découvrir le désert affectif d’une famille immergée dans une société violente, d’une petite bourgeoisie prisonnière du qu’en-dira-t-on et fascinée par une richesse inaccessible. Dans une prose limpide teintée de mélancolie, ce roman nous parle d’une femme prête à tout pour défendre son idée de la justice et permettre à son frère de vivre ses rêves, et d’un étudiant qui n’hésite pas à risquer sa vie pour retrouver la seule personne qui lui a donné son amour.

Un coup de cœur de Vincent.

L’homme qui a vu l’homme, Marin Ledun

Éditions Ombres noires
462 pages
18€

l homme qui a vu l hommePays basque nord, janvier 2009. La tempête Klaus vient de s’abattre sur la façade atlantique. Les rumeurs autour de la disparition d’un militant basque, Jokin Sasco, enflent. Iban Urtiz, reporter, comprend que cette affaire n’est pas un cas isolé. La jeune Eztia, sœur du disparu, lui ouvre les portes d’un monde de mensonges et de trahisons où enlèvements, tortures et séquestrations sont devenus les armes de l’ombre. Tandis que deux tueurs tentent d’étouffer la vérité, la vie d’Iban bascule dans une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom.
Un roman sous tension qui vibre des cris des familles de disparus et de la folie des hommes.

Un coup de cœur de Danielle.

Dossier 64, Jussi Adler-Olsen

Éditions Albin Michel
604 pages
22,90€

dossier 64À l’origine d’un véritable phénomène d’addiction chez les lecteurs, les enquêtes du Département V ont fait de Jussi Adler-Olsen, Grand Prix policier des lectrices de Elle et Prix polar des lecteurs du Livre de poche, une figure incontournable du thriller scandinave. La nouvelle enquête du trio formé par l’inspecteur Morck et ses assistants Assad et Rose fait monter la tension d’un cran en nous plongeant dans le sombre passé politique du Danemark.
Copenhague. Une brutale agression dans les quartiers chauds de Vesterbro incite Rose à rouvrir un cold case sur la disparition inexpliquée d’une prostituée. Cédant à ses pressions, le Département V exhume une macabre affaire datant des années 50, dont les ravages révèlent le visage d’une société danoise loin d’être exemplaire…

Le quatrième épisode ne nous déçoit pas ! Humour, action et un fond politique intéressant qui n’est pas sans rappeler une certaine actualité chez nous.
Un coup de cœur de Danielle.

Nos mères, Antoine Wauters

Éditions Verdier
160 pages
14,60€

nos mèresDans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre a emporté le père. Mère et fils voudraient se blottir l’un contre l’autre, s’aimer et se le dire, mais tandis que l’une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l’autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots. Soudain la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d’Europe où une autre mère l’attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l’être de lumière qu’elle pourra choyer et qui l’aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes.
Ce texte, cruel et tendre à la fois, est avant tout le formidable cri d’un enfant qui, à l’étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie. C’est ce dur apprentissage, fait d’intuition et de solitude, qui lui ouvrira plus tard des perspectives insoupçonnées.

Un coup de cœur de Hélène.

La méthode arbogast, Bertrand de La Peine

Éditions de Minuit
128 pages
13€

la methode arbogastRien de tout cela ne serait arrivé s’il n’y avait pas eu ce moineau. Ni cette chute du haut du bouleau. Valentin Noze n’aurait pas connu le docteur Arbogast, ni sa méthode d’hypnose par l’image, encore moins ses grenouilles. Il ne se serait pas retrouvé sur l’île de Madagascar, et n’aurait pas eu à fuir devant un cyclone ou à pourchasser un ancien mercenaire à travers la forêt de la Montagne d’Ambre… Et puis surtout, il n’aurait pas rencontré Sibylle. Bref, il n’aurait rien vu.

Un coup de cœur de Hélène.

Le chemin des morts, François Sureau

Éditions Gallimard
64 pages
7,50€

le chemin des mortsParis, début des années 1980. Un ancien militant basque refuse de rentrer en Espagne après vingt ans d’exil. Il réclame la protection de la France, car il se dit menacé de mort dans son pays. Pour la justice française, l’affaire est délicate. Accéder à cette demande, c’est nier le retour de l’Espagne à la démocratie et à l’État de droit. Refuser serait faire preuve d’aveuglement sur la réalité de ces assassinats visant régulièrement les ex-opposants du franquisme. C’est au narrateur de ce livre, un jeune juriste encore inexpérimenté, qu’il va revenir de trancher.
De la décision de justice qui sera prise et du drame qui en découlera, François Sureau a tiré le plus bref et le plus saisissant de ses textes.

Un coup de coeur de Hélène.

Les solidarités mystérieuses, Pascal Quignard

Éditions Gallimard
272 pages
18,80€

les solidarites mysterieuses«Ce n’était pas de l’amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n’était pas non plus une espèce de pardon automatique. C’était une solidarité mystérieuse. C’était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l’avait décidé ainsi.»

Un coup de cœur de Hélène.

Eux sur la photo, Hélène Gestern

Éditions Arléa
280 pages
12€

eux sur la photoUne petite annonce dans un journal : Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Son seul indice : deux noms sur une photographie retrouvée dans des papiers de famille. Une réponse arrive : Stéphane a reconnu son père. Commence alors une correspondance, parsemée de détails, d’abord ténus puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps jusqu’à ce que leurs histoires se répondent.
Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie.

Un coup de cœur de Hélène.

Un feu d’origine inconnue, Daniel Woodrell

Éditions Autrement
184 pages
15 €

un feu d origine inconnue« Devant le nombre de jeunes morts ou défigurés, dans une ville qui comptait à peine quatre mille habitants, une clameur d’indignation désespérée s’éleva, appelant à la justice. »
Missouri, 1929 : travailleurs, petits bourgeois, cul-terreux, prêtres et hors-la-loi se côtoient dans la petite ville ordinaire et misérable de West Table. Cet été-là, un terrible incendie ravage le Arbor Dance Hall. Trente années plus tard, Alma raconte le drame à son petit-fils Alek : les corps carbonisés propulsés dans les airs, sa soeur Ruby et ses amours coupables, les errements de l’enquête, la vérité enfin. Mais il n’y a pas de vérité dans une petite ville du Midwest – tout au plus des événements que chacun accepte de taire. Dans un tourbillon de portraits saisissants de vérité, servis par une langue à la pureté tranchante, c’est la ville tout entière qui se révèle.

Un coup de cœur de Hélène.

Home, Toni Morrison

Éditions 10/18
144 pages
6,10 €

homeFrank Money est Noir, brisé par la guerre de Corée, en proie à une rage folle. Il doit retrouver à Atlanta sa jeune soeur Cee, gravement malade, afin de la ramener dans la ville de leur enfance en Géorgie – «le pire endroit du monde». S’engage pour lui un périple dans l’Amérique ségrégationniste des années 1950 où dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut-être, l’apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d’un peuple et l’épiphanie d’un homme.

Un coup de cœur de Hélène.

Un coup de téléphone du ciel, Sandro Veronesi

Éditions Grasset
240 pages
18€

un coup de telephone du cielAcclamé comme un véritable chef-d’oeuvre, Prophétie, qui ouvre ce recueil, traite des difficultés d’un fils qui accompagne son père tout au long d’une maladie aussi éprouvante qu’incurable. Veronesi nous emporte dans son monde, où règne l’obsession du mal, de l’amour, de la mort. On saisit les personnages au tournant de leur vie, ou à l’époque de leur maturité tourmentée, hantés par des questions irrésolues dont les réponses engendrent parfois des conséquences dramatiques. Un briquet problématique atterrit dans le moteur d’une voiture, une vieille voix au téléphone veut parler à une inconnue, une simple promenade à Paris se termine par l’inquiétante traversée à pied des Champs-Élysées – il faut le lire pour le croire. Ce que vivent les protagonistes de ces nouvelles est banal et extraordinaire à la fois, si bien que l’on a envie d’accompagner ces gens ordinaires pour donner un sens à ce qu’ils font, alors que la vie se poursuit, toujours inexorable et impitoyable.
On retrouve l’écriture forte de Chaos calme qui oscille entre le rire et la cruauté.

Un coup de cœur de Hélène.

Le cycliste de Tchernobyl, Javier Sebastián

Éditions Métailié
208 pages
18 €

le cycliste de tchernobylUn vieil homme hagard, entouré de sacs remplis de vêtements, est abandonné dans un self-service sur les Champs-Elysées. « Ne les laissez pas me tuer », c’est tout ce qu’il sait dire.
Pripiat, ville fantôme, à trois kilomètres de la centrale de Tchernobyl : dans les rues désertes, entre la grande roue neuve et les auto tamponneuses abandonnées , pas âme qui vive. Sauf les samosiol, ceux qui sont revenus dans la zone interdite. Laurenti Bakhtiarov chante Demis Roussos devant la salle vide du ciné-théâtre Prometheus, deux américains givrés testent les effets de la radioactivité sur leur corps… Au cœur d’une apocalypse permanente, Vassia, le cycliste, croit encore à la possibilité d’une communauté humaine.
Ce roman magistral est librement inspiré de la vie de Vassili Nesterenko, physicien spécialiste du nucléaire, devenu l’homme à abattre pour le KGB pour avoir tenté de contrer la désinformation systématique autour de Tchernobyl.
Des paysages hallucinés aux aberrations du système soviétique, Sébastián signe un texte d’une force rare, à la fois glaçant et étrangement beau, hymne à la résistance dans un monde dévasté.

Un coup de cœur de Hélène.

Autour du monde, Laurent Mauvignier

Éditions de Minuit
384 pages
19,50€

mauvignier   Rencontrer une fille tatouée au Japon, sauver la vie d’un homme sur un paquebot en mer du Nord, nager avec les dauphins aux Bahamas, faire l&rsq